Selon France 24, la multiplication des armes à feu illégales en provenance des États-Unis aggrave une vague de violence sans précédent au Canada. Sur la dernière décennie, le nombre d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu a augmenté de près de 90 % dans le pays, une tendance que les autorités locales et les élus attribuent en grande partie au trafic transfrontalier.

Ce qu'il faut retenir

  • 88 % des armes saisies en 2025 par la police de Toronto provenaient des États-Unis, selon les données officielles.
  • Les homicides par arme à feu ont progressé de 90 % au Canada sur les dix dernières années.
  • Les forces de l’ordre et les responsables politiques demandent un renforcement des contrôles aux frontières.
  • Toronto concentre une part majeure des saisies, reflétant l’ampleur du phénomène dans les grandes villes.

Les chiffres publiés par les services policiers de Toronto, relayés par France 24, illustrent l’ampleur du phénomène. En 2025, les forces de l’ordre ont saisi 88 % d’armes à feu illégales provenant directement des États-Unis, un taux qui souligne la porosité des frontières malgré les contrôles existants. « Le trafic d’armes en provenance des États-Unis représente une menace majeure pour la sécurité publique au Canada », a déclaré un responsable policier sous couvert d’anonymat, cité par la chaîne.

Cette hausse des violences par arme à feu s’inscrit dans un contexte plus large de criminalité organisée. Les autorités canadiennes estiment que le marché noir des armes, alimenté par des réseaux transfrontaliers, a pris une ampleur inédite depuis le début des années 2020. « Les groupes criminels exploitent les failles des contrôles douaniers et les différences législatives entre les deux pays pour acheminer des armes vers le Canada », explique un analyste en sécurité intérieure, interrogé par France 24.

Une réponse politique et policière en débat

Face à cette situation, policiers et élus canadiens réclament un durcissement des mesures aux points de passage frontaliers. La question a été portée à plusieurs reprises devant le Parlement canadien, où des députés ont interpellé le gouvernement sur la nécessité d’une coopération renforcée avec Washington. « Nous ne pouvons plus ignorer l’impact direct du trafic d’armes américain sur notre sécurité intérieure », a souligné un député libéral lors d’une intervention à la Chambre des communes en mars 2026.

Les propositions avancées incluent l’augmentation des effectifs douaniers, l’utilisation de technologies de détection avancées et la mise en place de sanctions plus sévères contre les passeurs d’armes. « Il faut agir à la source, c’est-à-dire aux frontières, mais aussi renforcer la coopération policière transfrontalière », a ajouté le député. Une mission d’évaluation conjointe avec les autorités américaines est évoquée pour les prochains mois.

Toronto, épicentre des saisies d’armes

La métropole ontarienne, la plus peuplée du pays, est devenue un symbole des conséquences de ce trafic. En 2025, Toronto a enregistré à elle seule plus de 60 % des saisies d’armes illégales au Canada, selon les statistiques de la police municipale. « La majorité de ces armes sont des pistolets semi-automatiques, souvent modifiés pour contourner les lois canadiennes », précise un rapport interne obtenu par France 24.

Les autorités locales s’inquiètent également de l’augmentation des homicides liés à des règlements de comptes entre gangs, souvent armés de ces armes importées illégalement. « Le lien entre trafic d’armes et criminalité organisée est désormais établi, et il nous faut des moyens accrus pour y faire face », a déclaré le chef de la police de Toronto lors d’une conférence de presse en avril 2026. Les services municipaux appellent à une stratégie nationale intégrée pour endiguer ce phénomène.

Et maintenant ?

Une réunion trilatérale entre les gouvernements canadien, américain et mexicain (en raison du transit parfois utilisé) est prévue pour juillet 2026 afin d’examiner les pistes de coopération renforcée. Les associations de lutte contre les trafics d’armes, quant à elles, demandent une harmonisation des législations et un partage accru des renseignements entre les pays. Reste à voir si ces initiatives aboutiront à des mesures concrètes dans les mois à venir.

En attendant, les associations de victimes d’homicides par arme à feu appellent à une prise de conscience nationale. « Chaque arme illégale en circulation représente une menace potentielle pour des familles entières », rappelle une porte-parole de l’association Mères contre les armes, contactée par France 24. Leur combat s’inscrit désormais dans une dynamique plus large, où la sécurité intérieure du Canada dépendra en partie de sa capacité à contrôler les flux d’armes en provenance de ses voisins.

Selon les données de la police de Toronto relayées par France 24, les pistolets semi-automatiques modifiés représentent la majorité des saisies. Ces armes, souvent achetées légalement aux États-Unis avant d’être trafiquées, sont ensuite introduites clandestinement au Canada.