La polémique enfle en France après les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur les frappes ukrainiennes contre Moscou. Plus de 180 drones ukrainiens abattus lors de la plus importante attaque de ce type depuis deux ans ont visé la capitale russe jeudi 18 juin 2026, selon les autorités locales. Dans ce contexte, le leader de La France insoumise a jugé « très imprudent d’accepter que l’Ukraine fasse des tirs en profondeur » sur le territoire russe, des propos qui lui valent une réplique cinglante de la part du ministre des Affaires étrangères. Jean-Noël Barrot a en effet accusé, vendredi 19 juin sur franceinfo – Politique, Mélenchon de « choisir clairement le camp de la Russie ».
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 180 drones ukrainiens abattus lors de l’attaque contre Moscou jeudi 18 juin 2026, selon le maire de la capitale russe.
- Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu’il était « très imprudent d’accepter que l’Ukraine fasse des tirs en profondeur » sur le territoire russe, lors d’une intervention sur France 2 jeudi.
- Jean-Noël Barrot a accusé Mélenchon de « choisir le camp de la Russie » et de ne « pas un mot pour dénoncer les attaques de Vladimir Poutine contre les populations civiles en Ukraine ».
- Le ministre a ajouté que « les masques tombent » et que le leader de LFI avait opté pour « celui de l’oppresseur » plutôt que « celui de la résistance ».
Une attaque ukrainienne d’ampleur contre Moscou
L’Ukraine a mené jeudi matin une offensive aérienne d’envergure contre Moscou, la plus importante depuis au moins deux ans. Selon les autorités russes, plus de 500 drones ont été interceptés, tandis que le maire de la ville a confirmé que 180 engins ont été abattus avant d’atteindre la capitale. Une raffinerie a également été touchée, provoquant des incendies dans la région. Les principaux aéroports moscovites ont été perturbés, contraignant plusieurs vols à être déviés ou annulés.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a qualifié cette attaque de « réponse pleinement justifiée » aux frappes russes contre son pays. Ces dernières semaines, les tensions entre Kiev et Moscou se sont encore accrues, avec une escalade des attaques de part et d’autre. La capitale ukrainienne, Kiev, avait déjà été ciblée à plusieurs reprises par des missiles et drones russes, entraînant des perturbations majeures et des victimes civiles.
Mélenchon sous le feu des critiques pour ses propos sur les frappes ukrainiennes
Dans un entretien diffusé jeudi sur France 2, Jean-Luc Mélenchon s’est dit « très imprudent d’accepter que l’Ukraine fasse des tirs en profondeur » sur le territoire russe. Pour le leader de La France insoumise, ces attaques pourraient aggraver le conflit et « risquer une escalade incontrôlable ». Des déclarations qui, selon Jean-Noël Barrot, « révèlent clairement » le positionnement du député européen.
Invité de franceinfo – Politique vendredi 19 juin, le ministre des Affaires étrangères a réagi avec fermeté. « Les masques tombent. Monsieur Mélenchon a choisi son camp et clairement, ce n’est pas le camp de la résistance, c’est celui de l’oppresseur », a-t-il déclaré. Barrot a également pointé l’absence de condamnation des attaques russes contre les populations civiles ukrainiennes de la part de Mélenchon. « Il n’a pas un mot pour dénoncer les attaques constantes de Vladimir Poutine », a-t-il souligné, avant d’ajouter : « C’est un choix politique qui nous éloigne de la solidarité avec l’Ukraine. »
Un clivage politique qui s’accentue sur la question ukrainienne
Les propos de Mélenchon et la réponse de Barrot illustrent les divisions persistantes au sein de la classe politique française sur la gestion du conflit ukrainien. Alors que le gouvernement français, comme la majorité des pays occidentaux, soutient pleinement Kiev dans sa résistance à l’invasion russe, certains responsables de gauche, à l’image de Mélenchon, appellent à une approche plus nuancée, voire critique envers l’Ukraine.
Cette position est loin de faire l’unanimité. Plusieurs élus de la majorité présidentielle, mais aussi des figures de l’opposition modérée, ont déjà réagi aux déclarations de Mélenchon. Gabriel Attal, Premier ministre, avait d’ailleurs rappelé en avril dernier que la France restait « un partenaire indéfectible de l’Ukraine », tant sur le plan militaire que diplomatique. Le chef du gouvernement avait alors insisté sur la nécessité de « soutenir Kiev face à l’agresseur russe », sans ambiguïté.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon n’a pas encore réagi publiquement aux critiques de Jean-Noël Barrot. La semaine prochaine, son groupe politique, La France insoumise, devrait organiser une conférence de presse pour préciser sa position sur la guerre en Ukraine et les frappes ukrainiennes contre la Russie. Un exercice de clarification attendu, alors que les tensions au sein de la gauche française sur ce dossier s’amplifient.
—
L’attaque a provoqué des incendies dans la région de Moscou et perturbé le fonctionnement de ses principaux aéroports. Selon les autorités russes, 180 drones ont été abattus avant d’atteindre la capitale, et une raffinerie a été touchée. Plusieurs vols ont été déviés ou annulés en raison de ces perturbations.