La saison 2025-2026 du biathlon français s’est soldée par des résultats décevants pour Justine Braisaz-Bouchet, marquée par des tensions internes et une affaire judiciaire impliquant une autre membre de l’équipe. Dans un entretien accordé au journal L’Équipe, la biathlète de 29 ans, originaire d’Albertville, a détaillé son ressenti sur l’ambiance au sein du groupe féminin de l’équipe de France et son choix de préparer seule la prochaine saison. Ces révélations, rapportées par RMC Sport, mettent en lumière les difficultés rencontrées par la biathlète, tant sur le plan sportif que personnel.

Ce qu'il faut retenir

  • Une saison 2025-2026 marquée par des échecs sportifs : Justine Braisaz-Bouchet n’a pas obtenu de résultats probants en Coupe du monde ni lors des Jeux olympiques, après une victoire en individuel à Nove Mesto en décembre 2025.
  • Un conflit avec la Fédération Française de Ski (FFS) : La biathlète a choisi de préparer seule l’été 2026, en s’appuyant sur ses partenaires proches, en raison d’un « fonctionnement à la maison et en stage » devenu ingérable.
  • L’affaire judiciaire impliquant Julia Simon : Braisaz-Bouchet a exprimé son amertume face à la suspension d’un mois prononcée contre Julia Simon pour fraude à la carte bleue, la jugeant insuffisante.
  • Une ambiance délétère au sein de l’équipe : La biathlète évoque une « lassitude monstrueuse » et un sentiment de solitude, se sentant exclue des décisions sportives.
  • Un retour en équipe prévu pour 2026-2027 : Malgré ces difficultés, Braisaz-Bouchet a confirmé son intention de continuer sa carrière, avec une préparation restructurée.

Une saison 2025-2026 difficile sur tous les plans

Justine Braisaz-Bouchet traverse une période compliquée depuis plusieurs mois. Entre des résultats en demi-teinte en Coupe du monde et une élimination surprenante lors des Jeux olympiques d’hiver 2026, la biathlète n’a pas réussi à confirmer son statut de favorite. Sa victoire en individuel à Nove Mesto, en décembre 2025, n’a pas suffi à rassurer ses entraîneurs, qui l’ont finalement écartée du relais mixte pour les JO. Une décision qui a achevé de la convaincre de revoir sa méthode de travail.

Dans son entretien à L’Équipe, elle explique avoir « l’impression d’avoir été juste témoin, spectatrice d’une déchéance sportive ». Le sentiment de solitude qu’elle décrit est renforcé par ce qu’elle perçoit comme un manque de soutien de la part de sa fédération et de ses coéquipières. « Je me suis vraiment sentie seule », confie-t-elle, évoquant un moral « au fond des chaussettes ». Pour la biathlète, cette saison a été doublement compliquée, entre les difficultés sportives et une affaire extra-sportive pesant sur le groupe.

L’ombre de l’affaire Julia Simon plane sur l’équipe

L’affaire de fraude à la carte bleue, qui a impliqué Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet, a laissé des traces durables au sein du groupe féminin. Braisaz-Bouchet révèle avoir gardé le silence pendant trois ans, convaincue que « la vérité sortirait ». Pourtant, lorsque la justice a rendu sa décision, elle a constaté que « ça ne changeait rien ». Pour elle, la suspension d’un mois infligée à Julia Simon par la Fédération Française de Ski est une sanction insuffisante. « Normalement, il n’y a pas d’acte sans conséquence. Tu ne peux pas agir de manière inconséquente. Pour moi, ce n’est pas possible », déclare-t-elle avec fermeté.

Cette affaire a contribué à créer un climat de tension au sein de l’équipe, où Braisaz-Bouchet a perçu des divisions et une lassitude générale. « Les stages, les regroupements sont durs humainement parlant. Chez les filles, il y a des groupes. Il y a une lassitude monstrueuse dans cette équipe », confie-t-elle. Ces tensions, combinées à ses propres difficultés, ont poussé la biathlète à prendre une décision radicale : préparer la saison 2026-2027 en dehors du cadre traditionnel de l’équipe de France.

Un changement de méthode pour la préparation estivale

Pour Braisaz-Bouchet, la saison écoulée a révélé les limites d’un fonctionnement trop rigide. Elle explique avoir longtemps alterné entre un « mode maison » et un « mode stage », mais ce système lui a demandé une énergie qu’elle ne pouvait plus consacrer. « Ces dernières années, j’avais un fonctionnement à la maison et un fonctionnement en stage. Il a trouvé ses limites, ça me demandait trop d’énergie », précise-t-elle. Désormais, elle a choisi de s’appuyer sur un équilibre de vie où sa famille occupe une place centrale, et où son matériel et ses stages sont entièrement financés par ses propres moyens.

La Fédération Française de Ski a confirmé ce choix dans un communiqué publié le 10 juin 2026, indiquant que la biathlète avait « fait le choix d’organiser sa préparation autour d’un équilibre de vie dans lequel sa famille occupe une place essentielle ». Une décision qui marque une rupture avec les méthodes traditionnelles du groupe, mais que Braisaz-Bouchet assume pleinement. « C’est un choix. Je m’appuie sur mes partenaires, qui sont au courant de la situation », ajoute-t-elle. Cette nouvelle approche pourrait-elle lui permettre de retrouver confiance et performance ?

Un avenir encore incertain, mais une détermination intacte

Malgré les épreuves traversées, Justine Braisaz-Bouchet n’envisage pas de mettre un terme à sa carrière. À 29 ans, elle compte bien poursuivre l’aventure du biathlon, avec une préparation repensée et une autonomie accrue. « Je compte rempiler pour une nouvelle saison », annonce-t-elle. Son objectif ? Retrouver un niveau de performance qui lui permettrait de retrouver la confiance de ses entraîneurs et, peut-être, de briller à nouveau en compétition.

Cependant, les questions restent nombreuses. Parviendra-t-elle à reconstituer une dynamique positive au sein de l’équipe de France ? Son absence lors des regroupements officiels pourrait-elle être perçue comme un acte de défiance ? Et surtout, comment la Fédération va-t-elle réagir à cette prise d’autonomie, alors que le biathlon français cherche à se reconstruire après une saison difficile ? Autant de défis qui attendent la biathlète à l’aube de la saison 2026-2027.

Et maintenant ?

La préparation estivale de Justine Braisaz-Bouchet sera scrutée de près par la Fédération Française de Ski, qui devra décider si elle accepte cette nouvelle méthode ou si elle maintient une pression sur la biathlète pour qu’elle réintègre le groupe. Ses prochaines performances en compétition, prévues à partir de décembre 2026, pourraient aussi influencer la suite de sa carrière. Une chose est sûre : son retour en équipe ne sera pas une évidence, et sa capacité à retrouver un niveau compétitif déterminera la suite de son parcours.

Pour l’équipe de France féminine, cette situation interroge sur la gestion des conflits internes et la manière dont les athlètes en difficulté sont accompagnés. La saison 2026-2027 s’annonce donc comme un nouveau chapitre, où les choix de Braisaz-Bouchet pourraient redéfinir les équilibres au sein du biathlon français.

Julia Simon a été suspendue un mois par la Fédération Française de Ski pour fraude à la carte bleue, une sanction jugée insuffisante par Justine Braisaz-Bouchet, qui a estimé qu’« il n’y a pas d’acte sans conséquence ».

La biathlète a expliqué que le système traditionnel de préparation, alternant entre stages et vie à domicile, lui demandait trop d’énergie et n’était plus viable. Elle a donc choisi de s’organiser seule, en mettant sa famille au centre de son équilibre de vie.