Ce vendredi 19 juin, l’émission Les Experts diffusée sur BFM Business a consacré une partie de son programme à l’impact de l’intelligence artificielle et de la robotique sur l’emploi. Trois invités ont échangé sur les risques de chômage de masse et les transformations structurelles du marché du travail. Marine Protais, journaliste à La Tribune spécialisée dans les sujets IA et robotique, Stéphane Bohbot, fondateur d’Innov8, et Olivier Stasse, directeur de recherche au Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes du CNRS, ont analysé les enjeux de cette révolution technologique.

Ce qu'il faut retenir

  • L’émission Les Experts sur BFM Business a traité des conséquences de l’IA et de la robotique sur l’emploi ce vendredi 19 juin.
  • Trois intervenants : Marine Protais (La Tribune), Stéphane Bohbot (Innov8) et Olivier Stasse (CNRS).
  • Le débat a porté sur les risques de chômage de masse et les transformations du marché du travail.
  • Les robots humanoïdes et leur intégration dans le monde professionnel ont été évoqués.
  • Le rôle des avancées technologiques dans la création ou la destruction d’emplois a été discuté.
  • L’émission est diffusée du lundi au vendredi sur BFM Business et disponible en podcast.

Une émission centrée sur les enjeux de l’automatisation

Selon BFM Business, l’émission Les Experts a mis en lumière, ce vendredi 19 juin, les défis posés par l’automatisation et l’intelligence artificielle dans le monde professionnel. Les invités ont souligné que l’essor des robots et des algorithmes interroge sur leur capacité à remplacer les travailleurs humains. « On assiste à une accélération des avancées technologiques, a rappelé Marine Protais, mais leur impact sur l’emploi reste encore difficile à mesurer avec précision. » Le débat s’est notamment appuyé sur les observations faites lors du salon VivaTech, où les innovations en robotique humanoïde ont été particulièrement mises en avant.

Stéphane Bohbot, dont l’entreprise Innov8 accompagne les startups technologiques, a insisté sur le besoin de repenser la formation professionnelle. « Les métiers évoluent, mais pas assez vite pour absorber les transformations en cours », a-t-il déclaré. Olivier Stasse, du CNRS, a pour sa part rappelé que l’automatisation ne touche pas uniquement les emplois répétitifs, mais s’étend désormais à des secteurs nécessitant des compétences cognitives élevées. « Les robots ne remplacent pas seulement des tâches manuelles, mais aussi des fonctions analytiques », a-t-il précisé.

Les robots vont-ils remplacer les humains ? Le débat des experts

La question centrale de l’émission portait sur la crainte d’un chômage massif lié à l’IA et à l’automatisation. Marine Protais a rappelé que, selon les études récentes, entre 30 % et 50 % des emplois actuels pourraient être automatisés d’ici 2030. « Cela ne signifie pas que ces emplois disparaîtront, mais qu’ils seront profondément transformés », a-t-elle nuancé. Stéphane Bohbot a ajouté que « l’enjeu n’est pas tant la disparition des métiers que leur mutation. Certains postes disparaîtront, mais de nouveaux émergeront, notamment dans la maintenance des systèmes automatisés ou dans la gestion des données. »

Olivier Stasse a pour sa part souligné que « les robots humanoïdes, comme ceux présentés à VivaTech, montrent une capacité à interagir avec les humains, ce qui ouvre des perspectives dans les services, la santé ou l’éducation. » Cependant, il a reconnu que « ces avancées soulèvent des questions éthiques et sociales, notamment sur la répartition des gains de productivité. » Les trois experts ont convenu que les pouvoirs publics et les entreprises devaient anticiper ces changements pour éviter une fracture sociale.

Des solutions pour anticiper la transition ?

Face à ces constats, les intervenants ont évoqué plusieurs pistes pour accompagner la transition. Marine Protais a insisté sur la nécessité de former massivement les travailleurs aux nouvelles technologies. « Les programmes de reconversion professionnelle doivent être accélérés, a-t-elle souligné, et ce dès l’école. » Stéphane Bohbot a proposé de « mettre en place des partenariats entre les startups technologiques et les établissements d’enseignement pour créer des formations adaptées aux besoins des entreprises. »

Olivier Stasse a quant à lui plaidé pour un « revenu universel d’activité », combinant revenu de base et soutien à l’emploi, afin de sécuriser les parcours professionnels. « Il faut repenser notre modèle social pour qu’il soit compatible avec une économie de plus en plus automatisée », a-t-il déclaré. Les trois experts ont enfin appelé à une régulation internationale de l’IA, pour éviter une course effrénée qui pourrait aggraver les inégalités.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient voir se multiplier les discussions entre acteurs publics et privés pour encadrer l’essor de l’IA et de la robotique. Un sommet européen sur l’intelligence artificielle, prévu en septembre 2026, pourrait préciser le cadre réglementaire. D’ici là, les entreprises devraient accélérer leurs plans de transformation digitale, tandis que les pouvoirs publics devront renforcer les dispositifs de formation et de reconversion. Une chose est sûre : le marché du travail d’ici cinq ans ne ressemblera plus à celui d’aujourd’hui, mais son visage exact dépendra des choix faits aujourd’hui.

Une émission à suivre pour comprendre les mutations du travail

L’émission Les Experts sur BFM Business reste l’un des rares espaces télévisés à aborder de front les enjeux technologiques et leurs conséquences socio-économiques. Comme le rappelle BFM Business, « l’objectif n’est pas de dramatiser, mais de comprendre pour agir. » Les prochains épisodes devraient continuer à explorer ces thématiques, avec des invités issus du monde académique, industriel et politique. Pour ceux qui souhaitent approfondir, l’intégralité de l’émission du 19 juin est disponible en podcast sur les plateformes de BFM Business.

Autant dire que la question de l’emploi à l’ère de l’IA ne fait que commencer. Entre opportunités et défis, les experts s’accordent sur un point : les prochaines années seront déterminantes.

Selon les projections évoquées dans l’émission, les secteurs de la logistique, de la comptabilité, du service client automatisé et de la fabrication industrielle figurent parmi les plus exposés. Les métiers nécessitant des interactions humaines complexes, comme la santé ou l’éducation, devraient être moins automatisés à court terme, bien que des outils d’IA y soient déjà intégrés.

Les experts recommandent de mettre en place des programmes de formation continue, de favoriser les mobilités internes et de développer des partenariats avec les écoles et universités. Certaines entreprises commencent aussi à expérimenter des « laboratoires d’innovation sociale » pour tester de nouvelles organisations du travail.