Une proposition de loi visant à réduire l’exposition des Français au cadmium pourrait être examinée à l’Assemblée nationale dès le mois de juin. Huit pétitions, relayées par les députés Benoît Biteau (Les Écologistes, Charente-Maritime) et Clémentine Autain (L’Après, Seine-Saint-Denis), appellent à un encadrement strict des contaminations alimentaires par ce métal lourd. Selon Reporterre, la décision concernant l’inscription à l’ordre du jour de ce texte, déposé le 23 décembre 2025, sera prise mardi 12 mai par les chefs de groupe de l’Assemblée.

Ce qu'il faut retenir

  • Huit pétitions ont été déposées pour alerter sur l’exposition des Français au cadmium, un métal lourd présent dans l’alimentation.
  • Une proposition de loi, déposée le 23 décembre 2025 par Benoît Biteau et Clémentine Autain, propose de limiter les risques de contamination.
  • Les chefs de groupe de l’Assemblée nationale doivent trancher le 12 mai sur l’examen du texte en juin.
  • Le cadmium, classé cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), est présent dans certains engrais et produits alimentaires.

Un métal lourd sous surveillance

Le cadmium est un polluant environnemental reconnu pour sa toxicité, même à faible dose. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une exposition prolongée peut entraîner des troubles rénaux, des lésions osseuses et des risques accrus de cancers. En France, sa présence dans les sols agricoles, notamment en raison de l’utilisation d’engrais phosphatés, suscite des inquiétudes croissantes. « Les Français sont exposés quotidiennement à ce métal lourd via leur alimentation, sans toujours le savoir », a souligné Benoît Biteau dans un communiqué.

Les contours de la proposition de loi

Le texte porté par les deux députés propose plusieurs mesures pour réduire les risques. Il prévoit notamment un renforcement des contrôles sanitaires sur les denrées alimentaires, une meilleure traçabilité des produits contaminés et une obligation pour les industriels de limiter les rejets de cadmium dans l’environnement. Clémentine Autain a précisé que « ce projet s’inscrit dans une logique de prévention, afin d’éviter que des décennies de pollution ne se transforment en crise sanitaire ».

Pour appuyer leur démarche, les signataires des pétitions mettent en avant des études récentes montrant des taux de cadmium élevés dans certains légumes (épinards, carottes) et céréales. Selon Reporterre, des régions comme la Bretagne ou les Hauts-de-France, où les sols sont particulièrement pollués, seraient particulièrement concernées.

Une mobilisation citoyenne et politique

Les huit pétitions, lancées par des associations écologistes et des collectifs de consommateurs, ont recueilli plus de 50 000 signatures en quelques semaines. Leur objectif : exercer une pression suffisante pour que le gouvernement et les parlementaires s’emparent du dossier. « Les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer ce problème », a déclaré un porte-parole de l’association Générations Futures, l’une des organisations à l’origine des pétitions. « Des solutions existent, il faut maintenant les appliquer ».

Côté politique, le groupe Écologiste à l’Assemblée nationale a déjà marqué son soutien au texte. Cependant, son adoption reste incertaine, certains partis y voyant une mesure coûteuse pour les agriculteurs. « Nous sommes prêts à négocier, mais pas à renoncer à notre santé », a réagi Clémentine Autain lors d’un point presse.

Et maintenant ?

Si les chefs de groupe valident l’inscription du texte à l’ordre du jour, son examen pourrait débuter dès la première semaine de juin. Les prochaines étapes incluront des auditions d’experts et des débats en commission, avant un vote en séance plénière. Un calendrier serré, puisque les députés doivent aussi traiter d’autres textes prioritaires avant la fin de la session parlementaire. Reste à voir si l’urgence sanitaire l’emportera sur les considérations économiques.

En attendant, les pétitionnaires appellent à une mobilisation accrue, notamment via les réseaux sociaux, pour maintenir la pression sur les décideurs. « Chaque signature compte », rappelle un militant associatif. « Le cadmium ne devrait pas faire partie de notre assiette ».

Le cadmium provient principalement des engrais phosphatés utilisés en agriculture, des rejets industriels et de la pollution des sols. Il se retrouve ensuite dans les légumes-feuilles, les céréales et certaines eaux potables.

Le texte prévoit un renforcement des contrôles sanitaires sur les denrées alimentaires, une meilleure traçabilité des produits contaminés et des obligations pour les industriels afin de réduire les rejets de cadmium dans l’environnement.