Alors que les Bleus évoluent dans un monde footballistique balisé par des contrats mirobolants, la sélection paraguayenne incarne une autre réalité, bien plus modeste. Avec des salaires mensuels moyens de 5 000 euros, les joueurs sud-américains doivent leur présence en Coupe du monde 2026 à une lutte acharnée et à un football résolument ancré dans la tradition, selon Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Les joueurs paraguayens touchent en moyenne 5 000 euros par mois, loin des standards européens.
  • Leur parcours en Coupe du monde 2026 repose sur un football physique et collectif, à l’opposé du modèle balisé des grandes nations.
  • Le Paraguay a su « ressusciter » un football d’avant, où la lutte et la résilience priment sur le talent individuel.

Un football qui défie les standards modernes

Alors que les stars du football mondial évoluent dans des championnats saturés de sponsors et de contrats publicitaires, l’équipe du Paraguay représente une autre forme de football. Côté vestiaires, on parle d’une rémunération moyenne de 5 000 euros mensuels, un chiffre dérisoire comparé aux salaires des stars européennes, qui dépassent allègrement les 500 000 euros par mois pour les plus chanceux. Pourtant, ces joueurs, souvent issus de clubs locaux ou sud-américains, ont su se forger une réputation grâce à un jeu physique, collectif et résolument offensif.

Cette approche tranche avec le football contemporain, souvent critiqué pour son mercantilisme et son individualisme exacerbé. Au Paraguay, le football reste avant tout une affaire de passion et de survie. Les joueurs doivent souvent cumuler plusieurs emplois en dehors des terrains pour subvenir à leurs besoins, une réalité que l’on peine à imaginer dans les grandes ligues européennes, où le moindre geste technique est rémunéré à prix d’or.

Une philosophie de jeu héritée du passé

Pour comprendre l’éthique de travail des Paraguayens, il faut remonter aux origines du football sud-américain. À une époque où le jeu était moins codifié, moins tactique et plus direct, les équipes comme celle du Paraguay misaient sur la puissance physique, l’endurance et une solidarité sans faille. Cette philosophie a été remise au goût du jour par l’actuel sélectionneur, qui a su insuffer une nouvelle dynamique à une équipe en mal de résultats depuis plusieurs années.

« On n’a pas besoin de stars pour gagner. On a besoin de guerriers », a déclaré un ancien joueur de l’équipe nationale, cité par Libération. Cette mentalité, qui peut sembler désuète pour certains observateurs, a pourtant permis au Paraguay de se qualifier pour la Coupe du monde 2026 après une campagne de qualifications mouvementée. Leur parcours rappelle que le football reste un sport où la détermination peut parfois primer sur le talent pur.

Un modèle économique à part

Derrière cette réussite sportive se cache une réalité économique bien moins reluisante. Le championnat paraguayen, comme la plupart des championnats sud-américains, est loin d’être aussi lucratif que les grands championnats européens. Les clubs dépendent souvent des transferts pour survivre, et les joueurs sont contraints de quitter leur pays dès leur plus jeune âge pour tenter de percer en Europe ou en Amérique du Nord.

Pourtant, malgré ces difficultés, l’équipe nationale reste un symbole de fierté pour la population. Les matchs de la sélection paraguayenne sont suivis avec passion dans tout le pays, et les joueurs sont perçus comme des héros nationaux. « Le football, ici, c’est une question de survie. On joue pour notre famille, pour notre pays, et pas seulement pour l’argent », a confié un défenseur de l’équipe à Libération.

Et maintenant ?

Avec leur qualification pour la Coupe du monde 2026, les Paraguayens ont désormais une occasion unique de prouver que leur modèle peut fonctionner à l’échelle internationale. Leur premier match, prévu le 12 juillet 2026, opposera leur équipe à une nation européenne, probablement une favorite du tournoi. Si leur parcours devait les mener jusqu’en phase finale, ils pourraient bien devenir les outsiders de cette édition, à l’image de l’équipe du Maroc en 2022.

Reste à voir si leur jeu physique et leur mental d’acier pourront tenir face aux équipes les plus techniques du monde. Une chose est sûre : leur histoire inspire déjà bien au-delà des frontières du Paraguay.

Cette Coupe du monde 2026 pourrait bien être celle où le football, enfin, redevient universel. Pas seulement un sport de milliardaires, mais un jeu où la passion et la détermination l’emportent parfois sur l’argent.