Alors que la polémique autour de la tribune « Zapper Bolloré » continue de faire des vagues dans le paysage médiatique français, le patron du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), Gaëtan Bruel, a réagi publiquement ce lundi 18 mai 2026 lors d’un entretien accordé à France Inter. Selon Libération, il a exprimé son regret face à la décision de Maxime Saada, président de Canal+, de boycotter les professionnels ayant signé ce texte critique envers Vincent Bolloré, action qui, selon lui, pourrait alimenter une prophétie autoréalisatrice.

Ce qu'il faut retenir

  • Gaëtan Bruel, directeur général du CNC, s’est exprimé sur France Inter ce lundi 18 mai 2026 au sujet de la tribune « Zapper Bolloré ».
  • Il a exprimé des regrets quant à la décision de Maxime Saada, patron de Canal+, d’écarter les signataires de cette tribune.
  • Bruel a minimisé les risques évoqués par les signataires, tout en pointant le danger d’une réaction en chaîne.
  • La tribune, publiée récemment, appelle à une remise en question de l’influence de Vincent Bolloré dans les médias français.

Une tribune qui divise le secteur médiatique

La tribune « Zapper Bolloré », publiée il y a quelques jours, a suscité un vif débat au sein de l’industrie audiovisuelle et cinématographique. Ses signataires, parmi lesquels figurent plusieurs personnalités du monde du cinéma et de la télévision, dénoncent l’emprise supposée de Vincent Bolloré sur les grands groupes médiatiques français. Comme le rapporte Libération, cette prise de position a rapidement trouvé un écho auprès de certains acteurs du secteur, tandis que d’autres y voient une instrumentalisation politique. Maxime Saada, à la tête de Canal+, a choisi une voie radicale en annonçant publiquement son intention de boycotter les professionnels ayant apposé leur signature au bas de ce texte.

C’est dans ce contexte tendu que Gaëtan Bruel, en charge du CNC – l’organisme public chargé de soutenir et de réguler le cinéma et l’audiovisuel en France –, a tenu à réagir. Invité de France Inter ce lundi matin, il a estimé que la décision de Saada, bien que compréhensible sur le plan des convictions, pourrait avoir des conséquences involontaires. « Boycotter les signataires revient à leur donner un poids qu’ils n’ont pas nécessairement, et risque de transformer leurs propos en une prophétie autoréalisatrice », a-t-il déclaré, selon les propos retranscrits par Libération.

Bruel minimise les risques tout en appelant à la prudence

Alors que certains craignent une polarisation accrue du débat médiatique, Gaëtan Bruel a tenté d’adopter un ton apaisant. Il a rappelé que le CNC avait pour mission de veiller à l’équilibre et à la diversité des voix dans le secteur, sans pour autant prendre position sur le fond de la tribune. D’après Libération, il a ajouté que « la liberté de ton et de critique est essentielle dans un paysage médiatique sain », tout en reconnaissant que les excès étaient à éviter. Sa prise de parole intervient à un moment où le monde des médias français traverse une période de fortes tensions, notamment autour des questions de concentration des pouvoirs et d’indépendance éditoriale.

Interrogé sur les éventuelles conséquences pour les professionnels concernés, Bruel a indiqué que le CNC ne comptait pas prendre de mesure disciplinaire à leur encontre. « Notre rôle n’est pas de sanctionner les prises de position individuelles, mais de garantir que le débat puisse s’exprimer sans menacer l’équilibre global du secteur », a-t-il précisé. Une position qui contraste avec celle de Saada, dont la réaction a été perçue comme une sanction déguisée par certains observateurs.

Et maintenant ?

La polémique autour de la tribune « Zapper Bolloré » devrait continuer de nourrir les discussions dans les semaines à venir, d’autant que plusieurs personnalités politiques ont déjà réagi à l’affaire. Maxime Saada, de son côté, n’a pas indiqué s’il comptait revenir sur sa décision de boycott, laissant planer une incertitude sur l’évolution des relations entre Canal+ et les signataires de la tribune. Une réunion est prévue ce jeudi 20 mai au sein du CNC pour évoquer les suites à donner à cette affaire, mais aucun communiqué officiel n’a encore été annoncé.

En attendant, le secteur médiatique français reste sous haute tension, avec des questions persistantes sur l’indépendance des rédactions et la concentration des pouvoirs. Gaëtan Bruel a rappelé que le CNC suivrait de près les développements de cette affaire, tout en insistant sur la nécessité de préserver un débat public apaisé. « Ce qui compte, c’est que la diversité des opinions puisse s’exprimer, sans que cela ne dégénère en une guerre de tranchées », a-t-il conclu.

La tribune « Zapper Bolloré » a été signée par plusieurs personnalités du cinéma et de l’audiovisuel, dont les noms n’ont pas été tous rendus publics. Selon les informations de Libération, elle compterait notamment parmi ses auteurs des réalisateurs, des producteurs et des journalistes reconnus, mais la liste complète n’a pas été officiellement communiquée.