Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, les tensions persistent au Liban où les frappes israéliennes se poursuivent, selon France 24. Cette situation fragilise davantage un pays déjà marqué par une crise politique et économique sans précédent.

Ce qu'il faut retenir

  • Cessez-le-feu non respecté : malgré les annonces, les attaques israéliennes continuent au Liban.
  • Kamal Shehadi, ministre libanais des Déplacés, critique l’attitude des pays étrangers qui privilégient leurs alliances au détriment de la solution proposée par l’État libanais.
  • L’État libanais seul détient la clé : selon le ministre, seule une approche centrée sur la république libanaise peut permettre une résolution durable du conflit.

Les récents échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah ont ravivé les craintes d’une escalade militaire dans la région. Les frappes israéliennes, ciblant notamment la Bekaa et le sud du Liban, ont fait plusieurs victimes civiles, aggravant la crise humanitaire dans le pays. Selon des sources locales, au moins 12 morts et 45 blessés ont été recensés depuis le début des hostilités, sans compter les déplacés internes qui s’ajoutent aux plus de 200 000 personnes déjà contraintes de quitter leur foyer depuis octobre 2023.

Dans ce contexte, Kamal Shehadi, ministre libanais des Déplacés, a exprimé son mécontentement face à l’inaction internationale.

« Malheureusement, beaucoup de pays n’ont pas compris les enjeux, et restent dans un camp ou l’autre, le Hezbollah ou Israël, mais pas avec la solution de l’État libanais. Ils ne présentent pas les choses de la perspective de la république libanaise qui, elle seule, détient la clé »,
a-t-il déclaré lors d’une intervention relayée par France 24. Le ministre a souligné que la priorité devrait être donnée à une médiation conduite par Beyrouth, et non par des acteurs externes perçus comme partials.

Cette position reflète les tensions au sein du gouvernement libanais, divisé entre ceux qui soutiennent une ligne dure envers Israël et ceux qui prônent une approche diplomatique. Le président libanais, Najib Mikati, a appelé à la désescalade, tout en réaffirmant la nécessité d’une solution politique. « Le Liban ne peut se permettre une nouvelle guerre », a-t-il rappelé lors d’un discours télévisé, sans pour autant proposer de mesures concrètes pour faire respecter le cessez-le-feu.

Sur le terrain, les populations civiles paient le prix fort de cette impasse. Les hôpitaux du sud du Liban, déjà sous tension, manquent cruellement de moyens pour faire face à l’afflux de blessés. Les Nations unies ont alerté sur le risque d’une « catastrophe humanitaire » si les violences persistent. Selon l’UNRWA, près de 60 % des infrastructures sanitaires dans la région sont endommagées ou inutilisables.

Et maintenant ?

La communauté internationale est appelée à jouer un rôle plus actif pour faire respecter le cessez-le-feu, mais les divisions entre les grandes puissances rendent toute médiation complexe. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est prévue pour le 25 juin 2026, où la question libanaise devrait figurer en tête de l’ordre du jour. En attendant, Beyrouth tente de mobiliser ses alliés régionaux, notamment l’Arabie saoudite et l’Égypte, pour soutenir sa démarche diplomatique. Reste à voir si ces efforts porteront leurs fruits ou si le Liban sombrera davantage dans l’instabilité.

Les prochains jours seront décisifs pour évaluer si la pression internationale peut enfin imposer une trêve durable. En attendant, les familles libanaises, prises en étau entre deux feux, continuent de subir les conséquences d’un conflit qui semble sans fin.

Selon les dernières estimations locales relayées par France 24, au moins 12 morts et 45 blessés ont été recensés depuis la reprise des hostilités, principalement dans les régions de la Bekaa et du sud du Liban.