Comme chaque édition de la Coupe du monde, la Coupe d’Afrique des nations ou encore les grands tournois européens, la demande en maillots de football explose chez les supporters. Selon France 24, c’est particulièrement visible au marché de la seconde main de Kibéra, situé dans la banlieue de Nairobi, où des chasseurs de trésors vestimentaires sillonnent les stands à la recherche des pièces rares ou symboliques. Une scène qui illustre l’engouement planétaire pour les tenues des joueurs, devenu un phénomène social et économique bien au-delà des terrains de jeu.
Ce qu'il faut retenir
- Le marché de Kibéra, en banlieue de Nairobi, est un haut lieu de la vente de maillots de football d’occasion pendant les compétitions internationales
- Les acheteurs recherchent aussi bien des maillots de stars que des pièces vintage ou des répliques officielles
- Cette tendance reflète l’engouement mondial pour les maillots, un marché estimé à plusieurs milliards de dollars
- Les prix varient selon la rareté, l’état et l’authenticité des articles proposés
- Le phénomène n’est pas nouveau, mais s’amplifie avec l’essor des réseaux sociaux et des plateformes de revente en ligne
Un phénomène mondial qui touche jusqu’aux marchés informels
À chaque grande compétition, le même scénario se répète : les supporters cherchent à arborer les couleurs de leur équipe favorite. D’après France 24, cette frénésie s’étend bien au-delà des boutiques officielles. Dans les ruelles du marché de Kibéra, les stands regorgent de maillots usagés, de maillots neufs non portés ou encore de maillots personnalisés. Les vendeurs, souvent des revendeurs à petite échelle, proposent une offre variée, allant des maillots des années 1990 aux tenues flambant neuves des dernières saisons.
Les motivations des acheteurs sont multiples. Certains veulent afficher leur soutien à leur équipe ou à leur joueur préféré, d’autres recherchent des pièces de collection. « Les maillots de joueurs comme Mohamed Salah ou Victor Wanyama se vendent très bien ici », confie un marchand sous couvert d’anonymat. Autant dire que l’enthousiasme des supporters dépasse largement le cadre du simple vêtement pour s’inscrire dans une culture du fanatisme footballistique.
Des prix qui reflètent l’offre et la demande
Les tarifs pratiqués sur le marché de Kibéra varient considérablement. Un maillot de star en bon état peut coûter entre 1 500 et 3 000 shillings kényans (soit environ 12 à 25 euros), tandis qu’une réplique basique se négocie autour de 500 shillings (4 euros). Les pièces rares ou vintage, comme les maillots des années 1980, atteignent des sommes bien plus élevées, surtout si elles sont associées à un joueur emblématique. « Certains collectionneurs sont prêts à payer jusqu’à 10 000 shillings (80 euros) pour un maillot des années 1990 de la sélection kényane », explique un revendeur.
Cette dynamique des prix illustre l’économie informelle qui gravite autour du football. Les vendeurs, souvent des petits entrepreneurs, profitent de l’engouement pour arrondir leurs fins de mois. Pour eux, c’est une source de revenus régulière, surtout pendant les périodes de compétition. « Avant chaque Coupe du monde, les ventes explosent. On peut écouler une dizaine de maillots par jour », témoigne un marchand.
Une tendance amplifiée par les réseaux sociaux et le commerce en ligne
Si le marché de Kibéra reste un symbole de cette frénésie, il n’est pas le seul à en profiter. Les plateformes de revente en ligne, comme Facebook Marketplace ou des sites spécialisés, ont vu émerger une multitude de comptes dédiés aux maillots de football. Comme le rapporte France 24, ces espaces numériques permettent aux acheteurs et vendeurs de se connecter bien au-delà des frontières locales. Les groupes dédiés aux maillots africains ou européens attirent des milliers de membres, créant une véritable économie parallèle.
Les influenceurs et collectionneurs jouent également un rôle clé dans cette tendance. En partageant leurs acquisitions sur Instagram ou TikTok, ils contribuent à populariser certains maillots et à en faire des objets de désir. « Les maillots vintage deviennent des pièces de mode. Même ceux qui ne s’intéressent pas au football en portent pour leur style », note un observateur du secteur.
Une chose est sûre : tant que le football restera le sport le plus populaire au monde, les maillots continueront de faire rêver – et de remplir les poches de ceux qui savent en tirer profit.
Un maillot officiel est produit par les équipementiers sous licence de la FIFA ou des fédérations. Il est conçu avec des matériaux techniques et arbore les logos des sponsors et des fédérations. Une réplique, en revanche, est une copie moins chère, souvent fabriquée en polyester bas de gamme, et ne porte pas toujours les mêmes détails ou logos. Les répliques sont généralement vendues à moindre coût, mais leur qualité et leur durabilité sont inférieures à celles des maillots officiels.