Cinq personnes ont été tuées samedi 20 juin 2026 dans de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du Liban, en violation apparente de l’accord de cessez-le-feu annoncé la veille entre Israël et le Hezbollah. Selon BMF - International, ces raids ont visé plusieurs localités, dont Nabatiyé, où des tirs d’artillerie et de drones ont également été signalés. Parallèlement, l’armée israélienne a confirmé la mort d’un journaliste à Gaza, présenté comme un « terroriste du Hamas », une déclaration immédiatement contestée par la chaîne Al Jazeera.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq civils tués dans le sud du Liban malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.
- Un journaliste d’Al Jazeera, Ahmed Wishah, tué dans une frappe israélienne à Gaza, selon la chaîne.
- L’armée israélienne affirme qu’il s’agissait d’un « terroriste du Hamas » et revendique sa mort.
- Le Hezbollah et Israël s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, fragilisé depuis son entrée en vigueur.
- L’Iran menace de fermer le détroit d’Ormuz en représailles aux frappes israéliennes au Liban.
- Des discussions techniques américano-iraniennes doivent s’ouvrir dimanche 21 juin en Suisse.
Violations du cessez-le-feu au Liban malgré l’accord de la veille
Le sud du Liban a été de nouveau la cible de frappes israéliennes dans la nuit du 19 au 20 juin, malgré l’annonce, la veille, d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Cinq personnes ont trouvé la mort dans ces raids, selon l’agence officielle libanaise ANI. Les localités d’Arab Salim et Deir Zahrani ont été particulièrement touchées, tandis qu’un civil a péri après qu’un drone israélien a ciblé une moto à Dweir. À Nabatiyé, des tirs d’artillerie ont également été signalés, confirmant une reprise des hostilités malgré l’accord.
L’armée israélienne a justifié ces frappes en accusant le Hezbollah d’avoir tiré « plus de 50 projectiles » contre ses forces dans la nuit. Dans un communiqué, Tsahal a indiqué que ses frappes visaient des « cibles terroristes » du mouvement pro-iranien. Pourtant, le Hezbollah a dénoncé une violation flagrante du cessez-le-feu, affirmant que ses représailles étaient légitimes face aux attaques israéliennes.
Un journaliste d’Al Jazeera tué à Gaza : Israël revendique, la chaîne dément
Dans un communiqué diffusé samedi soir, l’armée israélienne a annoncé avoir tué un journaliste lors d’un bombardement ciblant une maison au centre de la bande de Gaza. Selon Tsahal, la victime, identifiée comme Ahmed Wishah, était un « terroriste du Hamas ». Une affirmation immédiatement rejetée par Al Jazeera, qui a confirmé la mort de son caméraman dans une frappe israélienne.
« Le caméraman de la chaîne Al Jazeera Live, notre collègue Ahmed Wishah, ainsi que deux autres personnes, ont trouvé la mort dans un bombardement israélien visant une maison au centre de la bande de Gaza », a déclaré la chaîne dans un communiqué. Le sort de Wishah illustre la dangerosité croissante pour les journalistes couvrant le conflit, alors que les frappes israéliennes s’intensifient dans la région.
Le bilan s’alourdit au Liban, où plus de 4 000 morts depuis mars
Le ministère libanais de la Santé a publié un nouveau bilan des frappes israéliennes au Liban : 4 057 morts depuis le début du conflit le 2 mars, dont 135 secouristes et personnels médicaux. Ce chiffre inclut 83 victimes enregistrées la veille, lors de raids massifs dans le sud et l’est du pays, qui ont également fait 141 blessés. Ces chiffres confirment l’escalade de la violence malgré les tentatives de médiation.
L’armée libanaise a dénoncé « la poursuite des attaques brutales israéliennes », estimant qu’elles visaient à « entraver toute solution permettant de rétablir la stabilité au Liban ». Un soldat libanais a par ailleurs été tué dans un raid sur un rond-point de Kfar Rumman, dans la région de Nabatiyé, selon l’agence NNA.
L’Iran ferme le détroit d’Ormuz et menace de nouvelles représailles
En réponse aux frappes israéliennes au Liban, l’Iran a annoncé samedi la fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport de pétrole. « Le détroit d’Ormuz sera fermé au trafic maritime », a déclaré l’état-major central Khatam-al Anbiya dans un communiqué, qualifiant cette mesure de « première réponse » aux violations israéliennes. Téhéran a prévenu que d’autres mesures pourraient être prises si les attaques se poursuivaient.
Cette décision intervient alors que les États-Unis ont réaffirmé leur vigilance concernant l’application de l’accord de cessez-le-feu avec l’Iran. Selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), 55 navires marchands ont cependant traversé le détroit sans encombre depuis cette annonce. Les discussions techniques entre Washington et Téhéran, prévues dimanche en Suisse, devraient aborder cette crise et ses conséquences régionales.
Les États-Unis et l’Iran se rencontrent en Suisse pour tenter de sauver l’accord
Malgré les tensions persistantes, des discussions préparatoires entre diplomates américains, iraniens et médiateurs (Pakistan, Qatar) ont débuté samedi à Bürgenstock, en Suisse. Ces pourparlers visent à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu cette semaine entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Une délégation iranienne a quitté Téhéran pour participer à ces négociations, censées durer 60 jours et se concentrer sur le programme nucléaire iranien.
Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur, a confirmé que des pourparlers techniques se tiendraient dimanche 21 juin à Bürgenstock, en présence de représentants qataris. « À la suite de la signature du protocole d’accord, des pourparlers techniques auront lieu à Bürgenstock », a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué. Ces discussions seront cruciales pour éviter une escalade supplémentaire dans la région.
Les observateurs soulignent que la crédibilité de l’accord de cessez-le-feu repose désormais sur la capacité des parties à respecter leurs engagements, dans un contexte où les représailles et les contre-représailles menacent de s’enchaîner.
Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz samedi 20 juin en représailles aux frappes israéliennes au Liban, qu’elle considère comme une violation de l’accord de cessez-le-feu conclu avec les États-Unis. Cette mesure, présentée comme une « première réponse », vise à exercer une pression économique et stratégique sur Israël et ses alliés, alors que le détroit est une voie majeure pour les exportations pétrolières du Golfe.
Des discussions techniques américano-iraniennes, en présence de médiateurs pakistanais et qataris, doivent s’ouvrir dimanche 21 juin à Bürgenstock, en Suisse. Ces pourparlers, prévus pour durer 60 jours, auront pour objectif de préciser les modalités d’application du protocole d’accord signé cette semaine, notamment concernant la cessation des hostilités au Liban et le programme nucléaire iranien. Leur succès dépendra de la volonté des deux parties à faire des concessions.