Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, visé par un mandat d’arrêt émis dans un autre dossier, a ordonné l’évacuation d’un hameau palestinien situé à l’est de Jérusalem. Selon Libération, cette décision s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large de colonisation, baptisé « E1 », visant à accélérer la construction de logements israéliens en Cisjordanie occupée.
Ce qu'il faut retenir
- Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances, est visé par un mandat d’arrêt dans une affaire distincte.
- Il a ordonné l’évacuation d’un hameau palestinien situé à l’est de Jérusalem.
- Cette décision s’inscrit dans le cadre du projet de colonisation « E1 », qui prévoit la construction de milliers de logements en Cisjordanie.
- Le projet « E1 » est considéré comme un accélérateur de la colonisation israélienne en territoire palestinien.
- Cette initiative intervient alors que la tension monte entre Israël et la communauté internationale sur la question des colonies.
Un projet de colonisation controversé
Le projet « E1 » consiste en la construction de plus de 12 000 logements en Cisjordanie, une zone occupée par Israël depuis 1967. Selon Libération, cette zone, située entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adoumim, est stratégique pour Israël. Elle permettrait de relier la partie israélienne de Jérusalem à la Cisjordanie, consolidant ainsi la présence israélienne dans ce territoire contesté.
L’évacuation du hameau palestinien de Khan al-Ahmar, situé près de cette zone, est un prélude à la mise en œuvre du projet. Ce village, peuplé d’une centaine de personnes, est menacé depuis des années par des projets de colonisation. Son expulsion avait déjà été évoquée sous plusieurs gouvernements israéliens, mais la décision récente marque une accélération des démarches administratives.
Un contexte politique tendu
Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite israélienne, cumule les fonctions de ministre des Finances et de ministre de la Construction et du Logement. Il a toujours affiché son soutien à l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, une politique condamnée par la plupart des pays et des organisations internationales.
Cette décision intervient alors que Smotrich est visé par un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre d’une enquête pour crimes de guerre. Le ministre israélien a réagi en déclarant, selon Libération : « Ce n’est que le début. Israël continuera à développer ses implantations en Cisjordanie, malgré les pressions internationales. »
Les réactions internationales
La communauté internationale a déjà réagi à cette annonce. L’Union européenne a rappelé que les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international. Le porte-parole du département d’État américain a indiqué que Washington suivait « de près » l’évolution de la situation, sans pour autant menacer de sanctions.
Côté palestinien, le Premier ministre Mohammad Shtayyeh a dénoncé une « escalade dangereuse » qui compromet les chances de paix. « Cette politique d’expansion des colonies est un obstacle majeur à la solution à deux États », a-t-il déclaré à l’AFP.
Cette situation rappelle les tensions récurrentes autour de la colonisation en Cisjordanie, un dossier qui oppose systématiquement Israël à la communauté internationale. Alors que les négociations de paix sont au point mort depuis des années, les projets de colonisation continuent de s’accélérer, alimentant les frustrations palestiniennes et les condamnations étrangères.
Le projet « E1 » est un plan israélien visant à construire plus de 12 000 logements en Cisjordanie, entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adoumim. Ce projet est considéré comme stratégique pour Israël, car il permettrait de relier Jérusalem à la Cisjordanie, consolidant ainsi la présence israélienne dans ce territoire occupé depuis 1967.