Le groupe Castel, géant français de la bière et du vin, traverse une crise interne qui menace la position de son directeur général, Grégory Clerc. Depuis huit mois, ce dernier est en conflit ouvert avec Romy Castel, fille unique du fondateur Pierre Castel, et Alain Castel, neveu de ce dernier. Les deux parties ont engagé des procédures judiciaires à Singapour pour écarter Grégory Clerc de la direction du groupe, selon Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Grégory Clerc, directeur général du groupe Castel depuis 2023, est en conflit avec Romy et Alain Castel depuis huit mois.
  • Les deux membres de la famille Castel accusent le directeur général de vouloir démanteler le groupe et ont engagé des procédures judiciaires à Singapour pour le démettre de ses fonctions.
  • Le groupe Castel est détenu par un trust basé à Singapour, dont les bénéficiaires ultimes sont répartis en cinq branches familiales, sans que ces derniers ne soient actionnaires ni associés à la gestion du groupe.
  • Pierre Castel a placé son empire dans un trust singapourien, où les dividendes sont perçus par les membres de la famille, mais sans participation à la gouvernance.

Placé à la tête du groupe en 2023 à la demande de Pierre Castel, Grégory Clerc, avocat suisse de formation, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une bataille juridique et familiale. Romy et Alain Castel lui reprochent de vouloir « démanteler » l’empire familial, une accusation que le directeur général rejette catégoriquement. Les deux parties ont saisi la justice singapourienne pour tenter de le démettre de tous ses mandats au sein du groupe.

La situation est d’autant plus complexe que le groupe Castel n’est pas détenu directement par la famille. Comme l’a rappelé Le Figaro, « le groupe Castel appartient à un fonds de droit singapourien dont les bénéficiaires ultimes sont répartis en cinq branches familiales ». Autrement dit, les douze membres de la famille percevant les dividendes ne sont ni actionnaires ni impliqués dans la gestion opérationnelle. Ce montage juridique, basé à Singapour, ajoute une couche de difficulté à la résolution du conflit.

Les procédures judiciaires en cours à Singapour pourraient aboutir à une exclusion de Grégory Clerc de la direction du groupe. Pourtant, le directeur général bénéficie d’un soutien notable au sein de la famille Castel. Une majorité des membres, répartis en cinq branches distinctes, se sont prononcés en sa faveur, espérant ainsi éviter une paralysie de l’empire familial. Ce soutien contraste avec l’opposition frontale menée par Romy et Alain Castel, qui semblent déterminés à écarter le directeur général.

Le conflit éclate dans un contexte où le groupe Castel, bien que discret, reste un acteur majeur du secteur des boissons en France et à l’international. Fondé par Pierre Castel, l’empire s’étend de la bière aux vins, en passant par des participations dans des domaines prestigieux. La stabilité de sa gouvernance est donc un enjeu crucial, non seulement pour la famille, mais aussi pour les milliers d’employés et les partenaires économiques du groupe.

« Le groupe Castel appartient à un fonds de droit singapourien dont les bénéficiaires ultimes sont répartis en cinq branches familiales. »
— Le Figaro, rappelant la structure juridique du groupe

La bataille juridique à Singapour pourrait s’éterniser, d’autant que le trust singapourien offre un cadre juridique complexe. Les procédures engagées par Romy et Alain Castel visent à contester la légitimité de Grégory Clerc à diriger le groupe, mais aussi à remettre en cause sa stratégie. Le directeur général, de son côté, continue de défendre sa gestion et son attachement à la préservation de l’empire familial. Autant dire que le bras de fer est loin d’être terminé.

Reste à savoir si les autres membres de la famille parviendront à convaincre Romy et Alain Castel de trouver un terrain d’entente. Les prochaines audiences à Singapour pourraient apporter des éléments de réponse, mais rien n’indique pour l’instant une issue rapide à ce conflit qui secoue l’un des fleurons de l’industrie française des boissons.

Et maintenant ?

Les procédures judiciaires engagées à Singapour devraient se poursuivre dans les prochains mois, avec une première audience attendue d’ici la fin de l’année 2026. Les décisions rendues pourraient influencer la gouvernance du groupe et, in fine, la pérennité de l’empire familial. Pour Grégory Clerc, l’enjeu est double : conserver sa position tout en rassurant les partenaires et les salariés sur la stabilité du groupe. Quant à Romy et Alain Castel, leur objectif reste de faire valoir leur vision de la gestion du groupe, quitte à en modifier profondément la structure actuelle.

Ce conflit illustre les tensions inhérentes aux entreprises familiales de grande envergure, où la gestion opérationnelle et les intérêts patrimoniaux peuvent entrer en collision. La résolution de cette crise dépendra autant des arguments juridiques que de la capacité des différentes parties à trouver un compromis acceptable pour tous.

Le trust singapourien a été mis en place pour structurer la détention du groupe par la famille Castel. Cette structure juridique permet de répartir les dividendes entre les cinq branches familiales, tout en les excluant de la gestion opérationnelle. Ce montage offre aussi une certaine discrétion et une protection patrimoniale, mais il complique les prises de décision en cas de conflit interne.

Les procédures judiciaires à Singapour devraient connaître une première audience d’ici la fin de l’année 2026. Les décisions rendues pourraient concerner la validité des mandats de Grégory Clerc ou la contestation de ses décisions stratégiques. Les deux parties ont engagé des recours, et une issue rapide semble peu probable.