Le club d’Avoine-Beaumont, sacré champion de France 2026 de gymnastique samedi à Amiens, pourrait voir partir vers le Qatar son duo d’entraîneurs emblématiques, Marc et Gina Chirilcenco, ainsi que plusieurs de ses jeunes talents, selon RMC Sport. Cette perspective inquiète la Fédération française de gymnastique (FFGym), alors que le pays hôte des Jeux asiatiques 2030 cherche à renforcer son équipe nationale en attirant des athlètes et des entraîneurs étrangers.

Ce qu'il faut retenir

  • Championnats de France 2026 : Le club d’Avoine-Beaumont, entraîné par Marc et Gina Chirilcenco depuis 2003, a remporté le titre national grâce à des gymnastes comme Elena Colas et Perla Denéchère, selon RMC Sport.
  • Offre du Qatar : Les deux entraîneurs ont été approchés par l’émirat, qui organise les Jeux asiatiques en 2030, afin de les convaincre de rejoindre son projet sportif.
  • Stage à Doha : En mai 2026, Marc et Gina Chirilcenco, accompagnés de quatre gymnastes âgées de 12 à 16 ans – dont Perla Denéchère, championne du monde juniors – ont effectué un stage au Qatar.
  • Naturalisation des athlètes : La FFGym craint que des gymnastes comme Perla Denéchère ne soient naturalisées qatariennes, à l’image de Kaylia Nemour, passée à l’Algérie en 2024 après avoir dénoncé les méthodes des Chirilcenco.
  • Enquête et tensions : Les relations entre le couple et la FFGym sont tendues depuis les accusations de maltraitance portées par Kaylia Nemour, aujourd’hui championne olympique algérienne.
  • Décision des parents : Pour les athlètes mineures, la naturalisation dépend du choix de leurs parents, rappelle RMC Sport.

Un club phare de la gymnastique française sous pression

Avec sa victoire à Amiens samedi, le club d’Avoine-Beaumont confirme sa domination sur la gymnastique française. Derrière ce succès se trouvent Marc et Gina Chirilcenco, entraîneurs historiques du club depuis 2003. Leur expertise a permis à des gymnastes comme Elena Colas et Perla Denéchère d’émerger, faisant d’eux des figures majeures de la discipline. Pourtant, ce titre national pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour le club – et pour la gymnastique française.

Car le Qatar, organisateur des Jeux asiatiques en 2030, a jeté son dévolu sur ce duo d’entraîneurs. Depuis des années, Marc et Gina Chirilcenco reçoivent des propositions du Golfe, mais cette fois, leur réponse a changé. « Depuis des années, on est sollicités, Gina et moi », a déclaré Marc Chirilcenco au Parisien, cité par RMC Sport. « Jusqu’à présent, on a toujours décliné pour un tas de raisons. Aujourd’hui, on a répondu qu’on voulait voir. On est allés voir. Il n’y a rien de fait, mais effectivement, ils ont un projet qui n’est pas inintéressant. »

Des jeunes talents dans le viseur de Doha

Lors de leur séjour à Doha en mai 2026, Marc et Gina Chirilcenco étaient accompagnés de quatre gymnastes, dont Perla Denéchère, sacrée championne du monde juniors en 2025. Leur présence sur place soulève des questions sur l’avenir de ces athlètes, dont certaines pourraient être approchées pour une naturalisation en vue des Jeux asiatiques, mais aussi des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

Perla Denéchère, comme Kaylia Nemour avant elle, fait partie des gymnastes les plus prometteuses du club. Alors que la FFGym mise sur elle pour les JO 2028, son éventuel départ vers le Qatar – avec l’accord de ses parents – représenterait un coup dur pour l’équipe de France. « Ça dépend peut-être de la Fédération », a laissé entendre Marc Chirilcenco, suggérant que les choix des athlètes pourraient être influencés par le soutien ou non de la fédération française.

Des tensions persistantes avec la FFGym

Les relations entre le couple Chirilcenco et la Fédération française de gymnastique sont glaciales depuis l’affaire Kaylia Nemour. En 2024, l’ancienne pensionnaire d’Avoine-Beaumont, désormais championne olympique algérienne, avait accusé les entraîneurs de maltraitance et d’« emprise », des allégations qui avaient conduit à une première enquête. Bien que le couple ait été blanchi, la défiance persiste.

Dominique Mérieux, présidente de la FFGym, tente de rassurer : « On veut tout faire pour accompagner les athlètes, Elena Colas et Perla Denéchère en tête, dans leur apprentissage sur le chemin qui pourrait les mener aux JO de Los Angeles en 2028. » Pour autant, l’ombre d’un départ vers le Qatar plane, d’autant que l’émirat mise sur une stratégie d’attraction des talents étrangers pour doper sa notoriété sportive.

La naturalisation des mineures : un choix familial

Si le Qatar cherche à recruter des gymnastes françaises, la question de leur naturalisation reste sensible. Pour les athlètes mineures, la décision revient in fine à leurs parents. « La décision de la naturalisation pour une athlète mineure revient aux parents », rappelle RMC Sport, un point qui ajoute une dimension éthique à ce dossier.

Dans ce contexte, la FFGym se retrouve en position de fragilité. Alors qu’elle tente de reconstruire sa crédibilité après l’affaire Nemour, elle doit aussi convaincre ses jeunes talents de rester sous les couleurs françaises. Une tâche d’autant plus ardue que le Qatar, avec ses moyens financiers et son projet sportif ambitieux, offre une alternative séduisante à certains.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes. Si Marc et Gina Chirilcenco ne se sont pas encore engagés définitivement avec le Qatar, leur intérêt pour le projet émirati pourrait pousser la FFGym à accélérer ses démarches pour sécuriser l’avenir de ses athlètes. Une réunion de crise est d’ailleurs évoquée en interne pour discuter des garanties à offrir aux gymnastes et à leurs familles. Par ailleurs, les championnats d’Europe, prévus à Zagreb du 13 au 16 août 2026, offriront un premier test pour évaluer la solidité de l’équipe de France avant les JO de Los Angeles. Reste à savoir si le Qatar, qui mise sur une stratégie à long terme, parviendra à convaincre assez pour détourner des talents déjà formés en France.

Dominique Mérieux, présidente de la FFGym, a indiqué vouloir « tout faire pour accompagner les athlètes » dans leur parcours olympique. Une déclaration qui sonne comme un engagement, mais qui devra être suivie d’actes concrets pour éviter un nouvel exode vers l’étranger.

Le départ des Chirilcenco et de gymnastes comme Perla Denéchère priverait la France de deux entraîneurs expérimentés et de talents prometteurs, fragilisant ainsi la préparation des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. La FFGym craint aussi une perte de crédibilité si des athlètes naturalisées à l’étranger brillent sous d’autres couleurs, à l’image de Kaylia Nemour avec l’Algérie.

La FFGym mise sur un accompagnement personnalisé et des garanties pour ses athlètes, mais la concurrence du Qatar, avec ses moyens financiers et son projet sportif attractif, complique la donne. La décision finale reviendra aux familles des gymnastes mineures, et à la capacité de la fédération à proposer un projet motivant.