Le projet SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), développé conjointement par Dassault Aviation et Airbus, est désormais officiellement abandonné, selon Capital. Une décision qui marque la fin d’un partenariat stratégique entravé par des tensions persistantes entre Berlin et Paris. James D. Touati, consultant et analyste financier connu sous le surnom du « Loup de Zurich », estime que cette rupture représente une opportunité majeure pour Airbus : celle de recentrer ses efforts sur l’aviation commerciale, son cœur de métier.
Ce qu'il faut retenir
- Le projet SCAF, initialement prévu pour aboutir vers 2040, a été abandonné en raison de divergences politiques et industrielles entre la France et l’Allemagne, comme le rapporte Capital.
- Airbus compte désormais sur le développement d’un successeur à l’A320neo, dont le lancement est prévu vers 2030, pour consolider sa position de leader sur le marché des monocouloirs.
- Quatre axes d’innovation sont envisagés : motorisation open fan (taux de dilution de 60 contre 16 aujourd’hui), ailes allongées à 50 mètres, utilisation accrue de composites en carbone et ailerons déformables pour optimiser la consommation de carburant.
- Le projet d’avion à hydrogène ZEROe, initialement prévu pour 2035, a été repoussé à 2040-2045 en raison de contraintes réglementaires, économiques et infrastructurelles, précise Capital.
- La stratégie d’Airbus repose sur la livraison d’un avion plus sobre, plus silencieux et plus intelligent, plutôt que sur des innovations disruptives de science-fiction.
Le SCAF abandonné : une libération stratégique pour Airbus
Selon James D. Touati, fondateur de The Nest et analyste financier, l’abandon du SCAF n’est pas un échec, mais une prise d’indépendance pour Airbus.
« La fin du SCAF n’est pas une perte pour Airbus, mais une prise d’indépendance stratégique », déclare-t-il à Capital. Berlin et Paris ont finalement acté l’impossibilité de poursuivre ce projet, miné par des blocages politiques et des divergences industrielles.Pour Airbus, l’enjeu était devenu trop lourd : gérer un chantier à la fois technologique et diplomatique, alors que l’entreprise maîtrise avant tout l’aviation commerciale. Guillaume Faury, PDG d’Airbus, a d’ailleurs réaffirmé que le vrai défi industriel pour l’avionneur reste le développement d’un monocouloir de nouvelle génération.
Le successeur de l’A320neo : l’avion du futur selon Airbus
Plutôt que de s’engager dans des technologies futuristes aux résultats incertains, Airbus mise sur une évolution pragmatique de ses avions phares. Le successeur de l’A320neo doit entrer en service autour de 2030. Quatre innovations majeures sont en discussion : une motorisation open fan (projet CFM/RISE mené par Safran et GE), capable de réduire la consommation de carburant et le bruit grâce à un taux de dilution porté à 60, contre 16 aujourd’hui. Les ailes, allongées à 50 mètres, pourraient être équipées de bords d’attaque actionnables pour améliorer la portance et diminuer la consommation.
Autre piste : l’utilisation accrue de composites en carbone, plus légers et plus résistants que les métaux traditionnels. Enfin, des ailerons déformables, s’adaptant en temps réel aux différentes phases de vol, permettraient une optimisation permanente des performances. Capital souligne que ces avancées visent un gain de 20 % de carburant dès 2037-2038, une amélioration significative sans révolution technologique.
L’hydrogène, une piste secondaire mais pas abandonnée
Initialement, Airbus avait annoncé un avion à hydrogène, le ZEROe, opérationnel dès 2035. Pourtant, en 2025, l’avionneur a reconnu que les progrès étaient « plus lents que prévu », selon Capital. Le projet a donc été décalé à 2040-2045. Trois obstacles majeurs expliquent ce report : l’absence de cadre réglementaire adapté, le coût prohibitif d’un hydrogène décarboné et l’absence d’infrastructures aéroportuaires pour le distribuer et le stocker.
« Airbus ne renonce pas à l’hydrogène, mais il attend que les conditions soient réunies », explique James D. Touati. Ce choix stratégique évite de promettre l’impossible et permet de préparer sereinement l’avenir.
Une stratégie axée sur le réalisme industriel
Pour Capital, la stratégie d’Airbus est avant tout une question de lisibilité industrielle. En abandonnant le SCAF, l’avionneur évite un chantier coûteux, politiquement sensible et sujet aux blocages institutionnels. L’entreprise peut désormais concentrer ses ressources sur des investissements stables et prévisibles, essentiels pour maintenir sa domination sur le marché des monocouloirs. James D. Touati insiste :
« Airbus n’a pas besoin de Dassault Aviation pour rester leader. Il a besoin de visibilité sur ses cycles industriels et de capacité d’exécution sur le marché civil. »
L’objectif est clair : rester le leader mondial du moyen-courrier en livrant des avions plus sobres, plus silencieux et plus intelligents. Cette approche, bien que moins spectaculaire qu’une « aile volante » futuriste, correspond exactement aux attentes du marché. Capital relève que cette stratégie évite les risques technologiques et économiques inhérents à des innovations trop ambitieuses.
Airbus en Bourse : un potentiel à exploiter selon les analystes
Selon Capital, la stratégie industrielle d’Airbus se traduit également par une valorisation boursière intéressante. La fin du SCAF a permis à l’action de se recentrer sur ses fondamentaux : un carnet de commandes solide, une visibilité décennale et une capacité à innover dans des segments porteurs. Les analystes de Momentum, la lettre d’investissement de Capital, ont d’ailleurs recommandé à plusieurs reprises l’action Airbus à l’achat, avec des gains significatifs pour leurs abonnés.
« Les performances de la sélection d’actions de Momentum ont battu celles du CAC 40 ces dernières années », souligne la publication.Pour ceux qui envisagent d’investir, Capital propose un abonnement d’un an à Momentum, avec cinq mois offerts.
Le projet SCAF a été abandonné en raison de divergences politiques et industrielles persistantes entre la France et l’Allemagne, ainsi que de blocages institutionnels qui rendaient impossible la poursuite du développement d’un avion de combat européen commun, comme l’explique Capital.
Le successeur de l’A320neo est prévu pour une commercialisation vers 2030, selon les annonces d’Airbus rapportées par Capital.
En conclusion, la fin du SCAF marque un tournant pour Airbus, qui recentre sa stratégie sur des innovations réalistes et rentables. Entre le développement de son monocouloir de nouvelle génération et la préparation de l’arrivée de l’hydrogène, l’avionneur mise sur la sobriété et l’efficacité pour conserver sa place de leader. Une approche prudente, mais qui pourrait bien s’avérer gagnante à long terme.