Les boulangers sénégalais pourraient cesser leur activité si l’État ne revalorise pas le prix de la baguette, fixé actuellement à 150 francs CFA (soit 0,22 euro). Selon RFI, la profession exige que ce tarif soit porté à 200 francs CFA (0,30 euro) pour faire face à la hausse des coûts de production. Sans cette augmentation, les artisans menacent de déposer les clés de leurs boulangeries.

Ce qu'il faut retenir

  • Le prix actuel de la baguette au Sénégal est fixé par l’État à 150 francs CFA depuis 2024.
  • Les boulangers demandent une revalorisation à 200 francs CFA pour couvrir leurs coûts de production.
  • Sans hausse, les professionnels menacent de cesser leur activité.
  • Cette situation reflète la pression inflationniste sur les matières premières.

Le prix de la baguette, élément central du quotidien alimentaire au Sénégal, est encadré par les autorités depuis plusieurs années. Instauré en 2024 à 150 francs CFA, ce tarif n’a pas été révisé depuis, alors que les coûts des intrants — farine, électricité, carburant — ont fortement augmenté. D’après les représentants du secteur, cette stagnation met en péril la viabilité économique de nombreux artisans boulangers.

« Le prix actuel n’est plus viable, a déclaré un porte-parole de la Fédération nationale des boulangers. Avec les charges qui explosent, nous ne pouvons plus absorber ces pertes. » L’organisation rappelle que la farine, importée en grande partie, voit son prix fluctuer en fonction des cours internationaux. « Si rien n’est fait, des centaines de boulangeries pourraient fermer d’ici quelques semaines », a-t-il ajouté.

Un encadrement des prix contesté par les professionnels

Le système de prix administré, en vigueur au Sénégal, vise à rendre le pain accessible à une large partie de la population. Pourtant, il est de plus en plus critiqué par les artisans, qui estiment que le tarif fixé ne reflète plus la réalité des coûts de production. RFI souligne que cette situation n’est pas isolée : plusieurs pays africains connaissent des tensions similaires entre État, consommateurs et professionnels du secteur agroalimentaire.

« Les boulangers ne demandent pas une hausse exorbitante, précise un artisan basé à Dakar. Nous voulons simplement un prix qui nous permette de continuer à travailler sans perdre d’argent. » Selon lui, l’augmentation proposée — 50 francs CFA — serait insuffisante, mais représente déjà un premier pas vers une solution. « Certains pourraient tenter de contourner l’encadrement en augmentant discrètement le prix, mais cela risquerait d’alimenter les tensions avec les clients », ajoute-t-il.

Les conséquences d’un arrêt de la production

Une grève prolongée des boulangers aurait des répercussions immédiates sur l’approvisionnement en pain dans tout le pays. Le pain, souvent considéré comme un produit de base, est consommé quotidiennement par des millions de Sénégalais. Les autorités, déjà confrontées à des défis socio-économiques, devraient donc trouver une issue rapide pour éviter une crise d’approvisionnement.

D’après des sources proches du ministère du Commerce, une réunion est prévue « dans les prochains jours » pour discuter de la situation. « Nous étudions toutes les options, y compris une subvention ciblée ou une révision partielle des tarifs », a indiqué un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat. Pour l’instant, aucune décision n’a été officiellement annoncée.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront déterminantes pour savoir si les autorités cèdent à la demande des boulangers. Une réponse négative pourrait entraîner un mouvement de grève dès la fin de la semaine prochaine, alors que la demande en pain reste particulièrement forte avant le week-end. Les consommateurs, eux, pourraient se tourner vers des alternatives, comme le pain local ou les importations informelles, si les boulangeries traditionnelles venaient à fermer.

Pour l’instant, les autorités appellent au dialogue, tout en rappelant leur volonté de maintenir des prix accessibles. Reste à savoir si un compromis sera trouvé à temps pour éviter une paralysie du secteur.

Le prix de la baguette est encadré par les autorités pour garantir son accessibilité à la population, conformément à une politique de contrôle des prix sur les produits de première nécessité.

Les consommateurs pourraient se tourner vers des pains locaux moins chers, ou des importations informelles, bien que leur qualité et leur disponibilité ne soient pas garanties.