Une croyance tenace circule depuis des années : s’arracher un cheveu blanc entraînerait la pousse de plusieurs autres à sa place. Selon Courrier International, cette idée relève pourtant du mythe, comme l’explique Desmond Tobin, professeur de dermatologie à l’University College Dublin. Une affirmation qui pourrait rassurer ceux qui craignent d’aggraver leur perte de cheveux ou leur blanchiment capillaire.
Ce qu'il faut retenir
- Un follicule pileux ne produit qu’un seul cheveu à la fois : arracher un cheveu ne peut en faire repousser plusieurs.
- L’arrachage répété peut endommager définitivement le follicule, entraînant une absence de repousse.
- Les cheveux blancs poussent souvent mieux que les cheveux colorés, notamment chez les hommes à la barbe poivre et sel.
- Le vieillissement des cheveux est principalement génétique, mais le stress et les carences peuvent l’accélérer.
Le cuir chevelu humain est recouvert de millions de follicules pileux, comparables à de minuscules usines produisant chacune un seul cheveu. « Si seulement il suffisait de s’arracher un cheveu pour en faire repousser plusieurs…, lance Desmond Tobin. Ce serait génial pour les gens qui se dégarnissent, et qui en souffrent. » Pourtant, la réalité est bien différente : chaque follicule fonctionne de manière indépendante et ne génère qu’un seul poil à la fois. Arracher un cheveu blanc ou pigmenté n’a donc aucun effet sur la pousse des autres.
Mais attention, insiste le dermatologue : cette pratique n’est pas sans risque. Lorsqu’elle est répétée régulièrement, l’opération peut causer des dommages irréversibles aux follicules. « Les poils arrachés ne repoussaient pas en double, ils ne repoussaient pas du tout », rappelle-t-il. Dans les années 1990 et au début des années 2000, la tendance aux sourcils ultrafins avait conduit de nombreuses personnes à utiliser la pince à épiler de manière excessive, avec pour conséquence une disparition définitive de leurs poils. Une leçon qui vaut aussi pour le cuir chevelu.
« En arrachant un cheveu par sa racine, on prend le risque de le casser », explique Desmond Tobin. Les micro-saignements parfois observés lors de l’arrachage sont le signe que le follicule a été endommagé, un processus irréversible. Autant dire que cette méthode ne constitue en rien une solution contre les cheveux blancs ou la chute des cheveux. Pour les personnes concernées, il existe des alternatives médicales ou cosmétiques, mais l’arrachage n’en fait pas partie.
Pourquoi les cheveux deviennent-ils blancs ?
Le phénomène du blanchiment capillaire est avant tout une question génétique. « La chevelure de nos proches peut nous donner une idée de ce qui nous attend », indique le dermatologue. Si vos parents ou grands-parents ont blanchi tôt, il y a de fortes chances que ce soit aussi votre cas. Cependant, d’autres facteurs peuvent influencer l’apparition des cheveux blancs : le stress chronique, un sommeil de mauvaise qualité ou des carences nutritionnelles sont autant d’éléments qui accélèrent certains aspects du vieillissement biologique, y compris celui des cheveux.
Contrairement aux idées reçues, les cheveux blancs ne sont pas nécessairement synonymes de vieillissement ou de fragilité. « Ils poussent souvent tout aussi bien – voire mieux – que les cheveux colorés », souligne Desmond Tobin. Une observation particulièrement vraie chez les hommes à la barbe poivre et sel : leurs poils blancs ont tendance à pousser davantage entre les tontes. « Les cheveux gris et blancs semblent avoir une meilleure croissance. » Une information qui pourrait réconforter ceux qui redoutent les effets du temps sur leur apparence.
Que faire pour limiter l’apparition des cheveux blancs ?
Si le vieillissement capillaire est inévitable, certaines habitudes peuvent en ralentir les effets. Le professeur de dermatologie insiste sur l’importance d’un mode de vie sain : une alimentation équilibrée, riche en vitamines et minéraux, un sommeil réparateur et une gestion efficace du stress. Ces éléments, bien que ne stoppant pas totalement le blanchiment, peuvent contribuer à préserver la santé des cheveux plus longtemps.
Côté solutions esthétiques, les colorations capillaires restent la méthode la plus courante pour masquer les cheveux blancs. Cependant, certaines recherches explorent des pistes plus naturelles, comme l’utilisation d’huiles ou de plantes aux propriétés pigmentantes. Aucune étude scientifique ne valide encore ces méthodes, mais leur popularité croissante témoigne d’un intérêt certain pour des alternatives moins agressives que les produits chimiques traditionnels.
Desmond Tobin rappelle que la recherche progresse, notamment sur les mécanismes génétiques du vieillissement capillaire. « Les prochaines années pourraient apporter des réponses plus claires, notamment sur l’impact du stress oxydatif ou des déséquilibres hormonaux », confie-t-il. En attendant, les idées reçues ont la vie dure : arracher un cheveu blanc ne fera pas pousser plusieurs autres, mais pourrait bien en faire disparaître un pour de bon.
Alors que les débats sur l’acceptation du vieillissement s’intensifient, une chose est sûre : la science continue de démonter les mythes pour offrir des solutions fondées sur des preuves. Et si les cheveux blancs restaient avant tout une question de génétique et de mode de vie, leur traitement pourrait bientôt évoluer vers des approches plus douces et personnalisées.
Non. Arracher un cheveu blanc ne modifie pas son état ni ne provoque l’apparition de nouveaux cheveux blancs. En revanche, cette pratique peut endommager le follicule et empêcher tout repousse, qu’il s’agisse d’un cheveu blanc ou pigmenté.
À ce jour, aucun traitement médical ne permet de faire repousser des cheveux naturellement colorés là où ils sont devenus blancs. Les solutions actuelles se limitent à la coloration artificielle ou à des approches expérimentales en recherche.