Selon BFM Bourse, l’indice parisien CAC 40 a enregistré une hausse modérée de 0,87 % jeudi 23 avril, s’établissant à 8 227 points. Cette progression s’est appuyée sur les performances marquées de L’Oréal (+8,97 %) et de STMicroelectronics (+14,44 %), dans un marché marqué par une prudence persistante liée à la situation au Moyen-Orient.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 a progressé de 0,87 % à 8 227 points grâce à L’Oréal et STMicroelectronics, malgré un contexte géopolitique instable.
  • L’Iran a saisi deux navires dans le détroit d’Ormuz mercredi 22 avril, malgré un cessez-le-feu en vigueur.
  • Le baril de Brent évolue toujours au-dessus des 100 dollars, alimentant les craintes d’une perturbation prolongée de l’approvisionnement énergétique.
  • L’Allemagne, première économie de la zone euro, voit son activité se contracter en avril, avec un PMI Composite à 48,3 points.
  • Le CAC 40 bute sur le gap baissier du 2 mars, un seuil technique qui pourrait orienter les prochaines évolutions de l’indice.
  • Les marchés actions américains ont clôturé en baisse, avec le S&P 500 reculant de 0,41 % à 7 108 points.

Une séance portée par quelques valeurs phares, mais sous haute tension géopolitique

L’Oréal, deuxième capitalisation du CAC 40, a affiché une progression de 8,97 %, rassurant les investisseurs après un début d’année dynamique, notamment grâce à ses produits dédiés aux salons de coiffure. STMicroelectronics a enregistré la plus forte hausse du jour avec un bond de 14,44 %, porté par des résultats et des prévisions trimestrielles supérieures aux attentes des analystes.

Safran a également contribué à la dynamique positive en gagnant 2,4 %, après avoir affiché une hausse de 18,8 % de son chiffre d’affaires ajusté au premier trimestre. Orange a progressé de 3,3 %, ses résultats trimestriels étant qualifiés de « robustes » par Citi. Cependant, ces performances individuelles n’ont pas suffi à effacer les craintes liées à l’instabilité régionale.

Moyen-Orient : une escalade qui pèse sur les marchés et l’économie mondiale

Mercredi 22 avril, l’Iran a annoncé la saisie de deux navires dans le détroit d’Ormuz, malgré la présence d’un cessez-le-feu. « Ces annonces semblent indiquer une escalade », a souligné Deutsche Bank dans une note, ajoutant que « le Washington Post a rapporté que le Pentagone avait informé le Congrès qu’il faudrait peut-être six mois pour déminer le détroit d’Ormuz, renforçant les craintes d’une perturbation prolongée de l’approvisionnement énergétique ».

Le baril de Brent s’échangeait toujours au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars, alimentant les pressions inflationnistes et les incertitudes sur la croissance mondiale. Dans ce contexte, Donald Trump a annoncé jeudi 23 avril une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban. « Il n’y aura d’accord que lorsque ce sera pertinent et bon pour les États-Unis, nos alliés et, en réalité, le reste du monde », a-t-il écrit sur Truth Social, précisant disposer de « tout le temps du monde » concernant la guerre au Moyen-Orient.

L’Europe sous le feu des indicateurs macroéconomiques

La zone euro reste sous le coup des répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Selon Alexandre Baradez, analyste chez IG France, « la reprise de l’économie allemande a été brutalement stoppée par le conflit. Une période de croissance de dix mois s’est interrompue en avril, l’activité s’étant contractée dans un contexte de forte incertitude et de hausse des prix ». L’enquête PMI Composite pour l’Allemagne s’est établie à 48,3 points en avril (contre 51,9 en mars), un niveau inférieur au seuil de 50 points qui signale une contraction de l’activité.

Chris Williamson, chief business economist chez S&P Global Market Intelligence, a résumé la situation : « La guerre au Moyen-Orient aggrave les difficultés économiques de la zone euro, plaçant les décideurs politiques dans une situation particulièrement délicate. Le conflit a entraîné une contraction de l’économie en avril, ainsi qu’une forte accélération de l’inflation. Par ailleurs, la généralisation des pénuries d’approvisionnement menace de freiner davantage la croissance et d’accentuer les pressions haussières sur les prix dans les semaines à venir. »

Les marchés actions divisés : le CAC 40 résiste, les indices américains reculent

Côté performances, le CAC 40 a limité la casse grâce à ses valeurs technologiques et industrielles. Cependant, les principaux indices américains ont clôturé en baisse : le Dow Jones a reculé de 0,36 %, le Nasdaq Composite de 0,89 %, et le S&P 500, baromètre de l’appétit pour le risque, a perdu 0,41 % à 7 108 points. Cette divergence reflète les tensions persistantes sur les marchés, entre une Europe fragilisée par la crise énergétique et des États-Unis dont les indicateurs, comme les ventes au détail, restent dynamiques.

Sur le marché des changes, l’euro s’échangeait autour de 1,1700 dollar ce vendredi matin. Le baril de WTI, autre indicateur clé de l’appétit pour le risque, s’affichait à 93,50 dollars. Les Treasuries à 10 ans affichaient un rendement légèrement supérieur à 4,24 %, tandis que l’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes (spread France-Allemagne) s’établissait à 71,1 points de base.

Le CAC 40 face à un obstacle technique majeur

Sur le plan graphique, le CAC 40, qui avait progressé de 1,97 % vendredi 20 avril, est venu buter contre le gap baissier du 2 mars, une zone de résistance technique liée à l’escalade des tensions au moment de l’entrée en guerre de Washington contre Téhéran. Selon les analystes de BFM Bourse, « une nouvelle couche d’incertitude vient se greffer » à ce niveau, rendant les évolutions à court terme difficiles à anticiper. Les mouvements de l’indice pourraient s’inscrire dans l’amplitude du corps de la bougie du 20 avril, comprise entre 8 265 et 8 425 points.

Les prévisions des analystes restent prudentes. Leur opinion sur le CAC 40 à court terme est « neutre », un franchissement des 8 362 points pouvant relancer la pression à l’achat, tandis qu’une rupture des 7 940 points pourrait raviver les craintes de vente.

Et maintenant ?

Les prochaines séances pourraient être marquées par une volatilité accrue, notamment en fonction de l’évolution des tensions au Moyen-Orient et des indicateurs macroéconomiques en zone euro. Les investisseurs surveilleront de près l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne, attendu vendredi 24 avril à 10h00, ainsi que les données révisées de l’indice de confiance du consommateur américain (U-Mich) à 16h00. Dans l’immédiat, la résistance technique du gap du 2 mars restera un point de focalisation pour le CAC 40.

En conclusion, le CAC 40 évolue dans un environnement où les fondamentaux économiques et géopolitiques s’entremêlent, rendant toute anticipation difficile. Les prochains jours seront déterminants pour évaluer si l’indice parviendra à franchir ses seuils techniques ou s’il restera prisonnier d’une tendance latérale.

Le gap du 2 mars correspond à une zone où l’indice a chuté brutalement en réaction à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, notamment l’entrée en guerre de Washington contre Téhéran. Ce niveau, non comblé depuis, agit comme une résistance psychologique et technique, limitant les hausses de l’indice tant qu’il n’est pas franchi à la hausse.