Chaque année, à l’approche des beaux jours, les terrasses et les jardins se remplissent de convives partageant un moment privilégié autour d’un apéritif. Mais derrière l’apparente légèreté de ces instants, certains produits industriels, comme les biscuits apéritifs, cachent des compositions moins anodines qu’il n’y paraît. Selon Franceinfo - Santé, une enquête menée par France Télévisions met en lumière les risques nutritionnels liés à ces snacks, souvent choisis par défaut ou par habitude, et interroge l’engagement réel des industriels en matière de santé publique.

Ce qu'il faut retenir

  • Les bretzels, crackers et feuilletés sont pointés du doigt pour leur teneur élevée en sel, malgré une apparence de simplicité. Leur processus de fabrication inclut un trempage en saumure suivi d’un saupoudrage de sel, une étape clé pour leur goût, mais problématique pour la santé.
  • Les cacahuètes et les chips nature affichent une meilleure qualité nutritionnelle que les bretzels, mais leur classement dépend fortement de la marque. Les associations de consommateurs rappellent que même ces produits peuvent être améliorés.
  • Seulement 9 % des industriels ont reformulé leurs recettes ces cinq dernières années pour réduire sel ou acides gras saturés, un chiffre jugé insuffisant par les associations.
  • Les produits tartinables comme le houmous, le tzatziki ou le guacamole, souvent dotés d’un Nutri-Score A, sont présentés comme des alternatives plus saines, faciles à préparer maison.
  • En France, 69 % des consommateurs prennent un apéritif au moins une fois par semaine, ce qui souligne l’importance du sujet.
  • Les efforts des industriels restent limités : les recettes ont évolué ces dix dernières années, avec une réduction de 20 % de la teneur en sel, mais les associations estiment que des marges de progression existent encore.

Des produits simples en apparence, mais riches en sel

À l’heure de l’apéritif, les convives français ont l’embarras du choix entre chips, saucisson, cacahuètes ou biscuits salés. Pourtant, une enquête menée par France Télévisions, relayée par Franceinfo - Santé, révèle que ces derniers, notamment les bretzels, crackers et feuilletés, sont souvent les moins recommandables pour la santé. Une équipe de journalistes a interrogé des étudiants sur leurs préférences, et si certains citent les chips ou les cacahuètes, peu savent vraiment distinguer les options les plus équilibrées.

Pour comprendre cette méconnaissance, les équipes de France Télévisions se sont rendues dans une usine alsacienne, l’une des plus célèbres fabricantes de bretzels en France. Là-bas, Michel Bock, directeur qualité, a détaillé les étapes de fabrication. « C’est comme une pâte à pain, avec des ingrédients très simples : de la farine de blé, de l’eau, de la levure de boulanger, un peu d’huile », explique-t-il. Pourtant, malgré cette apparente simplicité, le produit final est classé parmi les moins recommandables.

Un bain de sel à l’origine du problème

Le secret de ce classement ? Une étape cruciale du processus de fabrication : le trempage dans de la saumure, un bain de sel chauffé entre 85 et 90 degrés. Ce traitement, suivi d’un saupoudrage supplémentaire de sel, est indispensable pour obtenir le goût croustillant et salé tant apprécié des consommateurs. « La petite pointe de sel qu’on laisse sur le produit, c’est ce qui vient titiller le palais », précise Rozenn Zimmermann, directrice marketing de la marque.

Résultat : un paquet de bretzels se vend toutes les quatre secondes en France. Pourtant, les associations de consommateurs restent sceptiques face aux efforts des industriels. « On a réduit la quantité de sel d’environ 20 % ces dix dernières années », reconnaît la responsable marketing. Mais pour Selma Amimi, chargée de mission alimentation à la CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie), ces avancées sont insuffisantes. « Il y a des produits qui ont un Nutri-Score C, où il y a une marge de reformulation possible pour aller vers du A ou du B en diminuant un peu le sel ou les acides gras saturés », souligne-t-elle.

Des alternatives plus saines existent, mais restent sous-exploitées

Face à ces produits industriels, les tartinables comme le houmous, le tzatziki ou le guacamole se distinguent par leur qualité nutritionnelle. Un exemple souvent cité est le guacamole, dont la composition – avocats, poivrons rouges, jus de citron – lui vaut généralement un Nutri-Score A. « Quand je regarde la liste des ingrédients, il y a beaucoup d’avocats, 91 %, c’est un produit bien noté », explique Laurent Dufay, nutritionniste. Et d’ajouter : « Le faire maison en achetant des épices spéciales pour le guacamole ne demande pas beaucoup de travail, et c’est plus intéressant gustativement parlant. »

Pourtant, malgré ces atouts, ces alternatives peinent à s’imposer. Les Français restent attachés à leurs habitudes, et les biscuits apéritifs continuent de dominer les tables estivales. Une situation qui interroge sur les priorités des industriels et des consommateurs.

Un marché encore peu engagé dans la reformulation

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : seulement 9 % des industriels ont modifié leurs recettes ces cinq dernières années pour les rendre moins salées ou moins grasses. Un taux qui semble dérisoire au regard des enjeux de santé publique. Les associations de consommateurs, comme la CLCV, appellent à des efforts bien plus ambitieux. « Les fabricants de biscuits apéritifs auraient encore des progrès à faire », martèle Selma Amimi.

Pourtant, des signes encourageants émergent. Certains produits, comme les chips ou les crackers, voient leur composition évoluer progressivement. Mais le chemin reste long. Les consommateurs, de leur côté, semblent de plus en plus sensibles à ces questions. Selon les données disponibles, 69 % des Français prennent un apéritif au moins une fois par semaine, un chiffre qui place le sujet au cœur des préoccupations alimentaires.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient venir d’une réglementation plus stricte sur les teneurs en sel et en graisses saturées dans les produits transformés. Des discussions sont en cours au niveau européen pour encadrer davantage la composition des aliments industriels. D’ici 2027, de nouvelles directives pourraient être adoptées, obligeant les fabricants à revoir leurs recettes. En attendant, les associations de consommateurs continuent de militer pour une transparence accrue et des engagements concrets de la part des industriels.

Alors que l’apéritif reste un rituel incontournable pour les Français, le débat sur la qualité nutritionnelle des produits proposés ne fait que commencer. Entre habitudes de consommation et enjeux de santé, le choix des convives pourrait bien évoluer dans les années à venir.

Les bretzels sont particulièrement riches en sel, en raison de leur processus de fabrication qui inclut un trempage dans une saumure (bain de sel chauffé) suivi d’un saupoudrage supplémentaire. À l’inverse, les cacahuètes et certaines chips nature contiennent moins de sel et de graisses saturées, mais cela dépend fortement de la marque. Une étude citée par Franceinfo - Santé montre que les cacahuètes sont généralement mieux classées que les bretzels sur le plan nutritionnel.

Les fabricants, comme celui visité en Alsace, expliquent que le sel est essentiel pour le goût et la texture du produit, très appréciés des consommateurs. Rozenn Zimmermann, directrice marketing, souligne que la « petite pointe de sel » est ce qui « vient titiller le palais ». Ils reconnaissent cependant avoir réduit de 20 % la quantité de sel ces dix dernières années.