Présent dans de nombreux aliments du quotidien, le cadmium, un métal lourd toxique, s’accumule dans l’organisme avec des risques avérés pour la santé. Selon Franceinfo - Santé, ce contaminant, encore méconnu du grand public, peut provoquer à long terme des insuffisances rénales, une fragilité osseuse, voire des troubles de la reproduction ou des cancers.

Côté alimentation, les pommes de terre, les céréales et le pain figurent parmi les principales sources de cadmium en France. Les engrais, notamment ceux importés du Maroc, contribuent largement à cette pollution des sols. Résultat : près d’un adulte sur deux présente aujourd’hui un taux de cadmium supérieur aux seuils recommandés par les autorités sanitaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de 50 % des adultes en France présentent un taux de cadmium trop élevé dans l’organisme.
  • Le cadmium provient principalement des pommes de terre, du pain, des céréales et du cacao, mais aussi des engrais utilisés en agriculture.
  • Une exposition prolongée peut entraîner des maladies rénales, une fragilité osseuse, des risques pour la reproduction et des cancers.
  • Les légumes comme les aubergines, courgettes, concombres et tomates contiennent peu de cadmium.
  • Les légumineuses (lentilles, pois chiches) sont des alternatives pauvres en cadmium et riches en protéines.

Un métal toxique omniprésent dans l’alimentation

Invisible et inodore, le cadmium s’infiltre dans notre alimentation via les sols contaminés. Selon le reportage de France 2, réalisé avec l’agence 6Medias, ce métal lourd est naturellement présent dans certains sols français, mais son taux a fortement augmenté avec l’usage massif d’engrais phosphatés, majoritairement importés du Maroc.

Les produits de base comme les pommes de terre, le pain ou les céréales concentrent une partie importante de cette contamination. Un consommateur lambda ingère en moyenne entre 10 et 30 microgrammes de cadmium par jour, un seuil qui, s’il est dépassé sur le long terme, peut avoir des conséquences graves sur la santé. « J’ai compris que c’était toxique, mais je ne sais pas dans quoi ça se trouve ni quels sont les effets », confie un Français interrogé dans le reportage. D’autres, comme cette consommatrice, assument leur consommation malgré tout : « J’adore le chocolat, et je sais qu’il y en a. Donc tant pis, j’en mange. »

Des conséquences sanitaires bien documentées

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe le cadmium parmi les dix produits chimiques les plus préoccupants pour la santé publique. En cas d’exposition prolongée, ce métal peut s’accumuler dans les reins, où il endommage les tissus, réduisant leur capacité à filtrer le sang. À terme, cela peut mener à une insuffisance rénale chronique.

Le cadmium agit également sur les os, favorisant leur fragilité et augmentant le risque d’ostéoporose. Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables : une exposition excessive peut perturber le développement du fœtus et entraîner des malformations. Enfin, des études épidémiologiques suggèrent un lien entre une forte exposition au cadmium et certains cancers (poumon, prostate, sein), bien que les mécanismes restent encore à préciser.

Quels aliments privilégier pour réduire son exposition ?

Face à ce constat, les experts recommandent avant tout de diversifier son alimentation. « On a des légumes qui sont très pauvres en cadmium, comme les aubergines, la courgette, le concombre ou les tomates. Donc ce que l’on dit en tant que médecins, c’est de diversifier au maximum », explique le docteur Louis-Adrien Delarue, médecin généraliste cité par Franceinfo - Santé.

Les légumineuses, telles que les lentilles ou les pois chiches, constituent une alternative intéressante : elles sont naturellement pauvres en cadmium tout en étant riches en protéines végétales. Les fruits à coque (noix, amandes) et certains fruits de mer, comme les moules ou les huîtres, doivent en revanche être consommés avec modération, car ils peuvent contenir des niveaux élevés de cadmium.

Autre piste : privilégier les aliments issus de l’agriculture biologique, où l’usage d’engrais chimiques est limité. Enfin, les autorités sanitaires conseillent de bien laver et éplucher les légumes et fruits, car une partie du cadmium se concentre dans la peau.

Et maintenant ?

Les pouvoirs publics pourraient renforcer les contrôles sur les teneurs en cadmium dans les aliments, notamment les produits importés. Une révision des seuils maximaux autorisés dans l’Union européenne est d’ailleurs attendue d’ici 2027, selon des sources européennes. En attendant, les consommateurs peuvent limiter leur exposition en adaptant leur régime alimentaire et en diversifiant leurs sources de protéines et de vitamines.

Reste à voir si les industriels de l’agroalimentaire prendront des mesures pour réduire l’usage d’engrais riches en cadmium dans les cultures. Pour l’heure, les associations de consommateurs appellent à une meilleure information du public sur les risques liés à ce métal lourd.

En France, la limite maximale pour le cadmium dans les denrées alimentaires est fixée à 0,1 mg/kg pour les produits céréaliers et à 0,05 mg/kg pour les légumes-feuilles, selon les réglementations européennes. Pour les produits destinés aux nourrissons, le seuil est encore plus strict : 0,005 mg/kg.