Trois collégiens âgés de 14 à 16 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire ou en centre éducatif fermé pour avoir enlevé et roué de coups un adolescent de 15 ans à Mulhouse. Selon Le Figaro, une enquête a été ouverte pour extorsion avec arme et violences aggravées.

L’affaire s’est déroulée lundi 12 mai 2026, pendant la pause méridienne. La victime, un collégien de 15 ans, a affirmé avoir été forcé de monter sur un scooter avant d’être conduit dans un sous-sol où il a été passé à tabac par quatre jeunes. Parmi les agresseurs, l’un d’eux a utilisé un taser pour le menacer et lui arracher son téléphone. Le scooter a également roulé sur son pied, selon son témoignage. Ces violences ont été filmées par l’un des participants.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois mineurs, âgés de 14 à 16 ans, ont été mis en examen pour enlèvement, extorsion avec arme et violences aggravées à Mulhouse.
  • La victime, un collégien de 15 ans, a été forcée de monter sur un scooter puis conduite dans un sous-sol où elle a été tabassée.
  • Les agresseurs l’ont menacée avec un taser, lui ont volé son téléphone et filmé les violences.
  • Les enquêteurs ont confirmé la présence de quatre personnes grâce à la vidéosurveillance d’un bailleur social.
  • Deux des suspects, âgés de 16 ans, sont en détention provisoire, tandis que le troisième, 14 ans, a été placé en centre éducatif fermé hors du Haut-Rhin.

Une enquête ouverte pour violences aggravées et extorsion avec arme

Le parquet de Mulhouse a précisé, dans un communiqué diffusé jeudi 14 mai 2026, que l’enquête portait sur deux chefs d’accusation principaux : l’extorsion avec arme, une infraction de nature criminelle, et les violences aggravées. Le procureur Nicolas Heitz a indiqué que les faits remontaient à la veille, lors de la pause de midi.

Les violences, filmées par l’un des participants, ont été confirmées par la vidéosurveillance d’un bailleur social, qui a permis d’attester de la présence de quatre personnes sur les lieux. Les images ont également corroboré le récit de la victime, notamment la violence des coups portés et l’usage du taser.

Les motivations invoquées par les suspects : un « mauvais regard » et des insultes

Lors de leur garde à vue, trois des quatre suspects interpellés ont évoqué des motivations personnelles pour justifier leur acte. Deux d’entre eux ont affirmé que la victime avait lancé un « mauvais regard » envers la petite amie de l’un d’eux et proféré des insultes à l’encontre de sa mère. La victime a cependant nié ces accusations. Le quatrième suspect, toujours en fuite, n’a pas encore été interrogé.

Les trois mineurs mis en examen ont refusé de communiquer les codes de déverrouillage de leurs téléphones, compliquant les investigations. Les enquêteurs tentent désormais de récupérer les données via d’autres moyens techniques.

Des peines différenciées selon l’âge et la gravité des faits

Les deux suspects âgés de 16 ans ont été placés en détention provisoire, une mesure exceptionnelle pour des mineurs, mais justifiée par la gravité des faits et le risque de récidive. Le troisième mineur, âgé de 14 ans, a été orienté vers un centre éducatif fermé situé en dehors du Haut-Rhin. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la prise en charge des mineurs délinquants, où la détention est réservée aux cas les plus graves.

Le quatrième participant, toujours recherché, fait l’objet d’un mandat de recherche. Les autorités n’ont pas communiqué sur les moyens mis en œuvre pour le localiser, mais son interpellation est une priorité pour les enquêteurs.

Et maintenant ?

Les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller le dernier suspect, tandis que les trois mineurs mis en examen devraient être présentés devant le juge des enfants dans les prochaines semaines. La procédure pourrait ensuite évoluer vers un jugement en tribunal pour enfants, avec des sanctions adaptées à leur âge et à la gravité des faits. Une décision qui pourrait servir de référence pour les affaires similaires impliquant des mineurs.

Cette affaire rappelle les tensions récurrentes dans certains quartiers, où les conflits interpersonnels peuvent dégénérer rapidement. Elle intervient dans un contexte où les violences entre jeunes, souvent filmées et relayées sur les réseaux sociaux, suscitent une vigilance accrue des autorités judiciaires et éducatives.

Le procureur a justifié cette mesure exceptionnelle par la gravité des faits reprochés — violences aggravées et extorsion avec arme — ainsi que par le risque de récidive et de pression sur la victime. La détention provisoire est rare pour des mineurs, mais elle est envisageable dans les cas les plus graves, comme le prévoit l’article 11 de l’ordonnance du 2 février 1945.