Ce mardi 9 juin 2026, quelque 140 000 accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH) se mobilisent dans toute la France pour réclamer une revalorisation de leur métier, un statut de fonctionnaire et une augmentation de leurs salaires. Selon Franceinfo - Santé, cette journée de mobilisation, soutenue par plusieurs syndicats, met en lumière l'épuisement physique et moral d'un corps professionnel majoritairement féminin, souvent payé moins de 1 000 euros nets par mois.

Ce qu'il faut retenir

  • 140 000 AESH accompagnent les élèves handicapés en France, un nombre jugé insuffisant par les professionnels.
  • Leur salaire moyen est inférieur à 1 000 euros nets mensuels, avec une précarité marquée.
  • Elles réclament un statut de fonctionnaire et une augmentation significative de leurs rémunérations.
  • 78 % des AESH** envisageraient de démissionner, selon les témoignages recueillis par Franceinfo - Santé.
  • À Marseille, une centaine d'AESH ont manifesté devant la direction départementale de l'Éducation nationale pour dénoncer leurs conditions de travail.

Un métier exigeant et sous-payé

Les AESH, dont la grande majorité sont des femmes, assurent un accompagnement quotidien aux élèves en situation de handicap au sein des établissements scolaires. Pourtant, leurs conditions de travail et leurs rémunérations restent très en deçà de leurs attentes. « Je gagne 965 euros par mois, témoigne Cécile, AESH depuis neuf ans. Avec ça, on ne peut pas vivre décemment. » Selon elle, le manque de reconnaissance et la précarité du statut actuel rendent la profession peu attractive.

Les témoignages recueillis par Franceinfo - Santé révèlent un épuisement généralisé. Sonia, AESH depuis sept ans, confie : « Ça devient de plus en plus dur. On a des enfants de plus en plus difficiles à gérer. Courir derrière un enfant toute la journée pour 1 000 euros à la fin du mois, ça ne fait pas envie. Je ne vais pas tarder à arrêter. »

Des conditions de travail difficiles et une démission massive

Shainess, AESH depuis plusieurs années, confirme l'ampleur de la crise. « Il y a 78 % des AESH qui démissionnent parce qu'elles en ont marre, explique-t-elle. Même en arrêt maladie, elles ne sont pas payées correctement. On est épuisées physiquement et mentalement. » Les professionnels dénoncent également les agressions physiques de la part des élèves en crise, avec des coups et des morsures fréquents.

Ce contexte pousse de nombreux AESH à quitter leur poste. Selon les chiffres évoqués lors de la mobilisation, plus d'un enfant handicapé sur dix n'avait pas d'accompagnement à la rentrée 2025, faute de personnel disponible. Une situation qui aggrave encore la pression sur ceux qui restent.

Une mobilisation pour une reconnaissance professionnelle

À Marseille, une centaine d'AESH se sont rassemblées devant la direction départementale de l'Éducation nationale pour faire entendre leur voix. « Une reconnaissance, sortir de la galère », scandaient-elles, brandissant des pancartes exigeant un statut de fonctionnaire et de meilleures conditions salariales. Leur slogan résume les revendications principales : une reconnaissance statutaire et une amélioration immédiate des salaires.

Cette mobilisation intervient alors qu'une proposition de loi visant à accorder le statut de fonctionnaire aux AESH est en discussion. « Cela rendrait la profession beaucoup plus attractive », a souligné la rapporteure du texte, sans pour autant préciser de calendrier pour son adoption.

« On nous demande de faire un métier de plus en plus complexe, avec des enfants en situation de handicap de plus en plus lourds, mais sans nous donner les moyens de le faire. Comment peut-on continuer comme ça ? » — Cécile, AESH depuis neuf ans

Et maintenant ?

La journée de mobilisation du 9 juin 2026 marque une nouvelle étape dans la lutte des AESH pour l'amélioration de leurs conditions de travail. Si la proposition de loi sur leur statut de fonctionnaire devait être adoptée, elle pourrait transformer en profondeur le paysage de l'accompagnement scolaire des élèves handicapés. Reste à voir si les pouvoirs publics répondront à leurs revendications dans les mois à venir.

Les prochaines étapes dépendront des négociations en cours entre les syndicats, le ministère de l'Éducation nationale et les associations représentatives. Une chose est sûre : sans amélioration significative, le risque de pénurie d'AESH ne fera que s'aggraver.