Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a entamé mercredi 6 mai 2026 une visite officielle en Turquie, alors que les deux pays doivent tenir jeudi leur première réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, créé en 2020 lors d’un sommet à Alger. Selon RFI, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les liens économiques et politiques entre Alger et Ankara, alors que l’Algérie cherche à diversifier ses partenariats internationaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président algérien Abdelmadjid Tebboune est en visite officielle en Turquie du 6 au 7 mai 2026.
  • Il participe à la première réunion du Conseil de coopération stratégique algéro-turc, créé en 2020.
  • Ankara souhaite profiter de la volonté algérienne de diversifier ses partenaires économiques pour renforcer son implantation.
  • Cette visite s’inscrit dans un contexte de coopération énergétique et commerciale entre les deux pays.

Une rencontre historique prévue à Ankara

Le chef de l’État algérien a atterri mercredi en Turquie, marquant le coup d’envoi d’une visite destinée à consolider les relations bilatérales. Jeudi, il prendra part à la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, une instance créée six ans plus tôt lors d’un sommet à Alger. Selon des sources diplomatiques citées par RFI, cette réunion doit permettre de formaliser des accords dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et des technologies.

Côté turc, l’objectif est clair : profiter de l’ouverture algérienne pour élargir sa présence économique. Depuis plusieurs années, Ankara multiplie les initiatives pour renforcer ses échanges avec Alger, notamment dans les secteurs du gaz, de l’agroalimentaire et des travaux publics. « L’Algérie représente un partenaire stratégique pour la Turquie, autant sur le plan économique que géopolitique », a souligné un diplomate turc sous couvert d’anonymat.

Une diversification des partenariats pour Alger

Depuis 2022, l’Algérie a accéléré sa politique de diversification de ses alliances économiques, réduisant progressivement sa dépendance vis-à-vis de ses partenaires traditionnels. La Turquie, avec laquelle Alger partage une relation historique, apparaît comme un candidat idéal pour combler ce besoin. « Nous cherchons à équilibrer nos relations commerciales, et la Turquie est un acteur clé dans cette stratégie », a expliqué un responsable algérien à RFI.

Les échanges commerciaux entre les deux pays ont déjà connu une hausse significative ces dernières années. En 2025, ils ont atteint un volume de 5,2 milliards de dollars, en progression de 18 % par rapport à 2024. Les principaux secteurs concernés sont l’énergie, les équipements industriels et les produits agricoles. Les autorités turques espèrent voir ce chiffre continuer à progresser grâce à de nouveaux accords lors de cette visite.

Des enjeux énergétiques au cœur des discussions

L’énergie constitue un pilier central des discussions entre Alger et Ankara. La Turquie, qui dépend en grande partie du gaz russe, cherche à sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement. De son côté, l’Algérie, quatrième exportateur de gaz en Afrique, souhaite diversifier ses débouchés. « Les discussions porteront notamment sur les modalités d’exportation de gaz algérien vers la Turquie, via des gazoducs ou sous forme de GNL », a indiqué un expert en énergie cité par RFI.

Parallèlement, les deux pays pourraient évoquer des projets communs dans les énergies renouvelables, un secteur où l’Algérie mise sur son potentiel solaire. « Nous avons des opportunités énormes dans les énergies vertes, et la Turquie a une expertise reconnue dans ce domaine », a précisé un membre de la délégation algérienne. Les négociations pourraient aboutir à des partenariats concrets dès cette année.

Et maintenant ?

Les résultats concrets de cette visite devraient se matérialiser dans les semaines à venir, avec la signature probable d’accords dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et des technologies. Une délégation économique turque pourrait se rendre à Alger dès juin pour finaliser les projets évoqués. Reste à voir si ces discussions aboutiront à des engagements fermes ou à de simples déclarations d’intention. La prochaine réunion du Conseil de coopération stratégique, prévue d’ici la fin de l’année, pourrait faire le point sur les avancées réalisées.

Cette visite s’inscrit dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes en Méditerranée orientale et par la recherche de nouveaux équilibres géopolitiques. Pour Alger comme pour Ankara, l’enjeu est double : renforcer leur coopération économique tout en affirmant leur autonomie stratégique face aux puissances traditionnelles.

La visite vise à renforcer la coopération économique et politique entre l’Algérie et la Turquie, notamment à travers la première réunion du Conseil de coopération stratégique créé en 2020. Les discussions devraient porter sur l’énergie, les infrastructures et les technologies, dans un contexte où Alger cherche à diversifier ses partenariats.

Les principaux secteurs concernés sont l’énergie (gaz et énergies renouvelables), les infrastructures et les équipements industriels. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 5,2 milliards de dollars en 2025, et Ankara souhaite les augmenter grâce à de nouveaux accords.