Alors que s’ouvre ce dimanche 18 mai 2026 une nouvelle convention citoyenne dédiée à l’enfance à Paris, un vaste rassemblement de parents d’élèves, épaulé par plusieurs associations, alerte sur la crise persistante des structures périscolaires. Selon Libération, ce problème ne serait pas tant une question d’organisation qu’un déficit structurel en termes de moyens alloués à la protection et à l’encadrement des enfants en dehors du temps scolaire.

Le collectif, qui regroupe des familles de tous les arrondissements de la capitale, dénonce un angle mort des politiques éducatives locales. « On nous parle de réformes, de plans d’urgence, mais jamais des financements réels qui permettraient de garantir un encadrement digne de ce nom », souligne l’une des porte-parole du mouvement, qui préfère garder l’anonymat. Selon elle, la situation actuelle expose les enfants à des risques évitables, faute de personnel formé et de locaux adaptés. Autant dire que le débat public, tel qu’il est mené, évite soigneusement la question centrale : celle des ressources allouées.

Ce qu'il faut retenir

  • Une convention citoyenne sur l’enfance s’ouvre à Paris le 18 mai 2026.
  • Un collectif de parents d’élèves et d’associations dénonce le manque de moyens dans les structures périscolaires.
  • Le débat public se concentre sur les réformes sans aborder les financements nécessaires pour un encadrement adapté.
  • Le collectif met en avant des risques pour les enfants en raison d’un personnel insuffisant et de locaux inadaptés.

Une crise structurelle qui s’aggrave

Les périscolaires parisiens, ces structures qui accueillent les enfants avant et après l’école, font face à une demande croissante depuis plusieurs années. Pourtant, les moyens humains et matériels peinent à suivre, comme le rapporte Libération. Dans certains arrondissements, les listes d’attente pour obtenir une place dépassent désormais plusieurs mois, tandis que les taux d’encadrement restent en deçà des normes recommandées. « On demande aux équipes de faire plus avec moins, et ça se voit », explique un éducateur intervenant dans le 15e arrondissement, qui préfère ne pas être cité nommément.

Les associations partenaires du collectif rappellent que les périscolaires ne sont pas de simples garderies, mais des lieux d’éducation et de socialisation. « Un enfant qui passe trois heures par jour dans un périscolaire mal encadré, c’est un enfant qui ne bénéficie pas des mêmes opportunités que les autres », souligne une responsable de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) en Île-de-France. Selon elle, cette situation creuse les inégalités entre les familles qui peuvent se permettre des solutions privées et celles qui doivent composer avec les structures publiques.

Les associations montent au créneau

Parmi les associations qui soutiennent le collectif, on trouve notamment la Ligue des droits de l’Enfant et l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Ces dernières rappellent que les périscolaires relèvent de la responsabilité des collectivités locales, mais aussi de l’État, qui fixe une partie des normes et des financements. « Paris n’est pas une exception, mais la capitale concentre les problèmes liés à la densité urbaine et à la précarité », explique un membre de l’Unaf. D’après les données disponibles, près de 30 % des périscolaires parisiens ne respecteraient pas les ratios d’encadrement minimaux recommandés par les textes officiels.

Le collectif demande donc que les périscolaires soient enfin considérés comme une priorité dans les budgets alloués à l’enfance. « Il faut sortir de l’hypocrisie : on ne peut pas continuer à faire croire que tout va bien alors que les conditions de travail se dégradent et que la sécurité des enfants est menacée », déclare une autre porte-parole, mère de deux enfants scolarisés en REP.

Et maintenant ?

La convention citoyenne qui s’ouvre ce dimanche pourrait être l’occasion de mettre enfin les périscolaires à l’ordre du jour. Les organisateurs espèrent que les propositions qui en sortiront feront l’objet d’un suivi concret, avec des engagements financiers clairs de la part de la Ville de Paris et de l’État. Reste à voir si les pouvoirs publics sauront entendre ces revendications avant que la situation ne devienne ingérable. Une première réunion de suivi est prévue pour le 30 juin 2026, date à laquelle les associations promettent de faire un bilan des avancées.

En attendant, le collectif de parents d’élèves et leurs alliés appellent à une mobilisation continue. « On ne lâchera rien, car c’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu », assène une dernière militante. Une pétition, lancée il y a trois mois, a déjà recueilli plus de 15 000 signatures.

Le collectif exige notamment l’augmentation des budgets alloués aux périscolaires, le respect des ratios d’encadrement minimaux, la formation continue du personnel et l’amélioration des locaux, jugés souvent vétustes ou inadaptés.