Près de trois décennies après avoir frôlé la victoire en Coupe de France, le Racing Club de Lens affronte ce vendredi 23 mai 2026 une nouvelle finale au Stade de France face à l’OGC Nice. Un match qui pourrait enfin offrir aux Sang et Or leur premier trophée dans cette compétition, alors que le club fête cette saison ses 120 ans d’existence. Selon RMC Sport, cette rencontre s’inscrit dans un contexte bien différent de celui de 1998, année de la dernière finale perdue face au Paris Saint-Germain.

Ce qu'il faut retenir

  • Lens dispute sa quatrième finale de Coupe de France après des échecs en 1948, 1975 et 1998, selon RMC Sport.
  • En 1998, le club s’était incliné 2-1 face au PSG au Stade de France, malgré une réduction du score de Vladimir Smicer.
  • Cette saison, les Lensois terminent deuxièmes du championnat et se qualifient pour la Ligue des champions, avec une équipe saluée pour son jeu offensif.
  • Nice, en revanche, arrive en finale avec une mission de survie en Ligue 1 à accomplir après les barrages.
  • Les anciens joueurs de 1998, comme Gervais Martel ou Éric Sikora, espèrent voir le club enfin soulever le trophée cette fois.

Une finale historique en 1998, toujours ancrée dans les mémoires

Le 2 mai 1998, le RC Lens foulait pour la troisième fois de son histoire la pelouse du Stade de France lors d’une finale de Coupe de France face au PSG. Une rencontre marquée par un début de match désastreux pour les Lensois, qui concèdent deux buts en première période, signés par Rai et Marco Simone. Vladimir Smicer réduit l’écart avant la pause, mais le club nordiste s’incline finalement 2-1. Cette défaite, survenue une semaine avant le sacre en championnat, reste un souvenir douloureux pour les acteurs de l’époque, comme le rappelle Gervais Martel, président emblématique du club entre 1988 et 2017 : « Elle n’est pas copine avec moi », déclare-t-il en évoquant la Coupe de France. « Quand on regarde les clubs de première division, ils l’ont presque tous gagnée sauf nous. Il faut qu’on la gagne, c’est simple. »

Cette finale de 1998 est également associée à une ambiance exceptionnelle dans un Stade de France aux couleurs Sang et Or. Une banderole mythique, « Le vent du Nord souffle sur la France », devient le symbole d’une foule en liesse. « Je m’en souviendrai toute ma vie. Quelle ambiance ! », s’exclame Martel. Pourtant, malgré la défaite, les Lensois finissent fort : « Dans le dernier quart d’heure, il n’y avait qu’une équipe sur le terrain, c’était Lens », se souvient-il.

Des regrets persistants, malgré un titre de champion en 1998

Si le Racing Club de Lens a remporté le championnat de France en 1998 grâce à un but de Yoann Lachor à Auxerre, la Coupe de France lui a toujours échappé. Pour Éric Sikora, légende du club avec 590 matchs sous le maillot, cette frustration est toujours palpable. « On aurait dû partir la veille tranquillement, se préparer, être au vert entre nous, discuter, rigoler, être le matin ensemble. C’est une journée normale, en fait. On n’avait pas fait ce choix-là », explique-t-il à RMC Sport. Il ajoute que la préparation de la finale a manqué de sérénité, les joueurs découvrant le Stade de France le jour même du match, contrairement au PSG qui s’était déjà familiarisé avec l’enceinte quelques semaines plus tôt lors de la finale de Coupe de la Ligue.

Stéphane Bigeard, adjoint de l’entraîneur Daniel Leclercq en 1998, abonde dans ce sens : « Les joueurs ont découvert le Stade de France le jour du match. En première période, ils étaient presque spectateurs eux-mêmes du stade. » Malgré cette entrée en matière difficile, Lens termine la rencontre avec les honneurs. « Dans le dernier quart d’heure, il n’y avait qu’une équipe sur le terrain, c’était Lens », rappelle Gervais Martel. Pour l’ancien gardien Guillaume Warmuz, cette défaite reste un regret : « C’est difficile de s’approcher de la Coupe et de ne pas la soulever. J’ai gagné le championnat, la Coupe de la Ligue, mais pas la Coupe de France avec Lens. C’est celle qui me manque. »

Lens et Nice, deux destins opposés en 2026

Vingt-huit ans après leur dernière finale, les Lensois reviennent au Stade de France avec l’espoir de remporter enfin la Coupe de France. Cette saison, le club a réalisé une campagne exceptionnelle en terminant deuxième du championnat, derrière le PSG, avec une qualification pour la Ligue des champions à la clé. « Il n’y a pas un mec qui aurait payé un kopek pour finir à cette place-là, on a fait une saison fabuleuse », souligne Gervais Martel. L’équipe de Pierre Sage impressionne par sa régularité et son jeu offensif, comme en témoigne une victoire 4-0 à Lyon en fin de saison.

Côté niçois, la situation est tout autre. Les Aiglons, qui ont terminé 15e de Ligue 1, doivent d’abord assurer leur maintien lors des barrages avant de se concentrer sur cette finale. « Le danger est là. Une finale reste une finale. Tout peut arriver dans un match de football », met en garde Éric Sikora. Malgré cette opposition de contexte, Sikora refuse tout excès de confiance : « Sur le papier, Lens apparaît clairement comme le favori, mais une finale reste imprévisible. »

Un public lensois mobilisé pour un rêve de 120 ans

Dans le Pas-de-Calais, l’attente est immense. Les supporters lensois, réputés pour leur ferveur, occuperont au moins la moitié du Stade de France pour soutenir leur équipe. « Quand on voit les tifos, quand on entend Les Corons, quand on voit les couleurs… Même les adversaires le disent : "Quel public" », s’enthousiasme Éric Sikora. L’ancien latéral droit espère revoir la fameuse banderole de 1998 : « J’espère que ça va souffler… et même être une tempête. »

Pour Gervais Martel, cette finale représente bien plus qu’un simple match : « Cette année, c’est les 120 ans du club. C’est vraiment fait pour fêter l’anniversaire. » Stéphane Bigeard, lui, mise sur le destin : « Avec l’engouement populaire qu’il va y avoir derrière, si les joueurs reproduisent leur jeu, on va la gagner celle-ci. Il faut que ça se finisse bien. »

Et maintenant ?

Si Lens l’emporte, le club inscrira son nom au palmarès de la Coupe de France pour la première fois de son histoire. Une victoire qui pourrait être célébrée dès le lendemain dans les rues de Lens, où les festivités s’annoncent déjà grandioses. En cas de défaite, les Lensois devront se contenter de leur titre de vice-champion de France et de leur qualification pour la Ligue des champions. Côté niçois, une victoire ne suffirait pas à assurer le maintien, qui dépendra des résultats des barrages.

Quoi qu’il en soit, cette finale de 2026 s’annonce comme un moment historique pour le football nordiste, près de trois décennies après la déception de 1998.

Une finale sous haute tension

Le coup d’envoi de cette finale est prévu à 21h au Stade de France. Les Lensois, portés par leur public et leur dynamique de saison, aborderont ce match avec l’ambition de tourner définitivement la page de 1998. « Une finale reste une finale. Tout peut arriver dans un match de football », rappelle Éric Sikora, lucide sur les aléas du football. Nice, de son côté, devra faire preuve de pragmatisme pour éviter de subir le scénario de 1998, où Lens avait dominé en fin de match sans parvenir à égaliser.

Les regards seront également tournés vers les anciens joueurs de 1998, dont la présence dans les tribunes pourrait ajouter une dimension symbolique à cette rencontre. Pour Gervais Martel, l’enjeu est clair : « Il faut qu’on la gagne, c’est simple. » Une victoire qui comblerait enfin un vide de près de 30 ans dans l’histoire du club.

Pour le RC Lens, cette finale représente l’opportunité de remporter sa première Coupe de France de son histoire, après trois défaites en finale en 1948, 1975 et 1998. Le club fête par ailleurs ses 120 ans cette saison, ce qui ajoute une dimension symbolique à l’événement, selon RMC Sport.

Nice a terminé 15e de Ligue 1 cette saison et doit d’abord assurer son maintien lors des barrages avant de pouvoir se concentrer pleinement sur la finale. Une défaite en finale ne suffirait donc pas à valider leur maintien, contrairement à une victoire qui leur donnerait au moins un répit symbolique.