Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur précoce, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a rappelé, ce 19 juin 2026, l’urgence de protéger les salariés des risques liés aux températures élevées. Interrogé sur RMC, il a notamment évoqué la possibilité, à terme, d’adopter un modèle inspiré du sud de l’Espagne, où les horaires de travail sont adaptés pour éviter les heures les plus chaudes de la journée, voire incluent une pause sieste en milieu de journée. Selon BFM Business, cette déclaration intervient dans un contexte marqué par des obligations renforcées pour les employeurs depuis mai 2025, date à laquelle un décret a précisé les mesures à mettre en œuvre pour lutter contre les risques professionnels liés à la chaleur.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a souligné les risques professionnels liés aux fortes chaleurs, pouvant entraîner malaises, accidents ou drames en milieu professionnel.
  • Un décret publié en mai 2025 impose aux employeurs de s’adapter aux alertes météo (vigilance jaune, orange ou rouge) et de prendre des mesures spécifiques comme le décalage des horaires ou l’arrêt des chantiers dans le BTP.
  • Les entreprises doivent fournir trois litres d’eau fraîche par salarié et par jour, ainsi que des équipements de protection (casquettes, lunettes, vêtements anti-UV) et des dispositifs de rafraîchissement.
  • Le ministre n’exclut pas, à terme, de s’inspirer du modèle espagnol, incluant une pause sieste en milieu de journée, une pratique culturelle déjà en place dans le sud de l’Europe.
  • Les sanctions contre les employeurs ne respectant pas leurs obligations ont été renforcées depuis la validation de la loi sur la fraude par le Conseil constitutionnel, jeudi 12 juin 2026.

Une vigilance accrue face aux risques sanitaires et professionnels

« Il y a de vrais risques professionnels, la chaleur peut entraîner des malaises, des accidents, des drames, c’est très sérieux en termes de santé professionnelle », a alerté Jean-Pierre Farandou lors de son intervention sur RMC. Le ministre a insisté sur l’obligation pour les employeurs de protéger leurs salariés, notamment dans les secteurs du bâtiment et de l’agriculture, où les travailleurs sont particulièrement exposés. Depuis mai 2025, un décret encadre strictement les mesures à appliquer en fonction des niveaux de vigilance météorologique décrétés par Météo-France. Lorsque la vigilance atteint le stade orange ou rouge, les entreprises doivent ainsi revoir leurs horaires de travail, privilégiant les plages matinales ou en soirée, et éviter toute exposition aux heures où les températures sont les plus élevées.

Parmi les obligations imposées aux employeurs, la fourniture d’eau fraîche en quantité suffisante – au moins trois litres par salarié et par jour – figure en tête de liste. Les entreprises doivent également mettre à disposition des équipements adaptés, tels que casquettes, lunettes de soleil, vêtements anti-UV, pare-soleil, ventilateurs ou brumisateurs. « L’employeur doit aussi fournir de l’eau fraîche en quantité, c’est obligatoire. Ça veut dire aussi pas d’exposition aux heures les plus chaudes : on peut décaler les horaires de travail, venir tôt le matin et s’arrêter le midi, éventuellement finir le soir », a détaillé le ministre.

Un modèle espagnol comme solution à long terme ?

Interrogé sur la possibilité d’adopter un modèle inspiré de l’Espagne, où les activités professionnelles sont souvent interrompues en milieu de journée pour permettre une pause sieste, Jean-Pierre Farandou a répondu de manière nuancée. « Oui, c’est intéressant de regarder dans des pays où historiquement et culturellement, il y a une adaptation des horaires, comme le sud de l’Espagne. L’idée est toujours la même, c’est de se protéger pendant les horaires les plus chauds », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter, de manière plus prospective : « Peut-être qu’à terme il faudra faire comme les Andalous, c’est un sujet de société. » Cette proposition, bien que présentée comme une piste à explorer, n’est pas envisagée comme une mesure immédiate, mais plutôt comme une réflexion sur l’adaptation des rythmes de travail en période de canicule prolongée.

Pour l’heure, le ministre privilégie des solutions pragmatiques, comme le décalage des horaires ou l’arrêt temporaire des chantiers dans le secteur du BTP, avec une caisse dédiée pour financer les arrêts de travail. « On peut décaler les horaires de travail, venir tôt le matin et s’arrêter le midi, éventuellement finir le soir. Et s’il faut, on arrête les chantiers », a-t-il précisé. Il a également rappelé que des arrêts de travail prolongés ne sont pas envisagés, car il reste possible de travailler aux heures où les températures sont encore supportables.

Des sanctions renforcées pour les employeurs récalcitrants

La question de l’application des règles ne se pose plus uniquement en termes de bonnes pratiques, mais aussi de sanctions. Depuis la validation, jeudi 12 juin 2026, de la loi sur la fraude par le Conseil constitutionnel, les employeurs qui ne fournissent pas le document unique d’évaluation des risques s’exposent à des pénalités accrues. Ce document, obligatoire dans toutes les entreprises, doit recenser et évaluer les risques professionnels, y compris ceux liés à la chaleur. Il s’inscrit dans le cadre général de l’obligation pour l’employeur d’assurer la sécurité et de protéger la santé des salariés, telle que définie par le Code du travail.

Les nouvelles obligations mises en place en mai 2025 s’accompagnent donc d’un volet répressif renforcé. Outre la fourniture d’eau et d’équipements, les entreprises doivent désormais respecter des mesures strictes en cas de canicule, sous peine de sanctions financières. Le décret de mai 2025 précise également que les employeurs doivent prévoir des zones de repos ombragées et ventilées pour les salariés travaillant en extérieur, ainsi que des pauses supplémentaires si les températures l’exigent.

Et maintenant ?

Alors que la France traverse une période de canicule précoce, les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place. Les employeurs devront veiller à appliquer scrupuleusement les nouvelles règles, sous peine de sanctions, tandis que les salariés pourront exiger le respect de leurs droits en cas de manquement. À plus long terme, la réflexion sur l’adaptation des rythmes de travail, inspirée des modèles méditerranéens, pourrait s’inscrire dans une évolution plus large des pratiques professionnelles en période de chaleur extrême. Reste à voir si cette piste sera concrétisée, ou si les solutions immédiates, comme le décalage des horaires, resteront privilégiées.

Face à l’intensification des épisodes de canicule en France, la question de l’adaptation des conditions de travail aux nouvelles réalités climatiques pourrait bien devenir un enjeu central pour les années à venir. Pour l’instant, l’accent est mis sur le respect strict des obligations légales, dans l’attente d’éventuels ajustements structurels.

Depuis mai 2025, les employeurs doivent adapter les horaires de travail en fonction des alertes météo (vigilance jaune, orange ou rouge), fournir trois litres d’eau fraîche par salarié et par jour, et mettre à disposition des équipements de protection (casquettes, lunettes, vêtements anti-UV) ainsi que des dispositifs de rafraîchissement. En cas de vigilance rouge, les chantiers du BTP peuvent être arrêtés, avec une caisse dédiée pour financer les arrêts de travail.

La chaleur peut entraîner des malaises, des accidents du travail, voire des drames en milieu professionnel. Les risques sont particulièrement élevés pour les travailleurs en extérieur, notamment dans les secteurs du bâtiment et de l’agriculture. Les employeurs ont l’obligation légale de protéger leurs salariés contre ces dangers.