Le ministre camerounais du Travail et de la Sécurité sociale, Issa Tchiroma Bakary, s’est rendu sur place à Douala début mai pour tenter d’apaiser les tensions après la diffusion d’une vidéo montrant un homme violemment battu à coups de fouet dans un supermarché chinois, selon RFI. Le dirigeant de l’entreprise a été entendu par les autorités avant d’être libéré, tandis que plusieurs personnes sont actuellement en détention dans le cadre de cette affaire.
Ce qu'il faut retenir
- Une vidéo diffusée début mai sur les réseaux sociaux montre un homme battu à coups de fouet dans un supermarché chinois de Douala.
- Le PDG de l’établissement a été auditionné puis remis en liberté par les autorités.
- Plusieurs personnes sont actuellement détenues en lien avec cette affaire.
- Le ministre du Travail a effectué une descente sur place pour calmer les manifestants dénonçant des maltraitances.
Une scène de violence filmée et largement partagée
Les images, diffusées en début de mois sur les réseaux sociaux, révèlent un homme roué de coups à l’aide d’un fouet dans l’enceinte d’un supermarché chinois situé à Douala, principale ville économique du Cameroun. La séquence, rapidement devenue virale, a suscité l’indignation d’une partie de l’opinion publique et ravivé les tensions autour des conditions de travail dans certains commerces étrangers opérant dans le pays. Selon RFI, les autorités ont rapidement réagi en ouvrant une enquête pour établir les circonstances exactes de ces violences.
Dès l’apparition des images, des associations de défense des droits humains et des syndicats ont dénoncé des pratiques assimilables à de la maltraitance, voire à de la torture. Des rassemblements spontanés ont eu lieu devant l’établissement incriminé, où des manifestants ont brandi des pancartes exigeant des sanctions contre les responsables et une amélioration des conditions de travail pour le personnel.
Le PDG auditionné, plusieurs suspects en détention
Dans la foulée des révélations, le directeur général du supermarché a été convoqué par les forces de l’ordre. Selon RFI, il a été entendu dans le cadre d’une procédure judiciaire avant d’être libéré sous contrôle judiciaire, sans qu’aucune charge officielle ne soit encore formalisée à son encontre. Plusieurs employés de l’établissement, ainsi que des agents de sécurité présents lors de l’incident, ont en revanche été placés en détention provisoire en attendant leur jugement.
Les enquêteurs tentent désormais d’établir les responsabilités de chacun dans cette affaire, notamment en identifiant les auteurs directs des violences et en vérifiant si des ordres hiérarchiques ont pu être donnés. Les autorités camerounaises ont rappelé que toute forme de maltraitance ou de violence au travail était passible de sanctions pénales, conformément au droit local.
Le ministre du Travail en première ligne pour désamorcer la crise
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, Issa Tchiroma Bakary s’est rendu sur les lieux pour échanger avec les manifestants et les responsables de l’entreprise. Selon RFI, il a réaffirmé l’engagement des pouvoirs publics à faire respecter les droits des travailleurs, tout en appelant au calme et à la modération. « Aucune violence ne peut être tolérée dans un lieu de travail, quelles que soient les circonstances », a-t-il déclaré devant les caméras, soulignant que les investigations se poursuivraient « avec la plus grande rigueur ».
La visite du ministre a également permis de constater l’état de tension régnant dans le quartier, où des barricades improvisées avaient été érigées par des riverains. Des échanges tendus ont eu lieu entre les forces de l’ordre et une partie de la population, avant que les autorités ne parviennent à rétablir un semblant d’ordre.
Cette affaire rappelle les tensions récurrentes autour des entreprises étrangères au Cameroun, où les syndicats dénoncent régulièrement des conditions de travail jugées indignes. Reste à savoir si ce nouvel incident servira de catalyseur pour une réforme plus large des pratiques dans le secteur commercial, ou s’il restera cantonné à un cas isolé rapidement oublié.
Une audience de mise en liberté sous caution pour les personnes détenues est prévue d’ici la fin du mois de mai 2026. Par ailleurs, le parquet camerounais a indiqué qu’il rendrait ses conclusions sur les éventuelles poursuites à engager dans les semaines à venir, selon RFI.