Le secteur de la beauté se digitalise à grande vitesse. Selon Capital, les géants des cosmétiques et du luxe investissent massivement dans des outils technologiques, notamment l’intelligence artificielle, pour proposer des diagnostics personnalisés et des expériences clients innovantes. Une tendance qui s’est imposée comme l’un des temps forts du salon VivaTech 2026, qui se tient porte de Versailles à Paris jusqu’au 21 juin.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Oréal a présenté le « K-scan », un scanner capillaire utilisant l’IA pour analyser le cuir chevelu et prédire les risques de chute de cheveux, entraîné sur 12 000 images de cheveux.
  • La marque Lancôme, filiale de L’Oréal, lancera prochainement le « cell bioprint », un outil capable de déterminer l’âge biologique de la peau et de recommander des soins adaptés.
  • Sephora, propriété de LVMH, a déployé aux États-Unis une application intégrant ChatGPT pour des conseils personnalisés en temps réel.
  • L’Oréal a investi 1,5 milliard d’euros en 2025 dans la tech et 1,4 milliard en recherche et innovation, tout en s’associant à OpenAI et Nvidia pour accélérer ses innovations.
  • Les acteurs de la tech, comme Samsung, développent des solutions d’analyse cutanée par IA, confirmant l’intérêt croissant pour ce marché hybride entre beauté et santé.

Des outils technologiques pour une beauté sur mesure

Parmi les innovations les plus remarquées lors de ce salon figure le « K-scan », un appareil développé par Kérastase, marque capillaire phare de L’Oréal. Cet outil, présenté sous forme de petit scanner, permet d’analyser en profondeur le cuir chevelu grâce à une intelligence artificielle entraînée sur 12 000 images de cheveux. Son objectif ? Détecter les besoins spécifiques des utilisateurs et anticiper les risques de perte capillaire. « L’IA permet de passer d’une logique de soin à une logique de prédiction », explique un porte-parole de l’entreprise.

À quelques mètres de là, Lancôme, autre filiale du groupe L’Oréal, mise sur le « cell bioprint », un dispositif encore plus ambitieux. Ce système, dont le lancement commercial est prévu pour cet été, se base sur un simple prélèvement cutané pour déterminer l’âge biologique de la peau. Il propose ensuite une routine de soins personnalisée, adaptée aux besoins identifiés. « Aujourd’hui, la personnalisation passe par la définition de l’âge biologique de la peau. Sans IA, cela serait impossible », souligne Eric Briones, auteur de l’ouvrage Luxe renaissance et spécialiste du secteur.

LVMH et Sephora misent sur l’IA conversationnelle

Du côté de LVMH, le géant du luxe intègre désormais l’intelligence artificielle dans l’expérience client. Son enseigne Sephora a récemment lancé aux États-Unis une application basée sur ChatGPT, permettant aux utilisateurs d’échanger avec un agent virtuel capable de répondre à leurs questions avec un haut niveau de personnalisation. « Plus le système nous connaît, plus les réponses deviennent pertinentes », indique Gonzague de Pirey, directeur « data et omnicanal » chez LVMH. « Cette technologie permet aussi d’imaginer des essayages virtuels et des scans de peau, rapprochant la beauté d’une forme de santé cosmétique. »

Franck Le Moal, directeur des systèmes d’information du groupe, ajoute : « On assiste à une digitalisation croissante de la beauté, où l’IA joue un rôle central dans la relation client. » LVMH collabore également avec des start-up technologiques pour développer des outils d’analyse cutanée et des solutions d’essayage virtuel, confirmant sa volonté de placer l’innovation au cœur de sa stratégie.

L’Oréal et ses partenariats stratégiques avec les géants de la tech

Pour concrétiser ses ambitions, L’Oréal a multiplié les partenariats avec des acteurs majeurs de la tech. En 2025, le groupe a investi 1,5 milliard d’euros dans la transformation digitale et 1,4 milliard dans la recherche et l’innovation. Parmi ses collaborations les plus notables figurent celles avec OpenAI, créateur de ChatGPT, et Nvidia, leader des processeurs pour l’IA. « Nous cherchons en permanence à exploiter les avancées scientifiques et technologiques pour renforcer notre avantage concurrentiel », explique Guive Balooch, vice-président « technologie et open innovation » chez L’Oréal. « Ces partenariats touchent tous les maillons de notre chaîne de valeur, des laboratoires aux interactions clients. »

Grâce à sa collaboration avec Nvidia, L’Oréal accélère la découverte de nouvelles molécules pour ses produits, tandis que son alliance avec OpenAI permet d’enrichir son service client. « L’IA transforme notre manière de concevoir les produits, de communiquer avec nos clients et même de prédire leurs besoins », précise Balooch.

Les acteurs de la tech s’intéressent à la beauté

Signe que le secteur attire désormais tous les regards, les entreprises technologiques elles-mêmes se positionnent sur ce marché. À VivaTech 2026, Samsung présente une solution d’analyse de la peau et du cuir chevelu basée sur l’IA, développée par Becon, une start-up issue de son programme d’innovation interne. « Les acteurs de l’IA ont compris que la beauté était un secteur clé pour trouver une rentabilité économique durable », analyse Eric Briones. « C’est un marché en pleine expansion, à mi-chemin entre cosmétique et santé, où la technologie peut apporter une réelle valeur ajoutée. »

Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large où les frontières entre beauté, santé et bien-être s’estompent. Les consommateurs recherchent des solutions toujours plus précises et personnalisées, une demande que les outils technologiques, notamment l’IA, sont en mesure de satisfaire. « La beauté de demain sera predictive, personnalisée et connectée », résume Briones.

Et maintenant ?

Plusieurs innovations présentées à VivaTech 2026 devraient être commercialisées d’ici la fin de l’année, notamment le « cell bioprint » de Lancôme et les outils d’analyse cutanée de Samsung. Du côté de L’Oréal, les partenariats avec OpenAI et Nvidia pourraient déboucher sur de nouveaux services dès 2027, tandis que Sephora envisage d’étendre son application intégrant ChatGPT à l’Europe d’ici 2027. Reste à voir si ces technologies parviendront à convaincre l’ensemble des consommateurs, habitués à des routines de soin plus traditionnelles.

Une chose est sûre : le mariage entre beauté et technologie est appelé à se renforcer. Avec des investissements colossaux et des partenariats stratégiques, les géants du secteur préparent le terrain pour une révolution des usages en magasin comme à domicile.

L’Oréal a présenté deux innovations majeures : le « K-scan », un scanner capillaire utilisant l’IA pour analyser le cuir chevelu et prédire les risques de chute de cheveux, et le « cell bioprint » de Lancôme, qui détermine l’âge biologique de la peau et propose des soins adaptés. Ces outils s’appuient sur des bases de données d’images et des algorithmes d’intelligence artificielle.

Sephora a lancé aux États-Unis une application intégrant ChatGPT, permettant aux utilisateurs d’échanger avec un agent virtuel pour obtenir des conseils personnalisés. L’outil s’améliore au fil des interactions, offrant des recommandations toujours plus pertinentes. La marque prévoit d’étendre cette solution à d’autres marchés, dont l’Europe.