Plusieurs familles d’Abidjan se retrouvent sans abri après la démolition, début juin, de dizaines d’habitations et de commerces situés dans le quartier Campement, dans la commune de Koumassi. Ces destructions, réalisées sans autorisation préalable, ont été menées par un particulier, Jacques Brou, désormais recherché par les services judiciaires ivoiriens. L’enquête ouverte par la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG) vise à déterminer si ces actes constituent des faits d’enrichissement illicite, comme le rapporte RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Un particulier, Jacques Brou, a fait démolir début juin des habitations et commerces dans le quartier Campement (Koumassi, Abidjan) sans autorisation.
- Les autorités judiciaires ivoiriennes recherchent actuellement ce dernier pour ces destructions illégales.
- La HABG a lancé une enquête pour vérifier si ces démolitions relèvent d’un enrichissement illicite.
- Les familles touchées, désormais sans logement, attendent des réponses sur la régularisation de leur situation.
Une démolition massive sans préavis
Les destructions ont concerné plusieurs dizaines d’habitations et d’établissements commerciaux, plongeant des dizaines de foyers dans l’incertitude. Selon les premiers témoignages recueillis par RFI, les riverains affirment n’avoir reçu aucun avertissement préalable concernant ces travaux. « Nous n’avons été informés de rien, tout a été rasé en quelques heures », a déclaré un habitant sous couvert d’anonymat. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur les raisons ayant motivé ces destructions, ni sur les éventuels recours possibles pour les victimes.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des ruines fumantes et des décombres s’étalant sur plusieurs centaines de mètres carrés. Bref, le quartier, déjà marqué par une forte densité de population, se retrouve aujourd’hui profondément fragilisé. Les commerçants touchés, qui assuraient une partie de l’approvisionnement local, doivent désormais faire face à la perte de leurs moyens de subsistance.
Un particulier recherché pour destruction illégale
Les enquêtes préliminaires menées par la police judiciaire d’Abidjan pointent du doigt Jacques Brou, un homme d’affaires local, comme étant à l’origine des démolitions. Selon les informations transmises à RFI, ce dernier aurait agi en dehors de tout cadre légal, sans l’aval des services municipaux ni des propriétaires des biens concernés. « Il est recherché pour destruction illégale de biens et pourrait être poursuivi pour enrichissement illicite », a précisé une source judiciaire sous anonymat.
Les autorités n’ont pas encore précisé les motifs exacts de Jacques Brou, ni les liens éventuels entre ces destructions et des projets immobiliers ou commerciaux. Certains observateurs évoquent la possibilité d’un conflit foncier, mais aucune confirmation officielle n’a été apportée pour l’instant. La HABG, qui supervise l’enquête, a indiqué qu’elle examinerait l’ensemble des éléments avant de rendre ses conclusions.
La HABG enquête sur un possible enrichissement illicite
La Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG), institution indépendante chargée de lutter contre la corruption et les détournements de fonds publics, a saisi l’affaire pour vérifier si les destructions s’inscrivent dans un schéma d’enrichissement illicite. Selon ses statuts, la HABG est habilitée à enquêter sur des faits présumés de corruption, de détournement ou d’abus de biens sociaux, dès lors qu’ils impliquent des agents publics ou des particuliers agissant dans des conditions suspectes.
« Nous allons examiner l’ensemble des éléments pour déterminer si ces destructions ont été réalisées dans le but de réaliser un profit illégal », a indiqué un responsable de la HABG. L’autorité n’a pas précisé si des plaintes avaient déjà été déposées par les victimes, mais a confirmé que des auditions étaient en cours. Si les faits étaient avérés, Jacques Brou pourrait encourir des sanctions pénales, incluant des peines de prison et des amendes substantielles.
Pour l’heure, les associations de défense des droits humains appellent à une transparence totale dans le traitement de ce dossier. « Les victimes méritent des réponses claires et rapides », a souligné un représentant de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme. La suite des événements dépendra en grande partie des conclusions de l’enquête de la HABG et des décisions judiciaires à venir.
Si Jacques Brou est reconnu coupable de destruction illégale de biens et d’enrichissement illicite, il risque des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans, ainsi que des amendes dont le montant sera déterminé en fonction des préjudices causés. En outre, il pourrait être tenu de verser des dommages et intérêts aux victimes et de restaurer les biens détruits, le cas échéant.