Le spécialiste français des loisirs, qui gère entre autres le Parc Astérix et le Futuroscope, publie ce 28 juillet son chiffre d'affaires pour le troisième trimestre de son exercice décalé 2025-2026. Selon BFM Bourse, l'activité du groupe pourrait être bien en deçà des attentes initiales en raison des conditions météorologiques extrêmes enregistrées ces dernières semaines.
Compagnie des Alpes, qui exploite aussi bien des domaines skiables (La Plagne, Méribel) que des parcs d'attractions, voit son activité fortement dépendante des conditions climatiques et du calendrier. Pourtant, le troisième trimestre 2025-2026, couvrant la période d'avril à juin 2026, a été marqué par une succession d'épisodes défavorables, limitant la fréquentation de ses sites.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe publie son chiffre d'affaires trimestriel le 28 juillet après-Bourse, avec un exercice 2025-2026 marqué par des conditions météo exceptionnellement défavorables
- Les vagues de chaleur précoces et intenses de mai et juin ont perturbé la fréquentation des parcs, notamment en France et aux Pays-Bas
- TP ICAP Midcap anticipe une croissance limitée à 1,7 % du chiffre d'affaires du groupe, à 281,1 millions d'euros, contre 276,5 millions un an plus tôt (+27,2 %)
- L'excédent brut opérationnel prévu est révisé à la baisse, avec une hausse de 5 % au lieu des 10 % initialement visés par le groupe
- L'action recule de 1,8 % en Bourse ce 20 juillet et affiche un repli de 14 % sur l'année 2026
Des conditions climatiques historiquement défavorables
Le mois de mai 2026 a débuté sous le signe d'un temps frais et humide, avant de basculer brutalement dans une vague de chaleur précoce et intense. Selon le bilan de Météo France, plusieurs records mensuels de température ont été battus. Cette tendance s'est prolongée en juin, avec une canicule exceptionnelle qui a touché l'ensemble du pays. « Le mois de juin 2026 restera comme le plus chaud enregistré depuis 1947 », soulignent les météorologues.
Ces aléas climatiques ont directement impacté l'activité de Compagnie des Alpes. Le groupe rappelle que la seconde partie de son exercice, qui s'étend d'avril à septembre, représente traditionnellement plus des deux tiers de son chiffre d'affaires annuel. Or, les parcs de loisirs, notamment ceux situés dans l'Hexagone, ont subi des fermetures ponctuelles ou des baisses de fréquentation en raison des températures extrêmes.
Des fermetures et des records de chaleur
Les vagues de chaleur ont été telles que Walibi Holland, l'un des parcs du groupe aux Pays-Bas, a dû fermer ses portes le 26 juin – une première dans l'histoire de la région, marquée par l'instauration d'un code rouge chaleur. Dans les zones d'implantation des principaux sites français, les températures ont également pulvérisé les records : 39,4 °C près du Parc Astérix, 41,7 °C à Poitiers (Futuroscope), ou encore 39 °C autour de Walibi Rhône-Alpes. En France, deux parcs de l'Oise – Le Parc Saint-Paul et La Mer de Sable – ont connu des journées de fermeture, tandis que Disneyland Paris a dû suspendre certaines attractions extérieures.
« Ces conditions météorologiques historiquement défavorables à la fréquentation des parcs de loisirs ont pesé sur l'activité du troisième trimestre », a déclaré Corentin Marty, analyste chez TP ICAP Midcap, dans une note publiée le 20 juillet. Il précise que « la publication des résultats pourrait se révéler moins dynamique que prévu ».
« La publication pourrait se montrer moins dynamique que prévu, en raison notamment des deux vagues de canicule ayant touché la France et le reste de l'Europe, historiquement défavorables à la fréquentation des parcs de loisirs. »
— Corentin Marty, analyste chez TP ICAP Midcap
Un troisième trimestre en demi-teinte
En plus des aléas climatiques, le groupe doit composer avec un effet de base défavorable. Lors du troisième trimestre 2024-2025, Compagnie des Alpes avait enregistré une croissance spectaculaire de son chiffre d'affaires, en hausse de 27,2 % à 276,5 millions d'euros. Cette performance avait été portée par un mois d'avril « exceptionnel » dans les stations de ski et une fréquentation soutenue des parcs, dont le chiffre d'affaires avait progressé de 17,6 % en données comparables.
Pour l'exercice en cours, TP ICAP Midcap table sur une progression beaucoup plus mesurée. L'intermédiaire financier table sur un chiffre d'affaires de 281,1 millions d'euros, soit une hausse de seulement 1,7 %. La division Parcs de loisirs devrait afficher une activité stable, ce qui, selon l'analyste, « constitue une belle performance au vu du contexte ».
Des révisions à la baisse sur l'exercice complet
Malgré ces ajustements, TP ICAP Midcap anticipe une « activité plus dynamique » au quatrième trimestre (juillet à septembre 2026). Cependant, l'analyste a revu à la baisse ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice 2025-2026. Le chiffre d'affaires global du groupe est désormais attendu à 1,472 milliard d'euros, en progression de 5,3 % sur un an. L'excédent brut opérationnel, lui, devrait croître de 5 %, un niveau deux fois inférieur aux 10 % initialement visés par Compagnie des Alpes.
Fin mai 2026, le groupe avait réitéré son objectif d'une croissance proche de 10 % pour cet indicateur, hors plus-values exceptionnelles liées à la fin du contrat de concession de Tignes au 31 mai. Ces nouvelles estimations de TP ICAP Midcap reflètent donc un ajustement significatif des perspectives.
À la Bourse de Paris, le titre recule de 1,8 % ce 20 juillet, à 11h20. Malgré ces ajustements, TP ICAP Midcap maintient sa recommandation à l'achat, estimant que « cet impact localisé sur le troisième trimestre pourrait ouvrir un point d'entrée intéressant sur le titre ».
Pour les observateurs, la question reste entière : dans quelle mesure ces aléas climatiques, désormais plus fréquents, vont-ils impacter durablement le modèle économique d'un groupe aussi dépendant des conditions météo ? La réponse pourrait émerger progressivement avec les prochains trimestres.
Les parcs de loisirs, surtout ceux avec des attractions en extérieur, voient leur fréquentation chuter lors de canicules. Les visiteurs privilégient les activités en intérieur ou reportent leur visite. Les fermetures de sites, comme celles observées à Walibi Holland ou dans l'Oise, aggravent encore l'impact financier.
TP ICAP Midcap table désormais sur une hausse de 5 % de l'excédent brut opérationnel pour l'exercice 2025-2026, contre les 10 % initialement prévus par le groupe. Cette révision reflète les perturbations liées aux aléas climatiques et un effet de base moins favorable.