Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce 15 mai 2026, mettant un terme à une procédure judiciaire qui durait depuis plus de deux ans. Selon Franceinfo - Culture, France Télévisions et la société de production Hikari ont été relaxées dans l’affaire du reportage « La Chute de l’ogre » consacré à Gérard Depardieu, diffusé dans l’émission « Complément d’enquête » le 7 décembre 2023 sur France 2. Le réalisateur Yann Moix, qui figurait dans ce sujet, les accusait d’abus de confiance et de travail dissimulé. Une décision qui marque la fin d’un feuilleton judiciaire marqué par des tensions entre les parties.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement le 15 mai 2026, relaxant France Télévisions et la société Hikari.
  • Yann Moix, réalisateur et figure du reportage, a été débouté de ses accusations d’abus de confiance et de travail dissimulé.
  • Gérard Depardieu s’était désisté de toutes ses actions contre l’émission mi-avril 2026, avant même le verdict.
  • Le reportage « La Chute de l’ogre » avait suscité une vive polémique en raison de propos tenus par l’acteur lors d’un voyage en Corée du Nord en 2018.
  • Le tribunal a estimé que Yann Moix avait fait preuve de mauvaise foi, n’étant ni propriétaire des images utilisées ni lié par un contrat de travail avec Hikari.

Un reportage controversé et ses conséquences judiciaires

Le reportage « La Chute de l’ogre », diffusé dans le cadre de l’émission « Complément d’enquête », a marqué les esprits dès sa première diffusion. On y voyait Gérard Depardieu, lors d’un voyage en Corée du Nord en 2018, tenir des propos graveleux en présence d’une fillette passant à cheval devant lui. Ces images, accompagnées de commentaires dégradants envers les femmes, avaient suscité une vague d’indignation dans l’opinion publique. Yann Moix, qui participait à ce voyage dans le cadre de la réalisation d’un documentaire sur l’acteur, avait alors dénoncé un montage malhonnête, affirmant que les propos tenus ne visaient pas spécifiquement l’enfant filmée.

Quelques années plus tard, le réalisateur a choisi de saisir la justice. Il accusait la société de production Hikari d’avoir utilisé des images lui appartenant et destinées à son propre documentaire. Une procédure qui a rapidement pris une tournure personnelle, opposant Yann Moix à Gérard Depardieu lui-même, également partie civile dans un premier temps. Pourtant, l’acteur s’est finalement désisté de toutes ses actions contre France Télévisions et l’émission mi-avril 2026, quelques semaines avant le verdict.

Un jugement sévère pour Yann Moix

Dans son jugement rendu public ce jour, le tribunal correctionnel de Paris a estimé que Yann Moix avait « fait preuve de mauvaise foi ». Les magistrats ont souligné deux éléments clés : d’une part, le réalisateur n’était pas propriétaire des images tournées par Hikari, et d’autre part, il n’existait aucune relation de travail entre lui et la société de production. Une position claire qui a conduit à son déboutement complet, les accusations d’abus de confiance et de travail dissimulé étant jugées infondées.

Cette décision intervient après plus de deux ans de procédures judiciaires et de tensions médiatiques. Sur le réseau social X, Tristan Waleckx, présentateur et directeur de « Complément d’enquête », s’est réjoui de cette issue. « C’est la fin de deux ans et demi de mensonges, qui sont enfin reconnus par la justice. Même si nous n’avions jamais eu de doutes concernant l’épilogue, c’est un vrai soulagement », a-t-il déclaré à Franceinfo. Il a également évoqué « la fin de deux ans et demi de harcèlement judiciaire et médiatique » à l’encontre de l’émission et de ses responsables.

« C’est la fin de deux ans et demi de mensonges, qui sont enfin reconnus par la justice. Même si nous n’avions jamais eu de doutes concernant l’épilogue, c’est un vrai soulagement. »
Tristan Waleckx, présentateur et directeur de « Complément d’enquête »

Les réactions et les enjeux de cette affaire

Si Gérard Depardieu a choisi de ne pas donner suite à ses actions en justice, l’affaire reste emblématique des tensions autour du traitement médiatique des personnalités publiques. Le reportage « La Chute de l’ogre » avait soulevé des questions éthiques sur la diffusion d’images potentiellement choquantes, notamment en présence d’enfants. Yann Moix, de son côté, a toujours défendu l’idée que ces images lui appartenaient et que leur utilisation dans « Complément d’enquête » constituait une violation de ses droits. Une position que la justice n’a pas retenue, préférant s’appuyer sur des éléments factuels : l’absence de contrat entre lui et Hikari, et la propriété des images par la société de production.

Pour France Télévisions et Hikari, cette relaxe marque la fin d’une période de turbulence judiciaire. L’émission « Complément d’enquête », connue pour ses enquêtes approfondies et parfois polémiques, voit ainsi sa légitimité renforcée par cette décision. Le traitement de l’affaire Depardieu avait en effet été largement commenté, certains estimant que l’émission avait dépassé les limites du supportable en diffusant des propos aussi violents.

Et maintenant ?

Cette décision judiciaire met fin à un contentieux de plus de deux ans, mais elle pourrait avoir des répercussions sur la façon dont les réalisateurs et les chaînes de télévision collaborent à l’avenir. Si Yann Moix a été débouté, cette affaire rappelle l’importance des contrats clairs entre parties prenantes lors de tournages communs. Pour France Télévisions et Hikari, l’enjeu reste de maintenir la crédibilité de leurs productions, tout en respectant les règles déontologiques du journalisme.

Reste à voir si cette décision influencera les futures collaborations entre réalisateurs indépendants et sociétés de production. En attendant, « Complément d’enquête » devrait poursuivre son travail d’investigation, avec la certitude que ses méthodes ont été validées par la justice.

Cette affaire soulève également des questions plus larges sur le rôle des médias dans la diffusion d’images sensibles. Comment concilier le droit à l’information et le respect de la vie privée, notamment lorsque des mineurs sont impliqués ? Le verdict du 15 mai 2026 pourrait servir de référence pour de futurs litiges similaires.

Yann Moix accusait la société de production Hikari d’avoir utilisé des images lui appartenant et destinées à son propre documentaire, sans son accord. Il dénonçait également un montage malhonnête dans le reportage « La Chute de l’ogre », diffusé dans « Complément d’enquête » en décembre 2023.

Le réalisateur reprochait à France Télévisions et à Hikari un abus de confiance ainsi qu’un travail dissimulé. Il estimait que les images utilisées lui appartenaient et que leur utilisation dans le reportage constituait une violation de ses droits.