Amine Benrachid, acteur d’origine tchadienne et sud-soudanaise, siège actuellement à Cannes au sein du jury qui décerne le Prix de la Citoyenneté, l’un des prix parallèles du Festival de Cannes. Selon RFI, son parcours, marqué par une traversée clandestine de l’Afrique et de la Méditerranée, en fait l’un des jurés les plus symboliques de cette édition 2026. Son élection reflète une reconnaissance tardive mais significative pour un artiste dont la vie a basculé entre l’exil forcé et la résilience.

Ce qu'il faut retenir

  • Amine Benrachid participe au jury du Prix de la Citoyenneté à Cannes en mai 2026, selon RFI.
  • Il a quitté le Tchad à 17 ans pour tenter de rejoindre l’Europe via la Libye et l’Italie.
  • Quatre mois de détention forcée en Libye ont précédé sa traversée vers l’Italie à bord d’un pneumatique.
  • Six mois après son arrivée en Italie, il traverse la frontière française à pied pour s’y installer.
  • Le cinéma s’est invité dans sa vie par hasard, alors qu’il suivait une formation d’éducateur.

Un parcours migratoire marqué par la clandestinité et la survie

Son récit commence en 2016, lorsqu’Amine Benrachid quitte le Tchad pour échapper à un avenir incertain. Comme le rapporte RFI, il traverse d’abord la Libye, où il subit une détention forcée de quatre mois. Ces conditions extrêmes ne l’empêchent pas de poursuivre son objectif : rejoindre l’Europe. Après sa libération, il embarque sur un pneumatique en direction de l’Italie, un voyage périlleux qui dure plusieurs semaines en mer.

Une fois débarqué en Italie, le périple ne s’arrête pas là. Six mois plus tard, il franchit clandestinement la frontière française à pied, un trajet qui achève son exil africain. Ce passage de la Méditerranée à l’Europe continentale illustre les risques encourus par des milliers de migrants chaque année. « Mon histoire n’est pas unique », a-t-il souligné lors d’un entretien avec RFI. « Elle est le reflet de millions de parcours brisés par les frontières et les conflits. »

Le cinéma, une rencontre fortuite dans un parcours chaotique

C’est en France, alors qu’il suit une formation d’éducateur, qu’Amine Benrachid découvre le cinéma. Selon RFI, cette vocation naît presque par accident. « Je cherchais simplement un moyen de m’exprimer et de raconter les histoires que j’avais vécues », a-t-il expliqué. Son talent naturel et sa capacité à incarner des récits humains ont rapidement attiré l’attention des professionnels du secteur.

Son parcours artistique, bien que récent, est déjà salué par la critique. Il a notamment joué dans plusieurs productions indépendantes, où son expérience personnelle a nourri des personnages complexes. Aujourd’hui, sa présence à Cannes en tant que juré marque une étape clé dans sa carrière. « C’est une consécration, mais aussi une responsabilité », a-t-il déclaré à RFI. « Je veux montrer que l’art peut être un outil de réconciliation et de mémoire. »

Le Prix de la Citoyenneté, une reconnaissance symbolique

Le Prix de la Citoyenneté, créé en 2009, récompense des œuvres ou des personnalités mettant en lumière les valeurs de solidarité, d’humanité et de diversité. Cette année, le jury est présidé par le réalisateur belge Luc Dardenne et compte, entre autres, Amine Benrachid. Ce choix n’est pas anodin : son parcours incarne les thèmes centraux du prix.

« Le cinéma a le pouvoir de changer les regards », a rappelé RFI en citant les propos de Benrachid. Son élection au jury intervient alors que les débats sur l’accueil des migrants en Europe restent vifs. Ce prix devient ainsi un espace de dialogue, où l’art et l’engagement se rencontrent. Les films en compétition cette année abordent notamment les questions de migration, de mémoire coloniale et d’intégration.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Amine Benrachid pourraient inclure une collaboration avec des réalisateurs européens pour des projets mettant en scène des parcours similaires au sien. D’ici fin 2026, il devrait participer à des débats publics en France et en Europe, afin de sensibiliser sur les enjeux migratoires à travers le prisme culturel. Le Festival de Cannes pourrait également lui offrir de nouvelles opportunités, notamment dans des productions à dimension internationale.

Son parcours, entre clandestinité et reconnaissance artistique, soulève une question plus large : dans quelle mesure l’art peut-il servir de pont entre les cultures et les mémoires divisées ? La présence d’Amine Benrachid à Cannes répond en partie à cette interrogation, en offrant une visibilité inédite à une voix issue de l’exil.