L'Association espagnole des arbitres de football (AESAF) a réagi vivement aux déclarations de Florentino Pérez, président du Real Madrid, qu'elle qualifie d'"attaque grave, injustifiée et systématique" contre le corps arbitral. Selon RMC Sport, l'AESAF a annoncé ce vendredi 15 mai 2026 avoir demandé l'ouverture d'une procédure disciplinaire à l'encontre du dirigeant madrilène.
Les tensions entre Pérez et les arbitres espagnols se sont cristallisées lors de deux prises de parole publiques. Le 12 mai 2025, le président du Real Madrid avait convoqué une conférence de presse d'urgence pour dénoncer une prétendue cabale médiatique et judiciaire contre son club. Il avait alors évoqué une "corruption systémique" dans l'arbitrage espagnol, affirmant avoir été privé de titres en raison d'un système truqué. Ses propos, répétés le lendemain dans une interview diffusée sur La Sexta, ont été jugés suffisamment graves pour que l'AESAF saisisse les instances compétentes.
Ce qu'il faut retenir
- L'AESAF accuse Florentino Pérez d'avoir tenu des propos diffamatoires contre le corps arbitral espagnol, les qualifiant d'"attaque grave et systématique".
- Pérez a évoqué une "corruption systémique" sur deux décennies et accusé les arbitres de s'enrichir illicitement, notamment lors de sa conférence de presse du 12 mai 2025.
- L'AESAF demande l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre le président du Real Madrid et exige une injonction pour qu'il cesse ses déclarations pendant l'instruction.
- Le syndicat des arbitres estime que Pérez a dépassé les limites de la liberté d'expression en attribuant des faits de corruption non établis par la justice.
- L'AESAF réclame également des excuses publiques, une indemnisation pour préjudice moral, et la publication d'un communiqué de rectification par le Real Madrid.
Des accusations répétées et ciblées contre le corps arbitral
Florentino Pérez a multiplié les attaques contre les arbitres espagnols lors de ses deux interventions. Lors de sa conférence de presse du 12 mai 2025, il avait affirmé : « J'ai gagné sept Ligues des champions et sept Liga, mais on me les a volées. Il y a une corruption systémique depuis vingt ans, et ce sont toujours les mêmes arbitres ». Il avait également accusé les arbitres de s'enrichir avec l'argent du FC Barcelone, déclarant : « Je ne suis pas venu ici pour que des arbitres s'enrichissent avec l'argent du Barça ».
Le lendemain, dans l'émission « Al Rojo Vivo » sur La Sexta, Pérez avait durci le ton en répétant ses accusations : « Corruption systémique », « ce sont toujours les mêmes arbitres qui font les mêmes choses de manière éhontée », avant d'estimer que « cette saison, ils nous ont volé entre 16 et 18 points ». Des déclarations que l'AESAF qualifie de « sans fondement judiciaire » et de « diffamatoires ».
L'AESAF dénonce un préjudice moral et professionnel
Dans son communiqué publié ce 15 mai 2026, l'AESAF souligne que les propos de Pérez vont bien au-delà de la critique sportive légitime. « Ces déclarations ne peuvent se prévaloir de l'exercice de la liberté d'expression, car elles attribuent au corps arbitral la perpétration d'un délit continu de corruption pendant vingt ans », indique le syndicat. Il rappelle que le Real Madrid, en tant que club le plus médiatique au monde, a une responsabilité accrue dans la diffusion de telles allégations.
L'AESAF a agi « avec la plus grande diligence » pour protéger « la dignité et l'intégrité morale » de ses membres. Le syndicat demande au Comité de Compétition d'adopter une « injonction conservatoire et urgente » pour empêcher Pérez de tenir de nouveaux propos similaires pendant l'instruction de la procédure. Il exige également que le président du Real Madrid indemnise financièrement le collectif arbitral pour « le préjudice moral, réputationnel et professionnel causé ».
« Ces déclarations constituent une attaque grave, injustifiée et systématique contre l'honneur professionnel et institutionnel du Collectif Arbitral, sans appui dans aucune décision judiciaire définitive. »
— Communiqué de l'AESAF, 15 mai 2026
Le dossier Negreira, un nouveau front dans la polémique
Pérez a également instrumentalisé l'affaire Negreira pour appuyer ses accusations. Il a annoncé la constitution d'un dossier de 500 pages destiné à l'UEFA, qu'il qualifie de « plus grand cas de corruption de l'histoire du football ». Une assertion que l'AESAF rejette fermement, rappelant que les procédures judiciaires en cours n'ont abouti à aucune condamnation définitive contre les arbitres espagnols.
Ce dossier, ainsi que les déclarations répétées de Pérez, s'inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre le Real Madrid et les instances dirigeantes du football espagnol. Le club madrilène, en proie à des difficultés sportives et internes, a multiplié les critiques envers la Liga, la Fédération royale espagnole de football (RFEF) et l'UEFA, accusant ces organismes de partialité à son égard.
Cette affaire dépasse le cadre du football espagnol. Elle interroge le rôle des dirigeants dans le débat sportif et la frontière entre la critique légitime et la diffamation. Alors que la saison 2025-2026 touche à sa fin, les tensions entre Pérez et les arbitres pourraient avoir des répercussions sur l'image même de la Liga, déjà fragilisée par les controverses récurrentes autour de l'arbitrage.
Reste à savoir si les instances dirigeantes du football espagnol parviendront à apaiser les tensions, ou si cette crise s'inscrira dans la durée, comme d'autres polémiques avant elle. Une chose est sûre : le Real Madrid, en pleine reconstruction sportive, devra désormais composer avec cette nouvelle crise médiatique et institutionnelle.
L'AESAF considère que les déclarations de Florentino Pérez, en les qualifiant de diffamatoires et sans preuve judiciaire, ont porté atteinte à l'honneur et à la réputation de l'ensemble du corps arbitral. Elle estime donc que Pérez doit réparer le préjudice subi par les arbitres, tant sur le plan moral que professionnel.
Si une procédure disciplinaire est ouverte, Pérez pourrait être condamné à une amende, à une suspension temporaire, ou à des mesures correctives comme la publication d'un communiqué de rectification. La décision finale reviendra au Comité de Compétition de la Liga.