Un juge de la Cour suprême brésilienne a autorisé vendredi la police à interroger l’ex-président Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence, après la saisie d’un pistolet lui appartenant. Selon Le Figaro, cette convocation intervient dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours contre l’ancien chef de l’État, déjà condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État en 2022. L’entretien aura lieu mardi prochain au domicile de Bolsonaro, à Brasília, où il est contraint de résider depuis mars dernier.

Ce qu'il faut retenir

  • Un juge de la Cour suprême brésilienne autorise la police à interroger Jair Bolsonaro mardi prochain à son domicile de Brasília.
  • Cette convocation fait suite à la saisie d’un pistolet Glock de 9 mm enregistré au nom de l’ancien président, intercepté lors d’un contrôle routier de routine lundi.
  • Bolsonaro purge une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État et est assigné à résidence depuis mars pour raison médicale.
  • Sa défense affirme que l’arme était inutilisable, la pièce de percussion ayant été retirée sans son accord pour des raisons médicales.

Une arme interceptée lors d’un contrôle routier

L’incident remonte à lundi dernier, lorsque des policiers ont procédé à un contrôle routier de routine à Brasília. Au cours de cette vérification, ils ont découvert un pistolet Glock de 9 mm avec chargeur, enregistré au nom de Jair Bolsonaro. L’individu porteur de l’arme, qui s’est présenté comme membre de l’équipe de sécurité de l’ancien président, a expliqué qu’il se rendait chez un armurier pour faire réparer le pistolet, selon les informations rapportées par Le Figaro.

La défense de Bolsonaro invoque un problème de sécurité

Les avocats de l’ancien président ont précisé dans un document remis à la Cour suprême que l’arme était en réalité inutilisable. Ils ont affirmé que son équipe de sécurité avait retiré la pièce de percussion à son insu, « afin de la rendre inutilisable, en raison des médicaments pouvant affecter sa cognition », comme l’a indiqué Le Figaro. Bolsonaro aurait ensuite détecté un dysfonctionnement du mécanisme et aurait confié l’arme à un sous-officier de l’armée pour expertise.

Un contexte judiciaire déjà lourd pour Bolsonaro

L’ancien président, qui a dirigé le Brésil de 2019 à 2022, fait face à de multiples procédures judiciaires. En novembre dernier, il avait déjà été brièvement incarcéré pour avoir tenté d’endommager son bracelet électronique avec un fer à souder, un geste interprété par la justice comme une tentative de fuite. Ses avocats avaient alors évoqué une « confusion mentale » provoquée par ses traitements médicaux, une explication qui avait été retenue par les autorités. Depuis mars 2026, Bolsonaro est assigné à résidence dans la capitale brésilienne pour une durée de trois mois, initialement prévue pour lui permettre de se remettre d’une pneumonie.

Les autorités brésiliennes maintiennent la pression judiciaire

La convocation de mardi prochain s’inscrit dans la stratégie des autorités brésiliennes de maintenir une pression constante sur l’ancien président, dont les soutiens politiques restent significatifs malgré ses démêlés judiciaires. Le juge Alexandre de Moraes, qui supervise ces enquêtes, a joué un rôle central dans la lutte contre la corruption et les tentatives de déstabilisation des institutions démocratiques au Brésil. La Cour suprême, où il siège, a été au cœur des procédures visant à démanteler les réseaux liés à Bolsonaro après les événements de janvier 2023, lorsqu’une foule de ses partisans avait envahi les sièges du Congrès, du palais présidentiel et de la Cour suprême à Brasília.

Une arme de plus dans un dossier déjà complexe

L’enquête sur la possession de cette arme s’ajoute à un dossier déjà chargé pour Bolsonaro. Les autorités examinent également son rôle présumé dans l’organisation des manifestations anti-démocratiques de 2022 et 2023, ainsi que les liens présumés entre son entourage et des réseaux de financement illicite. La défense de l’ancien président, quant à elle, continue de plaider pour un traitement médical adapté, évoquant régulièrement l’état de santé fragile de Bolsonaro, âgé de 71 ans.

Et maintenant ?

L’interrogatoire prévu mardi pourrait permettre aux autorités de faire la lumière sur les circonstances de la détention de l’arme et sur les responsabilités éventuelles de l’ancien président ou de son équipe. Une décision de justice pourrait ensuite être rendue dans les semaines à venir, susceptible d’aggraver ou de modifier les conditions de son assignation à résidence. Par ailleurs, d’autres procédures judiciaires sont attendues dans les mois à venir, notamment concernant les événements du 8 janvier 2023, où des partisans de Bolsonaro avaient tenté de renverser les institutions démocratiques. L’évolution de son état de santé, souvent évoquée par ses avocats, pourrait également jouer un rôle dans le calendrier judiciaire.

Cette affaire illustre, une fois encore, les tensions persistantes au Brésil entre les partisans d’une ligne dure et les défenseurs de l’État de droit. Elle soulève également des questions sur l’application des peines pour les responsables politiques condamnés, alors que les prochaines élections présidentielles sont prévues pour 2026.

Jair Bolsonaro a été assigné à résidence en mars 2026 pour une durée de trois mois afin de se remettre d’une pneumonie. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de sa condamnation à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État en 2022.