À moins d’un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, la sélection américaine se prépare dans un contexte particulier. Alors que jouer à domicile est généralement un avantage pour une équipe, la Team USA peine à mobiliser son public, comme le rapporte RMC Sport.
Les États-Unis, souvent présentés comme le « pays du soccer », peinent en réalité à susciter un engouement comparable à celui observé chez leurs adversaires. Ce phénomène n’est pas nouveau : lors de la finale de la Gold Cup l’an dernier, le stade de Houston (Texas) était largement acquis au Mexique, l’équipe adverse. Un scénario similaire s’est répété en demi-finale à Saint-Louis (Missouri), où les tribunes arboraient une mer bleu ciel en soutien au Guatemala. La même constatation s’était imposée lors de la Copa América 2024, comme le souligne Rand Getlin, documentariste et auteur d’une série sur la Team USA pour HBO.
Ce qu'il faut retenir
- La Team USA traverse des difficultés pour attirer des supporters lors des compétitions à domicile, comme en témoignent les tribunes majoritairement acquises à l’adversaire lors de la Gold Cup 2025 et de la Copa América 2024.
- Les joueurs américains ressentent cette absence de soutien comme une pression supplémentaire, alors que la compétition mondiale approche à grands pas.
- Le documentaire de Rand Getlin, diffusé en cinq parties et intitulé « Les États-Unis contre le reste du monde », retrace le parcours de stars comme Christian Pulisic et Weston McKennie, ainsi que les critiques dont ils ont fait l’objet.
- Le sélectionneur argentin Mauricio Pochettino a rapidement remarqué le contraste entre l’enthousiasme des supporters guatémaltèques et celui, plus modéré, des fans américains.
- Les ventes de billets pour les matchs de la Team USA au premier tour sont inférieures aux attentes, en partie à cause des prix élevés.
Une pression accrue pour la Team USA à l’aube du Mondial 2026
Pour les joueurs américains, l’absence de soutien populaire représente une source d’inquiétude majeure, alors qu’ils subissent une pression sans précédent. Ces derniers mois, la sélection a été soumise à des critiques constantes, avec pour objectif de répondre aux attentes élevées liées au statut de coorganisateur de la Coupe du monde. « Ça les anéantit, ça leur fait mal, ça les rend tristes », explique Rand Getlin, qui a passé quatre ans aux côtés de l’équipe. « Ils sont déçus de ne pas donner davantage de raisons aux supporters d’être heureux. » Selon lui, cette situation pèse sur le moral des joueurs, qui ressentent une forme d’échec dans leur mission de fédérer autour d’eux.
Cette pression s’ajoute aux défis sportifs. Après une élimination précoce lors de la Copa América 2024, la Team USA devra prouver sa valeur sur la scène mondiale. Le sélectionneur argentin Mauricio Pochettino, arrivé il y a moins de deux ans, a déjà identifié un écart entre l’engouement observé chez les supporters d’Amérique latine et celui, plus discret, des fans américains. « C’est ce lien que nous aimerions voir à la Coupe du monde. Cette connexion qui te fait voler », a-t-il déclaré, soulignant son envie de voir ce type d’enthousiasme se développer.
Un football en pleine expansion, mais des supporters tournés ailleurs
Le soccer connaît un essor significatif aux États-Unis depuis une dizaine d’années. Pourtant, les fans américains se tournent davantage vers les prestigieux clubs européens ou, pour les communautés immigrées, vers leur pays d’origine. Ce phénomène explique en partie la faible affluence dans les stades lors des matchs de la sélection nationale. Plusieurs médias, dont The Athletic, ont révélé que les ventes de billets pour les rencontres de la Team USA étaient inférieures aux attentes, même si le prix élevé des places est pointé du doigt.
Lors du premier tour de la Coupe du monde 2026, la Team USA affrontera d’abord le Paraguay, un pays dont les supporters sont réputés pour leur ferveur, puis l’Australie, avant de conclure par un match à Los Angeles contre la Turquie, une équipe également soutenue par un public très engagé. Malgré ces défis, Pochettino et les joueurs évitent de critiquer ouvertement les supporters américains. Getlin précise que l’ensemble de l’équipe a été briefé par des conseillers en communication sur les messages à éviter.
Un documentaire pour renforcer le lien entre les supporters et l’équipe
Le documentaire de Rand Getlin, réalisé en partenariat avec la Fédération américaine de football, vise à humaniser la sélection et à créer un attachement plus fort avec le public. Intitulé « Les États-Unis contre le reste du monde », il suit plusieurs stars américaines, dont Christian Pulisic (AC Milan) et Weston McKennie (Juventus Turin), dans leur quotidien et dans les vestiaires. La série retrace leur parcours, de leurs origines modestes dans un pays longtemps sceptique envers le football jusqu’à leurs succès dans les grands clubs européens.
Le documentaire aborde également les critiques subies par Pulisic après son absence lors de la Gold Cup 2025, au point qu’il a dû supprimer ses comptes sur les réseaux sociaux et briser son téléphone par frustration. « Il est profondément incompris », estime Getlin, qui considère que le joueur a été victime de réactions disproportionnées. La série évoque aussi le limogeage de l’ancien sélectionneur Gregg Berhalter et l’arrivée de Pochettino, un choix qui suscite à la fois espoir et interrogations.
« Pour encourager cette équipe, je pense qu’il faut la connaître et s’y attacher, et ce avant le début du tournoi. »
— Rand Getlin, documentariste et auteur de la série « Les États-Unis contre le reste du monde »
Les prochaines étapes avant le coup d’envoi
Avec moins d’un mois avant le début de la Coupe du monde 2026, la Team USA doit désormais se concentrer sur la préparation sportive et la mobilisation de ses supporters. Les joueurs et le staff technique devront trouver un équilibre entre les exigences sportives et la nécessité de créer une dynamique positive autour de l’équipe. Les observateurs s’interrogent : parviendront-ils à transformer cette pression en force collective ?
Pour l’instant, les autorités fédérales et les joueurs misent sur le documentaire de Getlin pour susciter un élan de soutien. L’objectif est clair : transformer l’essai avant le premier match contre le Paraguay, prévu le 14 juin 2026 à Atlanta. La question reste entière : la Team USA parviendra-t-elle à faire vibrer son public lors de ce Mondial organisé sur son sol ?
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : la Team USA devra composer avec cette absence de soutien populaire, tout en relevant le défi sportif d’un tournoi mondial qui s’annonce historique.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D’abord, le soccer reste un sport moins ancré dans la culture sportive américaine que le football américain, le basketball ou le baseball. Ensuite, de nombreux fans se tournent vers les grands clubs européens, jugés plus prestigieux, ou soutiennent les équipes de leurs pays d’origine en cas de communauté immigrée. Enfin, les matchs à domicile de la Team USA n’ont pas toujours offert des résultats suffisamment convaincants pour susciter un engouement massif.