Le projet controversé de création et de vente de parts de la Coupe du monde, porté par le président de la FIFA Gianni Infantino après l'édition 2026, a connu un destin funeste. Joshua Kushner, frère cadet de Jared Kushner et propriétaire des Lakers de Los Angeles en NBA, a finalement rompu le silence ce lundi 1er septembre 2026 pour reconnaître les erreurs de son implication dans cette initiative. Selon nos confrères de RMC Sport, il s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis les révélations ayant entraîné l’abandon du projet.
Ce qu'il faut retenir
- Un projet controversé : la FIFA avait proposé de créer une société commerciale liée à l’organisation des Coupes du monde, déclenchant une vive opposition, notamment de l’UEFA.
- Thrive Eternal, le fonds d’investissement dirigé par Joshua Kushner, était favori pour devenir le partenaire financier de la FIFA.
- Joshua Kushner regrette aujourd’hui son engagement, reconnaissant que l’ampleur des critiques n’avait pas été anticipée.
- L’objectif affiché était de redistribuer les capitaux entre les 211 fédérations membres, avec un accent sur les pays en développement.
- Un vote prévu : le projet devait être soumis à l’approbation des membres avant toute mise en œuvre.
Un projet de vente des parts de la Coupe du monde balayé par la polémique
L’idée, lancée par Gianni Infantino après la Coupe du monde 2026 organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, visait à créer une entité commerciale dédiée aux éditions futures de la compétition. Le fonds d’investissement Thrive Eternal, dirigé par Joshua Kushner, était pressenti pour en devenir le partenaire privilégié. Pourtant, dès l’annonce du projet, une opposition farouche s’est organisée au sein des instances dirigeantes du football mondial.
L’UEFA a été la première à monter au créneau, dénonçant une dérive inacceptable. Dans un communiqué cinglant, l’instance européenne avait alors affirmé que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs destinés à être négociés, surtout en l’absence totale de transparence quant aux bénéficiaires financiers ». Une critique qui a résonné comme un avertissement pour l’ensemble du mouvement footballistique.
Joshua Kushner assume les erreurs d’appréciation
Interpellé par la tournure des événements, Joshua Kushner a choisi de s’exprimer publiquement pour clarifier sa position. Dans un communiqué diffusé ce lundi soir, il a d’abord rappelé le contexte économique du football mondial, où « l’argent a historiquement été concentré entre les mains d’un petit groupe de pays ». Pour lui, l’initiative de la FIFA répondait à une volonté de rééquilibrage.
« L’idée derrière la FFE – Football Fund Entity – était de répartir plus de capitaux et de fonds propres de manière égale entre les 211 pays membres, en fournissant un investissement nettement plus important aux pays en développement », a-t-il expliqué. Les fonds devaient servir à former les talents locaux, soutenir le football amateur, améliorer l’expérience des supporters et, in fine, développer le football à l’échelle mondiale. Autant dire que le projet avait une ambition louable, même si son mode de présentation a rapidement été contesté.
Une transparence annoncée, mais des critiques immédiates
Joshua Kushner a tenu à préciser que le projet n’était pas destiné à être imposé, mais soumis à un vote des membres de la FIFA. « Thrive a toujours été un partenaire de confiance pour tous ses membres », a-t-il souligné. Pourtant, les craintes de manque de transparence et de dérives oligarchiques ont pris le pas sur les intentions affichées.
Dans son communiqué, l’homme d’affaires américain a finalement reconnu les limites de l’opération : « Si nous avions su comment cela allait dégénérer, nous ne nous serions pas impliqués ». Une formulation qui laisse entendre que l’ampleur des réactions négatives n’avait pas été anticipée, malgré les premières alertes venues des grandes fédérations européennes.
Un frère lié à l’administration Trump
Joshua Kushner n’est pas un inconnu dans les cercles du pouvoir américain. Il est le frère cadet de Jared Kushner, gendre et ancien conseiller influent de Donald Trump à la Maison-Blanche entre 2017 et 2021. Son entrée dans le monde du football international, via ce projet économique, avait déjà suscité des interrogations sur d’éventuels conflits d’intérêts ou des influences politiques sous-jacentes. Ces questions, bien que jamais officiellement évoquées dans le cadre de la polémique, ont alimenté les spéculations médiatiques ces dernières semaines, selon RMC Sport.
Quelles suites pour la FIFA et le projet initial ?
Désormais, le projet de vente des parts de la Coupe du monde semble enterré. L’échec est d’autant plus marqué que la crédibilité de la FIFA, déjà fragilisée par des années de scandales, a été mise à mal une fois de plus. Gianni Infantino, dont le mandat à la tête de l’instance est déjà marqué par des tensions récurrentes, n’a pas réagi publiquement à l’annonce de Joshua Kushner.
Pour l’heure, la FIFA n’a pas communiqué sur d’éventuelles alternatives pour financer le développement du football mondial. La question de la redistribution des richesses dans le sport le plus populaire au monde reste entière, tout comme celle de la gouvernance d’une organisation dont la légitimité est régulièrement remise en cause.
Pour Joshua Kushner, l’épisode risque de laisser des traces dans sa réputation d’homme d’affaires. Son retrait des discussions ne signifie pas pour autant la fin de son implication dans le sport : il reste propriétaire des Lakers, une franchise majeure de la NBA, et continue d’investir dans divers secteurs. Reste à savoir si cette affaire influencera ses futures collaborations avec des instances internationales.
Quant à la FIFA, elle devra rapidement clarifier sa stratégie pour regagner la confiance des fédérations et des supporters. Après des années de turbulences, l’organisation pourrait-elle enfin tourner la page des scandales pour se recentrer sur l’essentiel : le football ?
Il s’agissait d’une initiative portée par la FIFA après la Coupe du monde 2026, visant à créer une société commerciale dédiée aux éditions futures de la compétition. Cette entité aurait permis de vendre des parts à des investisseurs privés, avec pour objectif affiché de redistribuer les capitaux entre les 211 fédérations membres, en privilégiant les pays en développement.
L’UEFA a dénoncé une « limite franchie », estimant que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs destinés à être négociés ». L’instance européenne a pointé du doigt un manque de transparence sur les bénéficiaires financiers, craignant une mainmise de certains acteurs économiques ou politiques sur les instances dirigeantes du football.