L’ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, s’est exprimé ce lundi 6 juillet 2026 sur l’annulation controversée de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, mettant en cause une intervention politique. Selon Le Figaro, l’instance dirigeante du football mondial a levé la sanction infligée au joueur, initialement exclu lors du 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine pour un coup de coude sur un adversaire. Cette décision, justifiée par un appel téléphonique entre Donald Trump et Gianni Infantino, a suscité une vague d’indignation parmi les observateurs et les fédérations concernées.
Blatter, qui avait lui-même quitté la présidence de la Fifa en 2015 après une série de scandales, a réagi avec virulence sur la plateforme X. « Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils le sont par des règles, des preuves et des organismes indépendants », a-t-il déclaré. Il a poursuivi en s’interrogeant : « Si un président des États-Unis intervient auprès du président de la Fifa — et qu’un joueur est soudainement blanchi avant un match à élimination directe de la Coupe du monde —, la question est inévitable : Quo vadis (Où vas-tu), Fifa ? »
Ce qu'il faut retenir
- Annulation d’une sanction : Folarin Balogun, initialement suspendu pour un coup de coude en 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine, a vu sa suspension levée par la Fifa dimanche 5 juillet 2026.
- Cause de l’annulation : La décision fait suite à un appel téléphonique entre Donald Trump et Gianni Infantino, selon les informations rapportées par plusieurs médias.
- Réaction de Blatter : L’ancien président suisse a dénoncé une ingérence politique, estimant que « le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique ».
- Tollé général : La fédération belge et le sélectionneur français Rudi Garcia ont exprimé leur stupéfaction, évoquant même une confusion avec le 1er avril.
- Prochain match de Balogun : L’attaquant américain pourra ainsi être aligné face à la Belgique en quart de finale mardi 7 juillet à 2 heures du matin.
Une décision controversée et ses répercussions immédiates
La levée de la suspension de Balogun, initialement prononcée pour un geste violent lors du match contre la Bosnie-Herzégovine (défaite 1-0), a été officialisée par un communiqué laconique de la Fifa publié dimanche. Cette volte-face a immédiatement provoqué des réactions en chaîne. La fédération belge, dont l’équipe affronte les États-Unis en quart de finale, a fait part de sa « stupéfaction » et annoncé qu’elle examinait « toutes les options potentielles » pour contester la décision.
Du côté des observateurs, le ton était également cinglant. Rudi Garcia, sélectionneur de l’équipe de France — qui affronte l’Angleterre en quart de finale — n’a pas caché son ironie lors d’une conférence de presse. « Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la Fifa », a-t-il lancé, soulignant l’absurdité de la situation. Cette affaire intervient dans un contexte où la crédibilité de l’instance mondiale du football est déjà régulièrement remise en cause, notamment sur sa gestion des conflits d’intérêts et des pressions externes.
Sepp Blatter, toujours aussi critique envers la gouvernance actuelle de la Fifa
Sepp Blatter, qui a dirigé la Fifa de 1998 à 2015, n’a jamais caché son hostilité envers son successeur, Gianni Infantino. Dans une interview accordée en février 2026 au quotidien allemand Bild, il avait qualifié la Fifa de « dictature » résumée à la seule figure de son président. « Trump va orchestrer un coup de publicité à l’occasion du Mondial-2026, et pour cela, il a besoin de son nouvel ami, le président de la Fifa, Gianni Infantino. Bien que le terme ‘complice’ soit plus approprié qu’‘ami’ », avait-il fustigé, anticipant déjà les tensions autour de l’influence politique dans le tournoi.
Sur X, Blatter a conclu son intervention en taguant directement Infantino et Trump avec les hashtags #GianniInfantino et #DonaldTrump, afin de pointer du doigt leur responsabilité dans cette affaire. Son message, bien que tranché, reflète une critique récurrente envers une gouvernance qu’il juge opaques et soumise aux pressions extérieures. Une position qui contraste avec celle des partisans d’Infantino, qui défendent une modernisation de l’instance et une ouverture vers les grands dirigeants mondiaux.
Un scandale qui dépasse le cadre sportif
L’affaire Balogun dépasse largement le cadre d’un simple litige sportif. Elle interroge la neutralité de la Fifa dans la gestion des compétitions, alors que la Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, est marquée par une forte médiatisation politique. Donald Trump, présent à plusieurs rencontres de l’équipe américaine, a déjà multiplié les interventions publiques en faveur de la sélection nationale, alimentant les suspicions d’ingérence. « Ce type d’intervention directe dans les décisions sportives pose un problème de principe », analyse un ancien cadre de l’UEFA sous couvert d’anonymat.
La Fifa, de son côté, n’a pas détaillé les motifs précis de l’annulation de la suspension de Balogun, se contentant d’évoquer des « éléments nouveaux » sans préciser leur nature. Une opacité qui a nourri les critiques, d’autant que la décision a été prise à quelques heures seulement du quart de finale opposant les États-Unis à la Belgique. Pour les observateurs, cette gestion précipée risque d’alimenter les soupçons de partialité, alors que le tournoi est censé incarner l’universalité du football.
Alors que la Coupe du monde 2026 entre dans sa phase décisive, cette polémique rappelle les défis persistants auxquels la Fifa doit faire face pour préserver son indépendance et sa crédibilité. Entre pressions politiques et exigences sportives, l’instance mondiale semble plus que jamais tiraillée entre deux visions du football.
La fédération belge a indiqué qu’elle examinait « toutes les options potentielles », ce qui pourrait inclure une plainte auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) ou une protestation officielle auprès de la Fifa. Aucune décision formelle n’a encore été annoncée, mais une réaction est attendue dans les 24 à 48 heures.
Le communiqué de la Fifa s’est limité à évoquer des « éléments nouveaux » sans les détailler, une opacité qui a suscité des critiques. L’instance n’a pas encore expliqué si ces éléments provenaient de l’arbitrage vidéo, d’une révision des images du match ou d’une nouvelle évaluation médicale. Une clarification pourrait intervenir si la commission d’éthique est saisie.