Alors que l’affaire Lyhanna continue d’alimenter le débat public sur la lutte contre la pédocriminalité en France, le criminologue Alain Bauer, auteur de La Vérité sur le système Epstein, estime que la justice française doit se doter d’une réforme structurelle majeure. Selon Le Figaro, il propose la création d’un procureur général de la nation, nommé par le Parlement et responsable devant lui, à l’image des autres démocraties occidentales. Une mesure qu’il juge indispensable pour enrayer l’inefficacité actuelle de l’appareil judiciaire et régalien dans la protection de l’enfance.

Ce qu'il faut retenir

  • Alain Bauer, criminologue, propose la nomination d’un procureur général de la nation, responsable devant le Parlement, pour réformer la justice française.
  • Il critique l’effervescence législative actuelle, qu’il qualifie de « concours Lépine du n’importe quoi », comme une réponse inefficace à l’affaire Lyhanna.
  • Bauer souligne le bilan désastreux des services régalien (éducation, police, gendarmerie, justice) dans la protection des mineurs contre les agressions sexuelles.
  • Le 20 juin 2026, la victime Lyhanna a été retrouvée en arrêt cardio-respiratoire par des témoins près du stade Raoul-Dautry à Ermont (Val-d’Oise).
  • Une enquête administrative a été ouverte après une plainte déposée devant le Conseil supérieur de la magistrature pour des propos jugés inappropriés envers une mère plaignante.

Un diagnostic sévère sur l’état de la justice française

Pour Alain Bauer, la France accumule les dysfonctionnements dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles sur mineurs. Dans les colonnes du Figaro, il dénonce un système « à bout de souffle », où les services éducatifs, policiers, gendarmes et magistrats peinent à coordonner leurs actions. « On a besoin d’un vrai patron pour la justice », assène-t-il, en référence à l’absence de leadership clair au sommet de l’institution judiciaire. Selon lui, la nomination d’un procureur général de la nation, indépendant et nommé par le Parlement, permettrait de briser cette inertie et de redonner une direction stratégique à la lutte contre la pédocriminalité.

Le criminologue insiste sur l’urgence d’une réforme structurelle plutôt que sur des mesures symboliques. « Créer de nouveaux fichiers sans réformer les circuits de prise en charge des plaintes, c’est comme soigner un symptôme sans s’attaquer à la maladie », explique-t-il. Bauer appelle les responsables politiques, y compris les candidats à la présidentielle, à se confronter à la réalité du terrain : « Qu’ils aillent voir comment ça se passe, en se mettant dans la peau d’un parent de victime. Ils comprendront alors l’absurdité des dysfonctionnements actuels. »

L’affaire Lyhanna, révélateur des failles du système

L’affaire Lyhanna, qui a provoqué un électrochoc dans l’opinion publique, met en lumière les lacunes criantes des institutions. Le 20 juin 2026, la jeune fille a été retrouvée en arrêt cardio-respiratoire par des témoins près du stade Raoul-Dautry à Ermont (Val-d’Oise), un drame qui a relancé les interrogations sur la prise en charge des victimes. Depuis des mois, cette affaire illustre les défaillances des services sociaux, policiers et judiciaires dans la détection et le traitement des signalements de violences sexuelles sur mineurs.

Parallèlement, une enquête administrative a été ouverte après le dépôt d’une plainte devant le Conseil supérieur de la magistrature. Cette plainte fait suite à des propos jugés inappropriés d’un magistrat envers une mère plaignante dans une affaire d’agression sexuelle sur mineur. Cet épisode, révélé par Le Figaro, ajoute une dimension supplémentaire à la crise de confiance qui touche l’institution judiciaire. Bauer y voit une preuve supplémentaire de l’urgence à réformer en profondeur le système, plutôt qu’à multiplier les annonces politiques sans lendemain.

Une réponse législative jugée insuffisante par les experts

Face à l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna, les pouvoirs publics ont tenté de réagir en proposant des mesures législatives. Cependant, selon Alain Bauer, ces initiatives risquent de rester lettre morte. Il qualifie le débat public actuel de « concours Lépine du n’importe quoi », où chaque acteur politique propose sa solution sans vision globale. « On empile les textes, les commissions et les rapports, mais rien ne change sur le terrain », déplore-t-il. Pour lui, la création d’un procureur général de la nation répondrait à ce besoin de cohérence et d’autorité centrale.

Le criminologue rappelle que la France, contrairement à de nombreux pays occidentaux, ne dispose pas d’une figure unique capable de coordonner la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs. En Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni, des procureurs généraux ou des magistrats spécialisés assument cette mission. Bauer estime qu’il est temps pour la France de s’inspirer de ces modèles pour renforcer l’efficacité de son système judiciaire.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les propositions d’Alain Bauer, ou d’autres initiatives similaires, seront prises en compte par les pouvoirs publics. Une réforme de la justice en matière de protection de l’enfance pourrait être intégrée dans le projet de loi sur la justice, attendu pour la fin de l’année 2026. Les associations de victimes et les syndicats de magistrats, qui réclament depuis des années une refonte du système, pourraient faire pression pour que ces discussions aboutissent à des actes concrets. Reste à voir si l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna suffira à briser l’inertie institutionnelle.

Cette affaire laisse également planer des questions sur l’avenir de la coordination entre les différents services régalien. Les services éducatifs, la police, la gendarmerie et la justice devront-ils enfin travailler de concert, ou les cloisonnements actuels persisteront-ils malgré les annonces ? Pour Alain Bauer, la réponse dépendra de la capacité des responsables politiques à imposer une vision claire et à en assumer les conséquences.

Selon Alain Bauer, ce procureur général aurait pour mission de coordonner l’action des différents services régalien (éducation, police, gendarmerie, justice) dans la lutte contre la pédocriminalité. Il serait responsable devant le Parlement et aurait autorité pour imposer des réformes structurelles, comme la création de circuits unifiés de traitement des plaintes ou la formation obligatoire des professionnels impliqués.

Le criminologue estime que les propositions législatives actuelles se contentent de répondre à l’émotion du moment sans s’attaquer aux causes profondes des dysfonctionnements. Il dénonce un « concours Lépine du n’importe quoi », où chaque acteur politique propose sa solution sans vision globale, sans évaluer l’efficacité réelle des mesures sur le terrain.