À partir de ce mardi 9 juillet 2026, les parents en France pourront bénéficier d’un nouveau congé de naissance, une mesure destinée à mieux accompagner l’arrivée d’un enfant au sein des familles. Ce dispositif, dont le déploiement est effectif dès demain, s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large visant à moderniser les politiques familiales en France, selon BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Un congé de naissance de 28 jours est désormais accessible à chaque parent, salarié ou indépendant, à partir du lendemain de la naissance.
- Ce congé est rémunéré à 100 % du salaire brut, dans la limite d’un plafond fixé par la Sécurité sociale.
- Il s’ajoute au congé maternité et paternité existants, sans empiéter sur ceux-ci.
- Les entreprises devront adapter leurs conventions collectives pour intégrer ce nouveau droit avant le 1er janvier 2027.
Un droit étendu à tous les parents, quel que soit leur statut
Contrairement aux dispositifs précédents, ce congé de naissance n’est pas réservé aux seuls salariés du privé. Les travailleurs indépendants, les fonctionnaires et même les demandeurs d’emploi pourront en bénéficier, à condition d’être affiliés à la Sécurité sociale depuis au moins six mois. La condition de cotisation minimale s’applique également aux indépendants, afin d’éviter les abus, précise le ministère du Travail.
Pour les salariés, l’employeur ne pourra pas refuser ce congé, mais pourra demander un report dans la limite de trois mois, si l’absence perturbe gravement l’activité de l’entreprise. Un accord entre les parties sera alors nécessaire, faute de quoi le congé devra être accordé dans les délais prévus.
Un financement assuré par l’État et les employeurs
Le coût de ce congé sera partiellement pris en charge par l’État, via un fonds dédié au sein de la Sécurité sociale. Le montant total est estimé à 1,2 milliard d’euros par an, selon les estimations du gouvernement. Les employeurs, eux, devront maintenir le salaire de leurs employés pendant la durée du congé, sans pouvoir compenser cette dépense par des réductions de charges sociales supplémentaires.
— Selon les syndicats, cette mesure pourrait représenter un coût supplémentaire pour les petites entreprises, mais le gouvernement assure que des aides ciblées seront mises en place pour les accompagner dans cette transition. Le Medef, de son côté, a salué l’initiative tout en soulignant la nécessité de « trouver un équilibre entre droits sociaux et compétitivité des entreprises ».
Une avancée saluée par les associations familiales
Plusieurs associations, comme la Fondation des Petits Princes ou l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF), ont accueilli favorablement cette réforme. « C’est une avancée majeure pour l’égalité parentale », a déclaré Marie Dupont, présidente de l’UNAF. « Trop longtemps, le congé de naissance a été réservé aux mères, alors que les pères aussi doivent pouvoir s’investir pleinement dès les premiers mois de vie de leur enfant. »
Bref, ce dispositif s’inscrit dans une logique de partage des responsabilités parentales, même si certaines associations estiment que la durée reste insuffisante par rapport à d’autres pays européens, comme la Suède ou le Danemark, où les congés parentaux peuvent atteindre jusqu’à 480 jours.
Si cette réforme marque une étape importante, certains économistes s’interrogent déjà sur son financement à long terme, alors que le déficit de la Sécurité sociale reste une préoccupation majeure. Reste à voir si cette mesure suffira à inverser la tendance à la baisse de la natalité en France, un enjeu de plus en plus pressant pour les pouvoirs publics.
Le congé de naissance est de 28 jours consécutifs, rémunérés à 100 % du salaire brut, dans la limite d’un plafond fixé à 4 500 euros brut par mois en 2026. Au-delà de ce plafond, la rémunération sera calculée sur la base des trois derniers mois de salaire.