Le milliardaire américain Joshua Kushner, associé à un projet controversé visant à privatiser partiellement l’organisation de la Coupe du monde de football, a révélé ne pas avoir anticipé l’ampleur de l’opposition soulevée par son initiative. Selon nos confrères du Monde, l’investisseur a admis, mardi 1er septembre 2026, avoir sous-estimé la levée de boucliers autour du plan porté par le président de la FIFA, Gianni Infantino.
Ce qu'il faut retenir
- Joshua Kushner, milliardaire américain, a déclaré ne pas avoir imaginé l’ampleur des réactions négatives à son projet d’investissement privé dans la Coupe du monde.
- Il soutient cependant les motivations initiales du plan proposé par Gianni Infantino, visant à ouvrir le tournoi à des investisseurs privés.
- Le projet de privatisation partielle de l’organisation du Mondial suscite une opposition marquée dans le monde du football.
- Kushner a précisé qu’il « ne serait pas engagé » dans cette initiative s’il avait eu connaissance de l’ampleur des critiques.
Un projet porté par Gianni Infantino
Le plan défendu par le président de la FIFA, Gianni Infantino, vise à associer des investisseurs privés à l’organisation de la Coupe du monde, une idée qui a rapidement suscité des remous au sein de la communauté footballistique. Selon nos confrères du Monde, ce projet, encore en phase de discussion, entend moderniser le modèle économique du tournoi le plus médiatisé au monde. Infantino défend une logique de diversification des revenus, jugée nécessaire pour financer l’expansion du football mondial, notamment dans les pays émergents.
Pourtant, cette ambition se heurte à une opposition tenace, tant parmi les fédérations nationales que chez les supporters. Les critiques portent sur le risque de commercialisation excessive du sport, ainsi que sur la perte d’autonomie des instances traditionnelles du football. Joshua Kushner, figure majeure de l’investissement privé aux États-Unis, s’est retrouvé au cœur de cette polémique après avoir été présenté comme un partenaire clé du projet.
Kushner reconnaît une erreur de calcul
Dans une déclaration rapportée par le Monde, Joshua Kushner a reconnu avoir mal évalué la portée des critiques. « Je ne serais pas engagé dans ce projet si j’avais anticipé l’ampleur des réactions négatives », a-t-il affirmé, tout en réitérant son soutien aux objectifs initiaux de Gianni Infantino. L’investisseur, connu pour ses participations dans des entreprises technologiques et médiatiques, a souligné que l’idée de démocratiser l’accès au football grâce à des partenariats privés restait valable à ses yeux.
Il a cependant reconnu que la levée de boucliers, tant médiatique que sportive, avait pris une dimension inattendue. Les réseaux sociaux ont joué un rôle central dans l’amplification des critiques, avec des personnalités du football comme les anciens internationaux dénonçant une « privatisation à outrance » du Mondial. Des fédérations, à l’image de l’UEFA, ont également exprimé leur désapprobation, invoquant la nécessité de préserver l’esprit historique du tournoi.
Un contexte footballistique déjà tendu
Cette polémique s’inscrit dans un climat déjà tendu autour de la gouvernance du football mondial. La FIFA, dirigée depuis 2016 par Gianni Infantino, a multiplié les réformes pour moderniser l’institution, souvent au prix de tensions avec les acteurs traditionnels. Le projet de Coupe du monde « ouverte » aux investisseurs privés s’ajoute à une série d’initiatives controversées, comme l’augmentation du nombre de pays participants ou la rotation des hôtes, perçues comme des ruptures avec l’héritage du football.
Joshua Kushner, dont le nom avait été évoqué pour piloter certains aspects financiers du projet, devient ainsi le symbole des résistances rencontrées par Infantino. Son retrait ou son désengagement partiel pourrait fragiliser davantage le plan, alors que la FIFA doit finaliser ses propositions d’ici la prochaine assemblée générale, prévue en décembre 2026.
Cette affaire illustre les défis auxquels fait face la FIFA dans sa quête de modernisation, entre impératifs économiques et préservation de l’identité du football. Le bras de fer entre innovation et tradition est loin d’être terminé, et l’épisode Kushner n’en est qu’une illustration parmi d’autres.
Les opposants au projet craignent une commercialisation excessive du football, risquant de marginaliser les petits clubs et les supporters historiques. Ils y voient aussi une perte d’autonomie pour les fédérations traditionnelles, au profit d’investisseurs privés dont les priorités pourraient diverger de celles du sport.