Alors que les températures estivales s’installent, EDF anticipe une baisse de la production de deux de ses centrales nucléaires en Auvergne-Rhône-Alpes. Selon Reporterre, l’électricien national envisage de réduire l’activité des sites du Bugey (Ain) et de Saint-Alban (Isère) dès la fin de semaine prochaine, en raison de l’élévation attendue des températures du fleuve Rhône.
Ces restrictions, soumises à l’évolution des conditions météorologiques, pourraient débuter dès le samedi 20 juin pour la centrale de Saint-Alban et le mardi 23 juin pour celle du Bugey. Un ajustement qui intervient dans un contexte de canicule précoce et de tension sur le réseau électrique.
Ce qu'il faut retenir
- Deux centrales concernées : Bugey (Ain) et Saint-Alban (Isère), toutes deux situées en bordure du Rhône.
- Début des restrictions : à partir du 20 juin pour Saint-Alban et du 23 juin pour le Bugey, sous réserve des conditions météo.
- Raison invoquée : la hausse des températures du Rhône, qui limite la capacité de refroidissement des réacteurs.
- Contexte : une canicule précoce en France, avec des températures déjà élevées pour la saison.
Des centrales nucléaires vulnérables aux fortes chaleurs
Les centrales nucléaires dépendent d’un système de refroidissement efficace, souvent assuré par des cours d’eau comme le Rhône. Or, lorsque la température de ce fleuve dépasse certains seuils, EDF doit adapter sa production pour respecter les normes environnementales et garantir la sécurité des installations.
Selon Reporterre, cette situation n’est pas inédite : en 2022, lors de la canicule historique, plusieurs réacteurs avaient déjà été mis à l’arrêt ou fonctionné à puissance réduite en raison de la chaleur. Le Rhône, dont le débit et la température sont étroitement surveillés, joue un rôle clé dans ce dispositif.
Un impact potentiel sur l’approvisionnement électrique
La réduction de la production nucléaire pourrait peser sur l’équilibre du réseau électrique français, alors que la demande en climatisation et ventilation risque d’augmenter. En 2025, EDF avait déjà alerté sur les risques de tensions cet été, notamment en cas de vague de chaleur prolongée.
Les deux centrales concernées représentent ensemble une capacité installée d’environ 3 000 mégawatts, soit l’équivalent de la consommation d’une ville comme Lyon pendant plusieurs jours. Leur ralentissement pourrait donc avoir des répercussions locales et nationales, même si EDF assure que les stocks de sécurité seront maintenus.
Des mesures encadrées par la réglementation
La réglementation française impose aux exploitants nucléaires de limiter leurs rejets thermiques dans les cours d’eau pour protéger les écosystèmes. En période de canicule, les températures du Rhône peuvent dépasser les 28°C, un seuil au-delà duquel EDF doit réduire ses émissions de chaleur pour éviter de nuire à la faune et à la flore aquatiques.
Un porte-parole d’EDF a indiqué à Reporterre que « les ajustements de production sont temporaires et réversibles, une fois les conditions redevenues normales ». Ces restrictions, bien que contraignantes, s’inscrivent dans une logique de préservation des milieux naturels, souligne-t-il.
Reste à savoir si d’autres centrales nucléaires en France seront concernées par des mesures similaires dans les prochains jours. Le gouvernement, qui mise sur le nucléaire pour assurer la transition énergétique, devra trouver un équilibre entre production électrique, respect de l’environnement et satisfaction de la demande.
Le Rhône sert de source de refroidissement pour les réacteurs des centrales du Bugey et de Saint-Alban. Lorsque sa température dépasse 28°C, EDF doit réduire sa production pour limiter les rejets thermiques et protéger les écosystèmes aquatiques, conformément à la réglementation environnementale.