L'ancien patron de l'OL et figure de l'opposition à la mairie de Lyon, Jean-Michel Aulas, a annoncé ce 12 juin 2026 son retrait du conseil municipal de la troisième ville de France, après le dépôt d'une plainte pour viol contre l'un de ses ex-cadres de campagne. Selon BFM - Politique, cette décision intervient deux jours après la révélation publique d'une plainte déposée en mai par une militante pour des faits présumés de viol par soumission chimique, commis en janvier 2026 dans une chambre d'hôtel lyonnaise.
Le groupe Cœur Lyonnais, dont Aulas est le président et qui rassemble des élus de droite, du centre ainsi que des membres de la société civile, a précisé dans un communiqué que son président et Laure Cédat, vice-présidente, avaient proposé cette mise en retrait « pour préserver l'unité du collectif ». Une réunion d'urgence a été organisée ce vendredi pour acter cette décision, alors que deux conseillers municipaux ont déjà quitté le groupe en signe de protestation.
Ce qu'il faut retenir
- Une plainte déposée en mai 2026 par une militante engagée dans la campagne d'Aulas pour des faits présumés de viol par soumission chimique, commis en janvier 2026 à Lyon.
- Jean-Michel Aulas se retire du conseil municipal de Lyon, mais maintient sa position de premier vice-président de la Métropole de Lyon.
- Deux conseillers municipaux ont quitté le groupe Cœur Lyonnais en réaction à cette affaire, qualifiant la situation de « très dure ».
- L'avocate du directeur de communication mis en cause affirme qu'il « conteste fermement et avec sérénité toute accusation ».
Une plainte qui éclate au grand jour et secoue la campagne d'Aulas
Les faits remontent à janvier 2026, selon la plainte déposée en mai par une jeune militante impliquée dans la campagne municipale de Jean-Michel Aulas. Celle-ci accuse le directeur de communication de sa campagne d'avoir commis un viol par soumission chimique dans une chambre d'hôtel lyonnaise. Selon BFM - Politique, la plaignante affirme avoir informé Aulas et certains de ses proches dès le mois de février 2026, après avoir porté plainte.
Face à ces accusations, Jean-Michel Aulas a indiqué avoir « tenu son conseiller à l'écart du QG de campagne » à partir du moment où il a eu connaissance des faits, sans pour autant procéder à son licenciement. Cette affaire, révélée mercredi 10 juin 2026 par la presse, a provoqué une onde de choc au sein de son camp politique, alors que le groupe Cœur Lyonnais tentait de maintenir une unité fragile après la défaite électorale face à Grégory Doucet au second tour des municipales de mars 2026.
Une crise interne qui divise le groupe Cœur Lyonnais
La révélation de cette plainte a précipité une crise au sein du groupe Cœur Lyonnais, qui compte parmi ses rangs des élus LR, centristes et membres de la société civile. Lors de la réunion d'urgence organisée vendredi 12 juin, une majorité des conseillers a approuvé la proposition d'Aulas de se retirer de la gouvernance du groupe. Cependant, deux conseillers municipaux, dont Pierre Olivier, maire LR du 2e arrondissement de Lyon, ont choisi de quitter le collectif. « On ne peut plus siéger avec eux », a-t-il expliqué à l'AFP, évoquant une réunion « très dure ».
Cette division illustre les tensions persistantes au sein de l'opposition lyonnaise, moins d'un an après la défaite d'Aulas face au maire écologiste Grégory Doucet. Alors que certains élus appellent à une ligne dure, d'autres prônent la cohésion du groupe pour peser face à la majorité municipale. Selon BFM - Politique, cette crise intervient également dans un contexte où la présidente LR de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, avait appelé Aulas à se retirer de ses fonctions au sein de l'institution, sans succès.
Jean-Michel Aulas maintient sa position à la Métropole de Lyon
Malgré les pressions exercées pour qu'il quitte ses fonctions, Jean-Michel Aulas a refusé de se retirer de son poste de premier vice-président de la Métropole de Lyon, qu'il occupe depuis mars 2026. Selon BFM - Politique, cette décision s'inscrit dans une stratégie visant à conserver une influence politique au-delà du périmètre strict de la ville de Lyon, où son groupe a été largement battu aux dernières élections.
Cette position pourrait s'expliquer par le fait qu'Aulas reste un acteur clé de la droite lyonnaise, même après sa défaite face à Grégory Doucet. Son maintien à la Métropole de Lyon lui permet de conserver un rôle dans les débats métropolitains, notamment sur des sujets économiques et d'aménagement, domaines où il a marqué son mandat précédent en tant que président de l'OL. Toutefois, cette affaire pourrait fragiliser sa position à moyen terme, alors que des voix au sein de son propre camp appellent à un renouvellement générationnel.
Cette affaire rappelle également les tensions persistantes au sein de la droite lyonnaise, où les divisions entre anciens et nouveaux cadres pourraient peser sur les prochaines échéances électorales, notamment les législatives de 2027. Pour l'heure, Jean-Michel Aulas conserve ses fonctions métropolitaines, mais son avenir politique à Lyon reste incertain, dans un contexte où les questions de parité et d'éthique prennent une place croissante dans le débat public.
Jean-Michel Aulas occupe le poste de premier vice-président de la Métropole de Lyon depuis mars 2026. Ce poste lui confère une responsabilité majeure dans la gestion des compétences métropolitaines, notamment en matière d'aménagement du territoire, de transports, d'économie et de politique de la ville. Il partage ce rôle avec la présidente de la Métropole, Véronique Sarselli (LR).