Une étude récente menée par des chercheurs chinois suggère que la consommation régulière de curcuma pourrait jouer un rôle protecteur contre deux pathologies oculaires majeures : la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et la cataracte. Selon Top Santé, ces travaux mettent en lumière les propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes de cette épice, largement utilisée dans la cuisine asiatique.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude chinoise recommande d’augmenter la consommation de curcuma pour prévenir la DMLA et la cataracte.
  • Le curcuma contient de la curcumine, un composé aux vertus anti-inflammatoires et antioxydantes.
  • Ces deux maladies oculaires touchent respectivement 300 millions et 95 millions de personnes dans le monde.
  • Les chercheurs soulignent l’importance d’une alimentation équilibrée pour réduire les risques.
  • L’étude a été publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry.

Une épice aux multiples bienfaits pour la santé oculaire

Les chercheurs de l’Université de Shanghai, auteurs de cette étude, ont analysé les effets de la curcumine, le pigment jaune du curcuma, sur la santé des yeux. Selon leurs conclusions, cette molécule agirait comme un bouclier contre les dommages oxydatifs responsables de la DMLA et de la cataracte. « Les propriétés anti-inflammatoires de la curcumine pourraient ralentir la progression de ces maladies », a déclaré le Dr Li Wei, principal auteur de l’étude. L’équipe a également noté que la consommation quotidienne de curcuma, à raison d’une cuillère à café par jour, pourrait suffire à observer un effet protecteur.

Ces résultats s’ajoutent à un corpus scientifique déjà conséquent sur les bienfaits du curcuma. En médecine ayurvédique, cette épice est utilisée depuis des siècles pour ses vertus thérapeutiques. Aujourd’hui, la science moderne semble confirmer son potentiel, notamment dans la prévention des maladies chroniques. Les chercheurs insistent toutefois sur la nécessité de poursuivre les recherches pour valider ces hypothèses à plus grande échelle.

DMLA et cataracte : deux fléaux aux conséquences lourdes

La DMLA, ou dégénérescence maculaire liée à l’âge, est la première cause de malvoyance chez les plus de 50 ans dans les pays développés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle touche environ 300 millions de personnes à travers le monde, avec une incidence en hausse en raison du vieillissement de la population. Quant à la cataracte, elle représente près de 50 % des cas de cécité évitables, touchant environ 95 millions de personnes.

Les traitements actuels pour ces deux pathologies reposent principalement sur des interventions chirurgicales, notamment pour la cataracte, où l’opacification du cristallin est remplacée par un implant artificiel. Pour la DMLA, les solutions restent limitées, avec des thérapies coûteuses et des résultats variables. Dans ce contexte, la prévention par l’alimentation pourrait représenter une avancée majeure. « Une approche nutritionnelle complémentaire pourrait réduire la pression sur les systèmes de santé », a précisé le Dr Wei.

Un espoir à confirmer, mais une piste à explorer

Malgré l’enthousiasme suscité par ces résultats, les chercheurs appellent à la prudence. « Les études cliniques doivent encore confirmer l’efficacité du curcuma à long terme », a souligné le Dr Wei. Une méta-analyse publiée en 2025 dans Nutrients avait déjà mis en lumière les effets protecteurs des épices riches en curcumine, mais sans trancher définitivement sur leur rôle dans la prévention de la DMLA et de la cataracte.

Par ailleurs, la consommation de curcuma doit s’inscrire dans une démarche globale de santé. Les experts rappellent que l’épice ne peut à elle seule remplacer les traitements existants ou une bonne hygiène de vie. Une alimentation riche en fruits et légumes, associée à la pratique régulière d’une activité physique, reste la meilleure stratégie pour préserver sa vision. « Le curcuma est un complément, pas une solution miracle », a tenu à rappeler le chercheur.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à lancer des essais cliniques à grande échelle pour évaluer l’impact réel du curcuma sur la progression de la DMLA et de la cataracte. Une étude pilote est d’ores et déjà prévue pour 2027 en Chine, avec la participation de 500 patients. En parallèle, les chercheurs explorent la possibilité de développer des compléments alimentaires à base de curcumine purifiée, afin d’optimiser son absorption par l’organisme.

Dans l’attente de ces résultats, les ophtalmologistes recommandent déjà d’intégrer le curcuma dans son alimentation, sans excès. Comme le souligne Top Santé, « cette épice jaune pourrait bien devenir un allié inattendu pour préserver sa vue ». Une chose est sûre : la science continue de redécouvrir les trésors cachés dans nos placards.

Les chercheurs chinois suggèrent une consommation quotidienne d’une cuillère à café de curcuma en poudre, soit environ 5 grammes. Cependant, ils précisent que ce dosage reste à valider par des essais cliniques supplémentaires.