« C’était un paradis », déclare Djibril, surfeur de la première génération à l’île de Ngor, au large de Dakar. Pourtant, certaines plages de ce site emblématique, autrefois prisé pour ses vagues et son cadre idyllique, sont aujourd’hui désertées par les baigneurs et les sportifs. Selon Reporterre, la faute en revient à une urbanisation mal maîtrisée et à une pollution accrue des eaux côtières, poussant les locaux à se mobiliser pour préserver leur environnement.
Ce qu'il faut retenir
- Pollution généralisée : certaines plages de l’île de Ngor sont désormais jugées impropres à la baignade en raison de rejets urbains et industriels non traités.
- Désertification des spots : les surfeurs, comme Djibril, observent un recul marqué de la fréquentation des sites historiques.
- Mobilisation locale : des habitants et des acteurs du surf s’engagent dans des initiatives de nettoyage et de sensibilisation.
- Enjeu écologique : la dégradation des eaux menace à la fois la biodiversité marine et les activités économiques locales.
Une île au passé paradisiaque, aujourd’hui menacée
Du sommet de l’île de Ngor, l’un des rares spots de surf de la région dakaroise, la vue sur l’océan Atlantique reste spectaculaire. Pourtant, cette beauté naturelle est aujourd’hui entachée par une réalité moins reluisante. « Avant, on venait ici de partout pour surfer, se baigner ou pique-niquer », explique Djibril, dont la famille réside sur place depuis des générations. Mais depuis quelques années, les plages se vident et les vagues, autrefois cristallines, charrient des déchets et des eaux troubles. Selon Reporterre, cette situation s’explique par l’absence de système d’assainissement performant dans la capitale sénégalaise, où les eaux usées sont souvent rejetées directement dans la mer sans traitement préalable.
Des rejets urbains et industriels mal contrôlés
L’île de Ngor, bien que séparée du continent par un étroit chenal, n’est pas épargnée par les dysfonctionnements environnementaux de Dakar. Les rapports des autorités locales et des associations écologistes soulignent l’absence de stations d’épuration fonctionnelles dans plusieurs quartiers proches du littoral. « Les eaux de pluie, chargées de polluants urbains, se déversent directement dans l’océan », précise un membre de l’association Océanium, partenaire des initiatives locales. À cela s’ajoutent les rejets des industries installées en périphérie de la ville, dont certains ne respectent pas les normes environnementales en vigueur.
Des surfeurs en première ligne de la défense du littoral
Conscients de l’urgence, les surfeurs de Ngor se sont organisés pour alerter et agir. « On a créé un groupe de surveillance pour repérer les zones les plus polluées et documenter les sources de contamination », indique un membre de Surf Sénégal, une fédération locale. Leurs actions s’articulent autour de trois axes : le nettoyage des plages, la sensibilisation des touristes et des habitants, et le plaidoyer auprès des autorités. « On ne veut pas que Ngor devienne une mémoire », confie Djibril. Notre combat, c’est aussi celui de la préservation d’un écosystème qui fait vivre des centaines de familles.
« La pollution des eaux à Ngor est un problème complexe, mais pas insoluble. Des solutions existent, comme la construction de bassins de rétention ou le renforcement des contrôles sur les rejets industriels. »
— Un expert en environnement interrogé par Reporterre
En attendant, les surfeurs et les associations maintiennent la pression. Leur objectif ? Que l’île de Ngor retrouve, à terme, son statut de paradis balnéaire, tout en servant d’exemple pour d’autres zones côtières du Sénégal confrontées aux mêmes défis.
Selon Reporterre, les rejets urbains non traités (eaux usées, eaux de pluie chargées de polluants) et les émissions industrielles non régulées constituent les principales sources de contamination des eaux autour de l’île de Ngor.