Le CAC 40 a enregistré une hausse de 0,39 % vendredi 4 juillet 2026, consolidant ainsi les gains de la veille dans un contexte marqué par l’absence de repères en provenance de Wall Street, marché resté fermé à la veille de la fête nationale américaine tombant un samedi. Selon BFM Bourse, cette progression s’inscrit dans la foulée de la publication d’un rapport sur l’emploi aux États-Unis, dont les résultats ont atténué les craintes d’un relèvement des taux par la Réserve fédérale à la fin du mois.
Les probabilités d’une hausse des taux ont ainsi chuté de 34 % à 18 % en quelques heures seulement, offrant un répit aux marchés actions. Cette modération des anticipations a permis au CAC 40 de combler presque intégralement un gap baissier formé le 2 mars 2026, au début de la crise au Moyen-Orient. La borne haute de ce fossé technique, située à 8 553 points, reste désormais en ligne de mire pour les investisseurs.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 a progressé de 0,39 % vendredi 4 juillet, confirmant les tendances de la veille dans un marché privé de repères américains.
- Le rapport sur l’emploi américain a réduit les probabilités d’une hausse des taux fédéraux de 34 % à 18 % en une journée.
- Le taux de chômage est passé de 4,3 % à 4,2 %, tandis que les créations d’emplois dans le secteur privé ont déçu, à 57 000 postes contre 114 000 attendus.
- Le luxe a consolidé ses gains de la veille, tandis que des valeurs comme Pluxee (+7,8 %) et Genfit (+22,3 %) ont connu des mouvements marquants.
- Le CAC 40 a presque entièrement comblé un gap baissier de 8 553 points, laissant entrevoir un possible franchissement de résistance à 8 645 points.
- Les investisseurs surveilleront ce lundi l’indice Sentix de confiance des investisseurs en zone euro et l’ISM services américain.
Un rapport sur l’emploi américain qui rebat les cartes
Le rapport publié vendredi par le département du Travail américain a révélé des données contrastées. Si le taux de chômage est tombé à 4,2 % contre 4,3 % le mois précédent, les créations d’emplois dans le secteur privé ont déçu, avec seulement 57 000 postes créés, soit deux fois moins que les 114 000 attendus par les économistes. Par ailleurs, le chiffre de mai a fait l’objet d’une révision à la baisse de 25 %, compliquant encore l’interprétation de ces données.
« Alors que les investisseurs pensaient enfin avoir une lecture claire du marché du travail, le rapport sur l’emploi de juin est venu rebattre les cartes », analyse Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour eToro. « Les créations d’emplois ont nettement déçu les attentes, tandis que le chiffre du mois précédent a fait l’objet d’une importante révision à la baisse. Fait intéressant, le taux de chômage a malgré tout reculé de 4,3 % à 4,2 %, ajoutant une nouvelle nuance à un rapport déjà difficile à interpréter. »
Des actifs risqués soutenus par un possible assouplissement de la Fed
Si un rapport sur l’emploi moins solide que prévu n’est pas une bonne nouvelle pour l’économie réelle, il pourrait en revanche soulager les marchés financiers. En réduisant la pression sur la Réserve fédérale pour qu’elle maintienne une politique monétaire restrictive, ce rapport pourrait recentrer le débat sur le double mandat de la Fed : assurer la stabilité des prix tout en favorisant le plein emploi. « Ces derniers mois, la Fed a multiplié les déclarations fermes sur l’inflation, et un marché du travail plus robuste n’aurait fait que conforter cette posture », souligne Bret Kenwell. « Le rapport publié aujourd’hui ne signale pas une véritable détérioration du marché du travail, mais il contribue à calmer quelque peu ce récit. »
Cette détente des anticipations de hausse des taux a particulièrement bénéficié aux valeurs de croissance, comme le luxe, dont les cours avaient fortement progressé la veille. LVMH a ainsi limité ses pertes à -0,45 %, tandis que Hermès reculait de -0,4 %. À l’inverse, Kering a abandonné -1,6 %, pénalisé par un mouvement de prise de bénéfices après sa forte hausse précédente.
Des mouvements contrastés au sein du CAC 40 et des valeurs connexes
Hors indice phare, plusieurs valeurs ont connu des variations marquantes. Pluxee, spécialiste des solutions de paiement et avantages sociaux, a bondi de 7,8 % après avoir publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes pour l’exercice 2025-2026. À l’inverse, Catana, constructeur de catamarans, a chuté de -7,6 % après qu’un incendie a détruit deux bâtiments de production. Enfin, Genfit a enregistré une hausse spectaculaire de +22,3 % grâce à l’annonce du remboursement par les États-Unis de son test sanguin destiné à détecter la maladie du foie gras.
Côté secteurs, les valeurs technologiques et le luxe, sensibles aux variations des taux d’intérêt, ont dans l’ensemble bien résisté. Cependant, la prudence reste de mise, comme en témoigne le niveau du VIX, l’indice de la volatilité implicite du S&P 500, qui s’élevait à 15,80 à la clôture de vendredi.
Les autres classes d’actifs à l’heure des marchés ouverts
Sur le marché des changes, l’euro s’échangeait ce matin autour de 1,1425 dollar, tandis que le baril de WTI se traitait à 69,12 dollars, reflétant un appétit modéré pour le risque. Les obligations souveraines américaines à dix ans affichaient un rendement de 4,47 %, en légère hausse, tandis que le prix de l’or, autre actif refuge, évoluait de manière stable.
Ces indicateurs confirment une tendance globale à la consolidation des marchés actions, dans l’attente de nouvelles orientations de la part des banques centrales. Le contexte macroéconomique reste marqué par une inflation persistante, mais les récents signaux en provenance du marché du travail pourraient inciter la Fed à adopter une posture plus accommodante.
Par ailleurs, la publication des résultats d’entreprises au troisième trimestre 2026-2026, comme ceux de Pluxee, pourrait offrir des opportunités sectorielles, tandis que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continueront de peser sur les anticipations des investisseurs.
Dans ce contexte, la volatilité pourrait rester élevée, mais les perspectives d’un assouplissement monétaire futur pourraient soutenir les valorisations des actifs risqués à moyen terme.
Le rapport sur l’emploi américain est considéré comme un indicateur avancé de la santé économique mondiale. Une faiblesse inattendue peut inciter la Fed à adopter une politique plus accommodante, ce qui soutient généralement les marchés actions, y compris en Europe. À l’inverse, une surprise haussière pourrait renforcer les craintes d’un durcissement monétaire, pesant sur les valorisations des actifs risqués.
Un gap baissier correspond à un espace sans cotation entre deux séances de bourse, où le cours d’ouverture est inférieur au cours de clôture précédent. Ces écarts sont souvent interprétés comme des zones de résistance ou de support. Pour le CAC 40, le gap formé le 2 mars 2026 à 8 553 points agit comme un aimant pour les cours, qui tendent à combler progressivement l’écart. Son franchissement pourrait relancer la dynamique haussière.