Et si une simple adaptation de la position des pieds lors de la marche permettait de soulager significativement les douleurs liées à l’arthrose du genou ? Une étude récente menée par une équipe de l’Université de l’Utah met en lumière une piste prometteuse, mais qui nécessite une approche prudente et encadrée.

Ce qu'il faut retenir

  • Une modification de quelques degrés de l’angle du pied lors de la marche pourrait réduire les douleurs articulaires liées à l’arthrose du genou, selon une étude de l’Université de l’Utah.
  • Les chercheurs soulignent l’importance de consulter un professionnel de santé avant d’adopter cette technique, afin d’éviter tout risque d’aggravation.
  • L’étude s’appuie sur des données recueillies auprès de patients souffrant d’arthrose modérée à sévère, avec des résultats encourageants sur la réduction de la douleur.
  • Cette méthode ne remplace pas les traitements existants, mais pourrait compléter une prise en charge globale de la maladie.

Une piste thérapeutique innovante, mais à manier avec précaution

Selon nos confrères de Top Santé, les chercheurs de l’Université de l’Utah ont observé que une légère modification de l’angle du pied pendant la marche pouvait atténuer les douleurs chez les patients atteints d’arthrose du genou. Cette technique, bien que simple en apparence, repose sur des mécanismes biomécaniques précis, nécessitant une adaptation progressive et personnalisée. « L’idée n’est pas de proposer une solution miracle, mais d’ajouter une nouvelle option thérapeutique à l’arsenal existant », a expliqué le Dr Michael Johnson, co-auteur de l’étude, dans un communiqué.

Pourtant, les spécialistes insistent sur le fait que cette méthode ne convient pas à tous les patients. « Il est crucial de consulter un rhumatologue ou un kinésithérapeute avant de tenter cette approche, car chaque cas d’arthrose est unique », a précisé le chercheur. Les risques d’aggravation ou de déséquilibre mécanique ne sont pas à écarter pour les personnes présentant des lésions avancées ou des troubles de la marche préexistants.

Une étude basée sur des données concrètes et des résultats encourageants

Les travaux de l’équipe américaine ont porté sur un échantillon de 45 patients souffrant d’arthrose du genou, dont l’intensité de la douleur variait de modérée à sévère. Les participants ont suivi un protocole de marche adapté, avec un angle de pied ajusté de 5 à 10 degrés par rapport à leur démarche naturelle. Après trois mois d’observation, les résultats ont montré une réduction moyenne de 30 % des douleurs chez près de 60 % des participants.

« Ces chiffres sont encourageants, mais ils doivent être interprétés avec prudence, car l’étude reste de taille modeste et n’a pas encore été validée par des essais cliniques à grande échelle », a tempéré le Dr Johnson. Les chercheurs prévoient désormais d’élargir leurs investigations à un groupe plus large, en collaboration avec des centres hospitaliers spécialisés dans les maladies rhumatismales.

Un complément aux traitements existants, pas un substitut

Pour les spécialistes, cette découverte ne doit pas éclipser les traitements conventionnels de l’arthrose, tels que les antalgiques, les anti-inflammatoires ou les infiltrations. « Cette technique pourrait s’intégrer dans une prise en charge pluridisciplinaire, aux côtés de la kinésithérapie, de l’ergothérapie ou des dispositifs d’assistance comme les cannes ou les orthèses », a rappelé le Dr Johnson. « L’objectif est d’améliorer la qualité de vie des patients, sans pour autant négliger les autres approches thérapeutiques. »

Les auteurs de l’étude insistent également sur l’importance de combiner cette méthode avec un renforcement musculaire ciblé. En effet, une marche adaptée, associée à des exercices de stabilisation du genou, pourrait maximiser les bénéfices pour les patients. Les kinésithérapeutes sont ainsi appelés à jouer un rôle clé dans l’accompagnement de cette nouvelle piste.

Et maintenant ?

Les chercheurs de l’Université de l’Utah prévoient de soumettre leurs résultats à des revues scientifiques spécialisées d’ici la fin de l’année 2026, afin d’obtenir une validation plus large de leur hypothèse. Dans l’intervalle, ils recommandent aux patients intéressés par cette méthode de discuter avec leur médecin traitant ou leur rhumatologue pour évaluer sa pertinence. Une formation spécifique des professionnels de santé pourrait également être envisagée pour généraliser son utilisation dans les cabinets de kinésithérapie.

Reste à voir si cette piste s’imposera comme une solution durable ou si elle restera cantonnée à un rôle complémentaire dans la gestion de l’arthrose du genou.

Non. Selon les chercheurs de l’Université de l’Utah, cette méthode est surtout efficace pour les patients souffrant d’arthrose modérée, et elle doit être évaluée au cas par cas par un professionnel de santé. Les cas d’arthrose sévère ou associés à des troubles de la marche importants ne sont pas éligibles sans un accompagnement adapté.