Avec moins d’un mois avant le coup d’envoi de la Coupe du monde de football prévue au Canada, au Mexique et aux États-Unis, la question des conditions climatiques extrêmes pèse sur l’organisation de l’événement. Selon Reporterre, près d’un quart des matchs pourrait se dérouler sous des températures étouffantes, une situation qui inquiète scientifiques et observateurs. Au moins deux rencontres de l’équipe de France figurent parmi les rencontres menacées.

Ce qu'il faut retenir

  • Un quart des matchs de la Coupe du monde 2026 pourrait se jouer dans des conditions de chaleur extrême
  • Deux matchs de la France sont concernés par ce risque climatique
  • Un collectif de 21 scientifiques internationaux a alerté la FIFA sur les dangers pour la santé des joueurs et des spectateurs
  • La lettre ouverte publiée le 13 mai 2026 souligne l’urgence de la situation

Des températures potentiellement dangereuses pour la santé

Les prévisions météo pour l’été 2026 dans les trois pays hôtes indiquent des vagues de chaleur précoces et intenses. Selon les modèles climatiques, plusieurs stades pourraient enregistrer des températures dépassant les 35°C, avec un indice de chaleur bien plus élevé en raison de l’humidité. Reporterre précise que ces conditions pourraient affecter non seulement les joueurs sur le terrain, mais aussi les milliers de supporters présents dans les gradins.

Les organisateurs ont déjà mis en place des protocoles de sécurité, comme des pauses hydratation plus fréquentes et des zones d’ombre dans les stades. Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par les experts, qui pointent du doigt un manque de préparation à long terme de la part de la FIFA.

Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme

Le 13 mai 2026, 21 chercheurs en climatologie, médecine du sport et santé publique ont publié une lettre ouverte pour alerter la Fédération internationale de football. Dans ce texte, ils rappellent que

« la santé des joueurs est une question plus urgente que jamais »
, alors que la compétition approche. Les signataires, issus de différents pays, appellent la FIFA à reconsidérer les horaires des matchs, à renforcer les mesures de protection et à prévoir des solutions d’urgence en cas de malaise.

Parmi les points soulevés, l’impact des températures élevées sur les performances des athlètes et les risques accrus de coups de chaleur, notamment pour les joueurs évoluant en milieu de journée. Certains scientifiques évoquent même la possibilité de devoir reporter ou annuler des rencontres si les conditions deviennent trop dangereuses.

La FIFA sous le feu des critiques

Les autorités du football mondial sont accusées de minimiser le problème. Reporterre souligne que, malgré les alertes répétées, la FIFA n’a pas encore communiqué de plan détaillé pour faire face aux risques climatiques. Des associations écologistes et des médias appellent à une prise de conscience urgente, d’autant que les stades prévus pour l’événement, souvent construits en zone aride, ne disposent pas toujours d’infrastructures adaptées.

Interrogée par Reporterre, une porte-parole de la FIFA a indiqué que « des discussions sont en cours avec les fédérations locales pour adapter les horaires des matchs ». Elle a confirmé que des experts en santé et en climatologie étaient consultés, sans pour autant annoncer de mesures concrètes.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront décisives. La FIFA devrait publier, d’ici début juin 2026, un rapport complet sur les mesures sanitaires prévues pour la Coupe du monde. Une réunion exceptionnelle entre la fédération, les organisateurs locaux et les scientifiques est également attendue avant le 20 juin, date limite pour valider les derniers détails logistiques. Bref, l’enjeu est de taille : préserver à la fois l’intégrité de la compétition et la sécurité des participants.

En attendant, les fédérations nationales, dont la FFF, étudient des scénarios de repli pour protéger leurs joueurs, notamment en ajustant les entraînements aux heures les plus fraîches de la journée.

Selon Reporterre, au moins deux rencontres de l’équipe de France lors de la phase de groupes pourraient se jouer dans des conditions de chaleur extrême. Les stades concernés n’ont pas été officiellement communiqués, mais les matchs programmés en début d’après-midi sont les plus exposés.