Alors que cinquante pays participent à Santa Marta, en Colombie, du 24 au 29 avril 2026, le gouvernement français est attendu au tournant pour y présenter des propositions tangibles en matière de transition énergétique. Une exigence d’autant plus forte que des responsables d’ONG pointent des contradictions criantes : la France se présente comme un leader mondial de la lutte contre le réchauffement climatique, tout en soutenant des projets d’exploration et d’exploitation d’énergies fossiles jugés toxiques pour l’environnement, selon Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Une conférence internationale en Colombie du 24 au 29 avril 2026 réunissant une cinquantaine de pays sur les enjeux climatiques.
  • La France sous le feu des critiques pour son soutien à des projets d’exploration fossile malgré son discours écologiste.
  • Une société civile mobilisée qui dénonce ces incohérences et exige des engagements concrets.
  • Santa Marta, ville hôte du sommet, symbolise les défis environnementaux en Amérique latine.

Un sommet climatique sous haute surveillance

Le rassemblement de Santa Marta, en Colombie, intervient dans un contexte où les engagements climatiques des États sont de plus en plus scrutés. Du 24 au 29 avril 2026, une cinquantaine de pays se réunissent pour échanger sur des solutions concrètes face à l’urgence écologique. Pourtant, le choix de la Colombie comme terre d’accueil n’est pas anodin : ce pays, riche en ressources naturelles, est également confronté à des tensions entre développement économique et préservation de l’environnement. La France, qui affiche une position de leader en matière de transition énergétique, y sera particulièrement observée, note Libération.

Pourtant, les ONG dénoncent une réalité bien différente : Paris continue de financer ou de soutenir indirectement des projets d’exploration pétrolière et gazière, notamment en Afrique et en Amérique latine. Ces initiatives, qualifiées de « toxiques » par les associations, entrent en contradiction flagrante avec les promesses faites lors des accords de Paris ou lors du sommet de Glasgow en 2021, rappelle Libération.

Des projets fossiles sous le feu des critiques

Parmi les exemples les plus souvent cités figure le soutien français à des projets d’extraction en Afrique de l’Ouest, où TotalEnergies est impliqué dans plusieurs forages offshore. « La France ne peut plus se permettre de jouer double jeu », a déclaré Clara Dupont, porte-parole de l’ONG Reclaim Finance. « Elle se présente comme un champion du climat, mais finance en coulisses des infrastructures qui prolongent notre dépendance aux énergies fossiles. C’est une mascarade. »

Les critiques visent aussi les subventions publiques françaises, via des organismes comme Bpifrance ou la Coface, qui garantissent des prêts ou des assurances à des projets pétroliers. Selon un rapport de l’ONG Les Amis de la Terre, plus de 12 milliards d’euros de financements publics français ont été alloués à des secteurs liés aux énergies fossiles entre 2015 et 2024. Une somme qui contraste avec les 300 millions d’euros annuels promis pour la transition énergétique dans les pays du Sud.

Une société civile en première ligne

Les organisations non gouvernementales ne se contentent pas de pointer du doigt : elles multiplient les actions pour exiger des comptes. À Santa Marta, plusieurs collectifs locaux et internationaux organiseront des contre-sommets et des manifestations pour dénoncer ces incohérences. « Nous voulons que la France assume ses responsabilités », a expliqué Thomas Brail, coordinateur de l’association Alternatiba. « Soit elle rompt définitivement avec les énergies fossiles, soit elle assume le rôle de complice du chaos climatique. »

Ces mobilisations s’inscrivent dans un mouvement plus large, où la question des financements publics aux industries polluantes devient un enjeu central. En France, des recours juridiques sont en cours contre l’État pour « écocide » ou « manquement à ses obligations climatiques », une stratégie qui pourrait inspirer d’autres pays présents à Santa Marta.

Et maintenant ?

D’ici la fin du sommet, le 29 avril, le gouvernement français aura-t-il l’opportunité de clarifier sa position ? Plusieurs scénarios sont possibles : un engagement renforcé pour la sortie des énergies fossiles, assorti de mesures concrètes comme l’arrêt des subventions, ou à l’inverse, le maintien d’une posture ambiguë, sous prétexte de réalisme économique. Les prochaines semaines pourraient aussi voir l’émergence de nouvelles mobilisations citoyennes, tandis que les ONG menacent de porter le dossier devant les instances internationales. Une chose est sûre : l’opinion publique, de plus en plus sensibilisée, ne tolérera plus longtemps ces contradictions.

Ce sommet en Colombie pourrait ainsi marquer un tournant dans le débat climatique. Il rappellera à chaque État, y compris à la France, que les promesses ne suffisent plus : seules les actions comptent. Et si Santa Marta ne débouche pas sur des avancées majeures, elle aura au moins servi de caisse de résonance à une colère grandissante.

Santa Marta, ville côtière du nord de la Colombie, a été sélectionnée pour son engagement affiché en faveur de la protection des écosystèmes marins et de la biodiversité. Le pays, bien que riche en ressources naturelles, subit de plein fouet les effets du changement climatique, comme la montée des eaux ou la désertification. Organiser ce sommet en Colombie permet aussi de mettre en lumière les enjeux spécifiques de l’Amérique latine, une région particulièrement vulnérable aux crises environnementales.