Sous un soleil estival, des centaines de cosplayers ont défilé ce 23 mai 2026 dans le parc floral de Paris, vêtus de costumes colorés aux froufrous, d’ailes chatoyantes ou de combinaisons de super-héros. Autant dire que cette manifestation festive, où se mêlent amateurs et professionnels de l’art du cosplay, pourrait facilement s’inscrire dans la logique de la fast-fashion. Pourtant, comme le rapporte Reporterre, ces passionnés démontrent qu’il est possible de concilier passion et écologie.

Ce qu'il faut retenir

  • Le cosplay désigne l’art d’incarner un personnage de fiction à travers son costume.
  • Des centaines de cosplayers se sont réunis à Paris le 23 mai 2026 pour une manifestation festive.
  • Contrairement aux idées reçues, certains utilisent des friperies et la récupération pour créer des costumes écoresponsables.
  • Cette approche s’inscrit dans une volonté de lutter contre les excès de la fast-fashion, très présente dans le milieu du cosplay.
  • Le défilé a eu lieu dans le parc floral de Paris, un cadre vert propice aux rassemblements.

Le cosplay, contraction des mots anglais « costume » et « play », consiste à reproduire avec soin les vêtements ou accessoires d’un personnage issu de la culture populaire – manga, jeux vidéo, films ou séries. Longtemps associé à une pratique coûteuse et énergivore, ce loisir est aujourd’hui de plus en plus remis en question pour son impact environnemental. « On achète souvent des tissus neufs, des accessoires en plastique, et parfois on jette tout après une seule utilisation », explique Léa Moreau, cosplayer depuis cinq ans. Pourtant, de plus en plus de passionnés optent pour une alternative plus durable : les friperies et la récupération de matériaux.

Lors de cette journée parisienne, les participants arboraient des tenues faites de tissus recyclés, de vêtements de seconde main ou de pièces récupérées dans des ateliers de couture. « Ici, on voit des robes victoriennes cousues à partir de vieux rideaux, des capes en velours usagé, ou encore des masques en papier mâché recyclé », précise Thomas Lambert, organisateur de l’événement. Ces pratiques, bien que minoritaires, gagnent du terrain. Selon une enquête menée par Reporterre, près de 30 % des cosplayers interrogés déclarent désormais privilégier des matériaux d’occasion pour leurs créations.

Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en question de la fast-fashion, dont l’industrie textile est responsable de 10 % des émissions mondiales de CO₂. « Le cosplay n’échappe pas à cette logique de surconsommation », souligne Élodie Rousseau, militante écologiste. « Mais grâce à des initiatives comme celle-ci, on montre qu’il existe des alternatives. » Les organisateurs du défilé ont d’ailleurs mis en place un espace d’échange où les participants pouvaient vendre ou donner leurs anciens costumes, afin d’éviter qu’ils ne finissent à la poubelle.

« Ce qui compte, c’est la créativité, pas le prix ou la nouveauté. Avec un peu d’imagination, on peut faire des costumes magnifiques sans gaspiller. »
Léa Moreau, cosplayer

Pourtant, cette transition vers un cosplay plus durable n’est pas toujours simple. Les contraintes techniques et budgétaires restent importantes. « Les tissus recyclés ne sont pas toujours adaptés aux exigences des costumes complexes, comme ceux des super-héros Marvel ou DC », explique Thomas Lambert. « Et puis, il faut du temps pour trouver les bonnes pièces et les assembler. » Malgré ces défis, les organisateurs de l’événement parisien restent optimistes. « On voit une vraie prise de conscience chez les jeunes générations. Elles sont de plus en plus sensibles à l’écologie, et c’est tant mieux », ajoute-t-il.

Et maintenant ?

Les organisateurs de l’événement prévoient de renouveler l’expérience l’année prochaine, avec une édition prévue en mai 2027. Une pétition circule également pour demander aux grandes marques de cosmétiques et de textiles de soutenir davantage les initiatives de cosplay écoresponsable. Pour l’instant, aucune réponse officielle n’a été apportée, mais l’engouement autour de cette manifestation pourrait inciter les acteurs du secteur à s’emparer du sujet.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où la mode éthique et la seconde main connaissent un essor sans précédent. En 2025, le marché de la friperie a progressé de 20 % en France, selon l’Institut français de la mode. Une tendance qui pourrait bien toucher un jour le monde du cosplay, longtemps considéré comme un bastion de la surconsommation.

Le cosplay désigne l’art d’incarner un personnage de fiction à travers son costume. Cette pratique peut avoir un impact environnemental important, notamment en raison de l’achat massif de tissus neufs, d’accessoires en plastique et de matériaux jetables. Selon une étude de Reporterre, près de 40 % des cosplayers utilisent encore des matériaux non recyclables pour leurs créations.

Oui, plusieurs alternatives permettent de réduire l’impact environnemental du cosplay. Parmi elles, on trouve l’utilisation de friperies, la récupération de matériaux, la customisation de vêtements d’occasion ou encore l’achat de tissus bio et recyclés. Des plateformes en ligne comme Etsy ou des groupes Facebook dédiés proposent désormais des accessoires et costumes d’occasion.