La société de biotechnologie Advicenne a obtenu l’inscription de son médicament Likozam sur la liste des produits remboursables par l’Assurance maladie à compter du 12 juin 2026, comme l’a annoncé BFM Bourse ce lundi 1er juin. Cette décision marque un tournant stratégique pour l’entreprise, dont les finances étaient jusqu’ici fragilisées par des mécanismes de remises exceptionnelles liées aux programmes d’accès précoce aux médicaments innovants. À la Bourse de Paris, l’action Advicenne a bondi de près de 50 % en quelques heures, après avoir évolué sous le seuil symbolique d’un euro depuis son placement en procédure de sauvegarde fin avril.
Ce qu'il faut retenir
- Likozam sera remboursé à partir du 12 juin 2026 au prix de 92,24 euros TTC pour un flacon de 150 ml dosé à 1 mg/ml, selon une publication au Journal Officiel.
- Le médicament est indiqué pour le traitement symptomatique à court terme de l’anxiété sévère ou de l’épilepsie partielle ou généralisée, en association avec un autre antiépileptique, chez les adultes et les enfants de plus de deux ans.
- Cette décision met fin au mécanisme des remises « accès précoce », qui obligeait Advicenne à reverser jusqu’à 80 % du chiffre d’affaires généré par Likozam.
- L’entreprise réduit ainsi sa dette de près de 6 millions d’euros et enregistre une reprise de provisions de 1,4 million d’euros liées à ce programme.
- L’action Advicenne progresse de 48 % à la mi-journée, après avoir chuté sous 1 euro lors de son entrée en procédure de sauvegarde début mai.
- Cette annonce intervient dans un contexte de restructuration de la dette de 30 millions d’euros, dont un tiers était dû à l’État français.
Un médicament aux indications précises et un prix publié au Journal Officiel
Likozam, développé par Advicenne, est destiné à une population spécifique : les patients souffrant d’épilepsie pharmaco-résistante, c’est-à-dire dont les symptômes ne sont pas contrôlés par deux monothérapies successives. Le traitement est également indiqué pour les cas d’anxiété sévère. Selon Allinvest Securities, cité par BFM Bourse, cette inscription sur la liste des médicaments remboursables facilitera grandement la dispensation en officine, notamment pour les épilepsies résistantes aux traitements classiques.
Le tarif fixé par les autorités sanitaires s’élève à 92,24 euros TTC pour un flacon de 150 ml dosé à 1 mg/ml. Ce prix, publié au Journal Officiel, servira de référence pour le remboursement par l’Assurance maladie à compter du 12 juin 2026. Pour la biotech, cette décision représente bien plus qu’une simple reconnaissance administrative : elle ouvre la voie à une meilleure lisibilité financière de ses revenus, comme l’explique TP ICAP Midcap.
La fin des remises « accès précoce » et un allègement significatif de la dette
Jusqu’à présent, Advicenne devait reverser jusqu’à 80 % de son chiffre d’affaires généré par Likozam dans le cadre du dispositif d’accès précoce aux médicaments innovants, mis en place en France en juillet 2021. Ce mécanisme, conçu pour accélérer l’accès des patients à des traitements prometteurs, a généré une dette importante pour l’entreprise, estimée à près de 6 millions d’euros auprès de l’État. « Le passage au remboursement de droit commun devrait simplifier la lecture du chiffre d’affaires et améliorer la qualité des revenus générés par Likozam en France », souligne Allinvest Securities.
Cette bascule vers le régime général permettra à Advicenne de réduire mécaniquement son passif. Selon le directeur général de l’entreprise, Didier Laurens, cité dans un communiqué, cette réduction de la dette est « un élément précieux dans la procédure de sauvegarde en cours ». En effet, l’entreprise pourra également enregistrer une reprise de provisions d’environ 1,4 million d’euros, liées au programme d’accès précoce. « Nous réduisons mécaniquement notre dette de manière très significative », a-t-il déclaré, confirmant l’impact positif de cette décision sur la santé financière de la société.
Un rebond en Bourse spectaculaire après des mois de difficultés
L’annonce a provoqué une réaction immédiate sur les marchés. Vers 12h15 ce lundi 1er juin, l’action Advicenne affichait une progression de 48 %, frôlant les 12 €, contre moins d’1 € quelques semaines plus tôt. Cette volatilité reflète l’optimisme des investisseurs quant à la viabilité future de l’entreprise. « Cette annonce améliore la lisibilité commerciale du produit », commente Allinvest Securities, soulignant que le titre évoluait sous la barre symbolique d’un euro depuis son entrée en procédure de sauvegarde le 28 avril 2026.
Pour autant, cette embellie ne masque pas les défis structurels auxquels Advicenne reste confrontée. En effet, si la réduction de la dette liée à l’État constitue un soulagement, l’entreprise doit encore régler une partie de son passif auprès de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et trouver des sources de financement supplémentaires. « Elle ne règle pas à elle seule l’ensemble des enjeux bilanciels de la société, mais elle constitue un signal positif important dans la construction du plan de sauvegarde », tempère Allinvest Securities.
Une procédure de sauvegarde ouverte en mai pour éviter la liquidation
Le 7 mai 2026, Advicenne a annoncé l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, un dispositif français introduit en 2006 pour aider les entreprises en difficulté à éviter la liquidation judiciaire. Ce mécanisme permet à une société de négocier avec ses créanciers un plan de restructuration de sa dette, tout en continuant ses activités. Pour Advicenne, cette procédure vise à finaliser un plan de financement auprès de ses actionnaires actuels et futurs, afin d’étendre son horizon de trésorerie jusqu’au premier trimestre 2027.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où un tiers de la dette de 30 millions d’euros de l’entreprise était directement lié à la réforme de l’accès précoce aux médicaments. « Dans le contexte de la procédure de sauvegarde ouverte récemment, cette réduction mécanique du passif constitue un élément extrêmement favorable pour crédibiliser le plan de restructuration en cours », analyse Allinvest Securities. La société mise désormais sur cette amélioration de sa situation financière pour conclure des partenariats structurants, notamment aux États-Unis.
Cette annonce marque donc un tournant, mais elle ne suffit pas à elle seule à résoudre tous les défis financiers d’Advicenne. La société devra poursuivre ses efforts pour sécuriser ses ressources et mener à bien ses projets de développement.
Likozam sera remboursé à partir du 12 juin 2026 au prix de 92,24 euros TTC pour un flacon de 150 ml dosé à 1 mg/ml, selon une publication au Journal Officiel.
Le médicament Likozam est indiqué pour le traitement symptomatique à court terme de l’anxiété sévère ou de l’épilepsie partielle ou généralisée, en association avec un autre traitement antiépileptique, chez les adultes et les enfants de plus de deux ans.