Alors que les épisodes de canicule se multiplient en France avec l’intensification du réchauffement climatique, certains médicaments largement prescrits pourraient rendre plus difficile la régulation de la température corporelle. Top Santé révèle que cinq classes thérapeutiques sont particulièrement concernées, des effets secondaires encore méconnus du grand public comme d’une partie du corps médical.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq classes médicamenteuses sont identifiées comme augmentant la sensibilité à la chaleur, selon Top Santé.
  • Ces traitements sont couramment prescrits pour des pathologies chroniques ou aiguës.
  • Ils agissent en altérant les mécanismes de thermorégulation naturelle du corps.
  • Les patients sous ces médicaments doivent redoubler de vigilance lors des vagues de chaleur.
  • Certains signes d’alerte doivent inciter à consulter un professionnel de santé en urgence.

Des médicaments souvent prescrits et leurs effets sur la chaleur

Parmi les classes médicamenteuses concernées, on retrouve d’abord les diurétiques, largement utilisés dans le traitement de l’hypertension artérielle ou de l’insuffisance cardiaque. Selon Top Santé, ces produits favorisent la déshydratation en augmentant l’excrétion d’eau et de sels minéraux, ce qui peut compromettre la capacité du corps à maintenir sa température interne. Viennent ensuite les antidépresseurs tricycliques, prescrits notamment pour les troubles de l’humeur, qui perturbent la sudation et la vasodilatation cutanée, deux mécanismes clés pour évacuer la chaleur.

Les anticholinergiques, utilisés contre les troubles urinaires ou certains symptômes de la maladie de Parkinson, figurent également sur la liste. Ces médicaments bloquent l’action de l’acétylcholine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation thermique. Les antihistaminiques de première génération, souvent prescrits contre les allergies, ont un effet similaire en réduisant la transpiration. Enfin, les neuroleptiques, indiqués dans la prise en charge de certaines psychoses, peuvent aussi aggraver les effets de la chaleur en altérant le fonctionnement du système nerveux central.

Une méconnaissance des risques qui persiste

Si ces effets indésirables sont documentés par les autorités sanitaires, ils restent largement ignorés des patients comme de certains prescripteurs. « Ces médicaments sont souvent indispensables pour traiter des pathologies chroniques, mais leur impact sur la thermorégulation n’est pas toujours intégré dans les conseils prodigués aux patients », a expliqué le Dr Martin Leroy, cardiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris. « Pendant les vagues de chaleur, il est crucial d’adapter les posologies ou de revoir temporairement les traitements si possible », a-t-il ajouté.

Top Santé souligne que les professionnels de santé doivent systématiquement interroger leurs patients sur leur exposition à la chaleur avant de prescrire ces classes médicamenteuses. Une attention particulière est recommandée pour les personnes âgées, dont la capacité à réguler leur température corporelle est déjà diminuée par l’âge. « Les patients sous diurétiques ou antidépresseurs doivent être informés des risques de déshydratation et de coup de chaleur », a rappelé l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué publié en juin 2026.

Comment limiter les risques ?

Face à cette situation, plusieurs mesures peuvent être mises en place pour réduire les dangers. D’abord, il est conseillé de consulter son médecin traitant ou son pharmacien en cas de traitement chronique, afin d’évaluer la nécessité de maintenir ou d’ajuster le médicament pendant les périodes de forte chaleur. L’hydratation régulière, même en l’absence de soif, et le maintien dans des pièces fraîches et ventilées sont également essentiels.

Les signes d’un coup de chaleur — confusion, maux de tête intenses, nausées, peau sèche et chaude — doivent alerter. Dans ce cas, il est impératif de contacter rapidement les services d’urgence en composant le 15 (SAMU) ou le 112. « Les personnes sous neuroleptiques ou anticholinergiques sont particulièrement vulnérables, car leurs symptômes peuvent être masqués par l’effet même du traitement », a précisé Top Santé.

Et maintenant ?

La prise de conscience autour de ces risques pourrait s’amplifier dans les mois à venir, à l’approche de l’été 2026 où les prévisions météorologiques annoncent des températures exceptionnellement élevées. L’ANSM devrait publier d’ici la fin de l’année un guide de bonnes pratiques destiné aux professionnels de santé et aux patients. Par ailleurs, une campagne d’information ciblant les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques est envisagée par les autorités sanitaires.

Pour l’instant, la vigilance reste de mise. Les autorités sanitaires rappellent que chaque patient doit évaluer avec son médecin les bénéfices et les risques de son traitement en période de canicule. Une adaptation individuelle est souvent la clé pour éviter les complications.